Loinger Georges

Publié le par Mémoires de Guerre

Georges Uriel Joseph Loinger dit Georges Loinger, né le 29 août 1910 à Strasbourg et mort le 28 décembre 2018 à Paris, est un résistant français. 

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Georges Loinger naît en 1910 à Strasbourg dans une famille de sept enfants, juive orthodoxe, de Mina Werzberg et Salomon Loinger. Il est élevé durant la Première Guerre mondiale par sa tante, la future mère de Marcel Mangel, qui se fera connaître plus tard sous le nom de Marcel Marceau. Il est l'oncle de Yardena Arazi dont la mère est sa sœur cadette Yvette Loinger. Il fait ses études au lycée Fustel-de-Coulanges, à Strasbourg, où, rapidement, il se distingue en gymnastique et en sport. Dès l'âge de 15 ans, en 1925, il entre au mouvement de jeunesse sioniste Hatikvah où il rencontre sa future épouse Flore Hélène Rosenzweig, née le 10 janvier 1911, en Alsace qui y est cheftaine. Tous les enfants Loinger font partie de ce mouvement. C'est à Hatikvah que Georges Loinger rencontre Andrée Salomon.

Diplômé en 1929 de l'École pratique d'industrie, il travaille pour une compagnie de navigation sur le Rhin qu'il quitte en 1932 pour passer le diplôme de professeur d'éducation physique et sportive. Il finance ses études en étant surveillant général au Séminaire israélite de France dont un des professeurs, Marcus Cohn, le fondateur de l'École Maïmonide (Boulogne-Billancourt), le recrute en 1935 comme professeur d'éducation physique. Moniteur national des Éclaireurs israélites de France, il crée un club sportif à Belleville pour les enfants juifs. Dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale, il s'occupe d'accueillir de jeunes réfugiés juifs d'Allemagne dans une propriété de la baronne Germaine de Rothschild, le château de la Guette.

Après qu'il a été mobilisé à la déclaration de guerre, son épouse devient la directrice de l'œuvre du Château de la Guette. Il est fait prisonnier durant la débâcle. Parvenant à s'évader de Bavière à la fin de l'année 1940 en compagnie de son cousin Simon Mangel, le frère de Marcel Marceau, rencontré par hasard au stalag 7A, il rejoint le 10 janvier 1941 sa femme à la Bourboule, où celle-ci s'est repliée avec 123 jeunes réfugiés. Avec le soutien du docteur Joseph Weill qu'il avait rencontré dès 1930, l'un de ses amis de Strasbourg et dirigeant de l'Œuvre de secours aux enfants, il organise jusqu'à la Libération le sauvetage de plusieurs centaines d'enfants juifs qu'il fait convoyer via Annemasse jusqu'en Suisse. Au début, il faisait jouer les enfants au football le long de la frontière, et lorsque malencontreusement le ballon la franchissait, tout le monde allait le chercher sans revenir. 

Jusqu'à septembre 1943, la frontière était gardée par des soldats italiens et le commandant italien a, une fois, fait discrètement savoir qu'il approuvait ce que Loinger faisait, à savoir les sauvetages d'enfants. Après septembre 1943, tout changea avec l'arrivée des Allemands. Quelques convois connaîtront une fin tragique et entraîneront la perte d'enfants et de jeunes héroïnes comme Mila Racine, la sœur de Emmanuel Racine, Marianne Cohn ou Thérèse Tédesco. Il fait partie du Réseau Garel (Lyon, 1942-1944), avec sa sœur Fanny Loinger (29 mai 1915, Strasbourg-13 mai 1992, Israël), une infirmière. Mais ce n'est qu'après la guerre que le frère et la sœur découvrent qu'ils faisaient de la Résistance et dans le même Réseau Garel.

Sa sœur Emma (Émilie) Loinger, née le 25 septembre 1913 à Strasbourg, épouse de Erich Arnold Lederer, né à Diersbourg, en Allemagne, le 25 avril 1913, français par naturalisation fait également partie de la Résistance. Elle travaille à l'Œuvre de secours aux enfants (OSE) depuis 1939. Après la guerre, il œuvre pour faciliter le passage des rescapés du nazisme en Palestine mandataire et joue un grand rôle dans l'affaire de l'Exodus lorsque ce bateau fait escale en France. Il sera ensuite directeur de la filiale française de la compagnie de navigation israélienne Zim Integrated Shipping Services. Il a présidé l’Association de la Résistance juive de France (ARJF). En mars 2013, au cours d'un voyage en Israël à l'âge de 102 ans, il est reçu par le président Shimon Peres. Georges Loinger meurt le 28 décembre 2018 à Paris à l’âge de 108 ans.  

Son fils aîné, Daniel Loinger est né le 28 mai 1937, mais d'après les récits de son père, en 1934 ! Son deuxième fils, Guy Loinger, économiste et universitaire, né le 10 décembre 1942, est mort à 69 ans, à Paris, le 11 février 2012. Georges Loinger est Commandeur de la Légion d'honneur à titre militaire et a reçu la Médaille de la Résistance, la Croix de guerre avec palmes et la Médaille d'Or du ministère de l'Éducation nationale, de la jeunesse et des Sports. La médaille de citoyen d'honneur de la ville de Strasbourg lui est remise le 24 octobre 2014. En juillet 2016, à Paris, il est fait officier dans l’ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne. Le 31 août 2017, il reçoit les insignes de Commandeur des Palmes académiques des mains de Florence Parly, ministre des armées. 

Publié dans Résistants

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