"Lundi en histoires" : une soirée spéciale pour ne jamais oublier

Publié le par Véronique Macon Journaliste

"Lundi en histoires" : une soirée spéciale pour ne jamais oublier

France 3 programme trois documentaires bouleversants : le parcours sanglant de la division "Das Reich", le portrait du plus jeune procureur de Nuremberg et le procès d'Oradour-sur-Glane. A voir absolument.

Bordeaux, janvier-février 1953 : après huit années d'attente, ouverture du procès de 21 soldats de la division SS Das Reich ayant participé au massacre d'Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944. Parmi eux, un groupe de "malgré-nous" Alsaciens incorporés de force, à l'exception de l'un d'eux, Paul Graeff, le seul volontaire, qui a avoué le meurtre d'une femme et d'une jeune fille. Laissés en liberté provisoire, ils sont venus librement se présenter devant les juges de Bordeaux.Ici, à gauche Mme ROUFFANGE, seule femme qui échappa au massacre. Le 10 juin 1944, la population d'Oradour-sur-Glane avait été massacrée par un détachement du 4e régiment de Panzergrenadier Der Führer, faisant partie de la division blindée Das Reich de la Waffen-SS, qui a ensuite détruit le village. 642 personnes ont été assassinées ce jour-là. Réalisation : Michael PRAZAN (Michel DESCAMPS/Jean-Pierre PEDRAZZINI/PARISMATCH/SCOOP Paris Match / Nilaya/F3)

Bordeaux, janvier-février 1953 : après huit années d'attente, ouverture du procès de 21 soldats de la division SS Das Reich ayant participé au massacre d'Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944. Parmi eux, un groupe de "malgré-nous" Alsaciens incorporés de force, à l'exception de l'un d'eux, Paul Graeff, le seul volontaire, qui a avoué le meurtre d'une femme et d'une jeune fille. Laissés en liberté provisoire, ils sont venus librement se présenter devant les juges de Bordeaux.Ici, à gauche Mme ROUFFANGE, seule femme qui échappa au massacre. Le 10 juin 1944, la population d'Oradour-sur-Glane avait été massacrée par un détachement du 4e régiment de Panzergrenadier Der Führer, faisant partie de la division blindée Das Reich de la Waffen-SS, qui a ensuite détruit le village. 642 personnes ont été assassinées ce jour-là. Réalisation : Michael PRAZAN (Michel DESCAMPS/Jean-Pierre PEDRAZZINI/PARISMATCH/SCOOP Paris Match / Nilaya/F3)

France 3 consacre une soirée exceptionnelle au détachement de Waffen-SS auteur des massacres à Combeauvert, Tulle ou Oradour-sur-Glane. Trois documentaires à voir absolument. Le premier film "Une division SS en France, Das Reich", de Michaël Prazan, nous fait revivre, grâce à des images d’archives en couleurs et un commentaire haletant, l'abominable parcours de Das Reich. Le film entrecroise les destins héroïques de résistants avec celui des hauts gradés SS.

Le 6 juin 1944, la division, sous les ordres du général Heinz Bernard Lammerding, est cantonnée à Montauban. Ce fleuron de la Waffen-SS se repose d’une rude campagne sur le front de l’Est. Les pertes y ont été nombreuses et sur les 15 000 hommes de la division, 9 000 sont de jeunes recrues. Majoritairement des Alsaciens mais aussi des Hongrois, des Roumains, quelques Russes…

700 kilomètres plus au nord, le débarquement a commencé. Das Reich, divisée en trois détachements, doit rejoindre la Normandie. Les Allemands comptent beaucoup sur la puissance de feu de ce corps d’élite pour combattre les Alliés. La Résistance et les agents des opérations spéciales, parachutés par Londres, s’emploient à retarder coûte que coûte sa progression.

Parmi eux, Violette Szabo. La jeune femme de 23 ans doit prendre contact avec le chef maquisard Georges Guingoin pour organiser les combats. Elle n’en aura pas le temps. Sa route va croiser celle de Das Reich (au sens propre puisque sa voiture va se retrouver nez à nez avec les tanks nazis). Blessée, elle protégera la fuite de ses compagnons et sera arrêtée, transférée à Paris, puis déportée et exécutée à Ravensbrück.

Les SS redoutent la remontée vers la Normandie et la traversée du Limousin que Lammerding nomme « la petite Russie ». Ils y emploieront les méthodes éprouvées à l’Est où la division Das Reich est venue prêter main-forte aux Einsatzgruppen, ces commandos de la mort évoqués dans le deuxième documentaire de la soirée, "Le combattant de la paix, Benjamin Ferencz".

Dans ce film, passionnant lui aussi, Michaël Prazan nous dresse le portrait du magistrat américain à l’origine du procès de Nuremberg où furent jugés, en juillet 1947, 22 chefs de Einsatzgruppen. C’est aussi à ce « little big man » de la justice que l’on doit la création du Tribunal pénal international de La Haye.

Le 9 juin 1944, à Tulle, 99 hommes seront pendus aux réverbères et balcons de la ville. Seul le manque de cordes arrêtera les hommes de Lammerding. Ce dernier évoquera pour l’occasion le souvenir des « forêts de pendus » que ses hommes avaient laissé en Ukraine...

Un commandant allemand est enlevé par le maquisards de Georges Guingoin. En représailles, le 10 juin, un détachement commandé par Heinz Barth arrive à Oradour-sur-Glane. Le village est calme. Nulle trace de résistants. Pourtant, les Allemands vont séparer les hommes et les femmes.

Les hommes sont mitraillés dans des granges ensuite mises à feu ; les femmes et les enfants enfermés dans l’église seront brûlés. Il n’y aura que 6 survivants dont une femme. Une mère de famille qui racontera comment elle a vu ses enfants mourir sous ses yeux. 

C’est sur les images de « Requiem pour un massacre », d’Elem Klimov, que le réalisateur du troisième film, également bouleversant, "Oradour, le procès de l'impossible", nous fait entendre leurs témoignages. Dans le film de Klimov, la brutalité des SS s’exerce sur un village de Biélorussie mais suit très rigoureusement, étape par étape, le même modus operandi que dans le Limousin. Oradour-sur-Glane ou le symbole de la barbarie nazie en France.

"Lundi en histoires" : une soirée spéciale pour ne jamais oublier
"Lundi en histoires" : une soirée spéciale pour ne jamais oublier

Et c’est ce symbole qui sera jugé au tribunal militaire de Bordeaux le 12 janvier 1953. Le dernier film revient sur cette audience qui a divisé la France. 65 personnes sont accusées d’avoir pris part au massacre, mais 21 seulement sont présentes dont 7 Allemands. Les autres sont alsaciens, un engagé volontaire et 13 « incorporés de force ».

Une polémique nationale s’engage : les Limousins réclament la condamnation des assassins d’Oradour, mais les Alsaciens ne veulent pas voir leurs compatriotes jugés au même titre que les soldats allemands.

Après un mois d’audience, le verdict est rendu le 11 février à 2 heures du matin afin d’éviter les protestations.Si les accusés par contumace sont condamnés à mort, les Alsaciens sont condamnés à des peines de travaux forcés. Huit jours plus tard, ils seront amnistiés. Heinz Barth et Heinz Bernard Lammerding mourront dans leur lit.

« Une division SS en France, Das Reich », de Michaël Prazan, à 20h50, France 3

« Le combattant de la paix, Benjamin Ferencz », de Michaël Prazan, à 22h20, France 3.

« Le procès de l’impossible »,de Jean Bonnefon, Antoine Laura et Guillaume Pérès, à 23h45, France 3.

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