Il y a 30 ans, le procès Barbie « pour vaincre l’indicible »

Publié le par Sylviane Garcin

Il y a 30 ans, le procès Barbie « pour vaincre l’indicible »

Le Chambérien Jean-Olivier Viout a fini sa brillante carrière comme procureur général à Lyon. En 1987, en tant que substitut général, il a assisté le procureur général Truche durant les neuf semaines du procès du SS Klaus Barbie, chef de la Gestapo, surnommé “le boucher de Lyon”, condamné le 4 juillet 1987 à la réclusion à perpétuité pour crime contre l’humanité. Une première en France. Entretien.

Au premier plan, le substitut général, Jean-Olivier Viout, au côté du procureur général Pierre Truche, en 1987, lors du procès de l’ancien chef de la Gestapo Klaus Barbie. Le 4 juillet 1987, à 0h10, la France condamne pour la première fois un individu pour crime contre l’humanité. 30 ans plus tard, à la tombée de la nuit, une illumination devait orner hier soir le palais de justice historique de Lyon, avant une cérémonie de commémoration. Photo DR - Klaus Barbie. Archives Le DL.
Au premier plan, le substitut général, Jean-Olivier Viout, au côté du procureur général Pierre Truche, en 1987, lors du procès de l’ancien chef de la Gestapo Klaus Barbie. Le 4 juillet 1987, à 0h10, la France condamne pour la première fois un individu pour crime contre l’humanité. 30 ans plus tard, à la tombée de la nuit, une illumination devait orner hier soir le palais de justice historique de Lyon, avant une cérémonie de commémoration. Photo DR - Klaus Barbie. Archives Le DL.

Au premier plan, le substitut général, Jean-Olivier Viout, au côté du procureur général Pierre Truche, en 1987, lors du procès de l’ancien chef de la Gestapo Klaus Barbie. Le 4 juillet 1987, à 0h10, la France condamne pour la première fois un individu pour crime contre l’humanité. 30 ans plus tard, à la tombée de la nuit, une illumination devait orner hier soir le palais de justice historique de Lyon, avant une cérémonie de commémoration. Photo DR - Klaus Barbie. Archives Le DL.

Comment avez-vous été choisi pour la préparation et la tenue de ce procès historique ?

En 1985, j’étais tout jeune procureur à Albertville depuis cinq ans. Un jour on me téléphone pour me dire que j’allais assister le procureur général Truche à Lyon. Moi qui pensais terminer ma carrière comme procureur à Chambéry, j’ai accepté, c’était quand même une belle promotion. Je connaissais le ministre de la Justice de l’époque, Robert Badinter, qui venait skier tous les week-ends à Val d’Isère où il avait une maison. Je n’aurais jamais fait cette carrière sans ce procès.

Connaissiez-vous la tâche qui vous attendait ?

Pas du tout ! Je l’ai appris par hasard. Robert Badinter était venu inaugurer le palais de justice d’Albertville. Le soir, il y avait une réception à la préfecture à Chambéry. Un des assistants du ministre me dit : vous savez ce qui vous attend à Lyon ? Vous allez préparer le procès de Klaus Barbie et assister le procureur général.

Pourquoi vous ?

Je ne l’ai jamais demandé. On savait que je m’intéressais beaucoup à l’Histoire. Cette information est venue aux oreilles de Pierre Truche, qui cherchait un adjoint pour l’assister pour l’accusation mais surtout pour la préparation.

Publié dans Articles de Presse

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