Rafle de la rue Sainte-Catherine

Publié le par Mémoires de Guerre

La rafle de la rue Sainte-Catherine désigne une rafle organisée par la Gestapo lyonnaise et décidée par Klaus Barbie qui s'est déroulée le 9 février 1943 au 12 de la rue Sainte-Catherine à Lyon. 84 Juifs seront raflés, internés au camp de Drancy puis envoyés vers des camps d'extermination. Seuls quatre individus sur 84 raflés reviendront des camps dont une jeune déportée à Drancy, transférée dans une maison d'enfants. Elle témoigne au procès Barbie

Rafle de la rue Sainte-Catherine

Historique

En 1943, l'Union Générale des Israélites de France (UGIF) dispose d'un local au 12 de la rue Sainte-Catherine à Lyon. Localement, le bureau qui s'occupe des juifs est composé de membres issus de deux structures existant avant guerre : le Comité d'aide aux réfugiés allemands et autrichiens et la Fédération des sociétés juives de France. Cette organisation fournit des logements à leurs coreligionnaires arrivant sans moyens à Lyon, leur trouve des faux papiers, les met en relation avec des filières de départ à l'étranger, souvent la Suisse. Cette structure dispose également de relations avec des non-juifs amis qui hébergent un certain nombre de fuyards.

Au cours de la journée du 9 février, la Gestapo dirigée par Klaus Barbie arrête l'ensemble des membres de la structure et systématiquement chaque personne s'y présentant. Au soir, 86 personnes (62 hommes et 24 femmes) ont été arrêtées mais deux d'entre elles réussissent à s'échapper, Luxenburg Aron et Driller Siegfried du Fort Lamothe, le 11 février 1943, où elles ont été amenées, car la Prison Montluc était pleine. Finalement, 84 personnes sont déportées sur lesquelles seules trois personnes reviendront des camps d'extermination.

Durant la journée, Michel Kroskof, un israélite disposant de faux papiers, a été arrêté mais a réussi à convaincre Barbie qu'il n'était pas juif et qu'il était là pour un travail de peinture. Lorsqu'il est sorti, il a tenté de prévenir le maximum de juifs de ne pas aller aux bureau de l'UGIF. Une autre personne, Victor Szulklaper, réussit également à sortir du piège grâce à de faux papiers. Annette Grinszpan, tenant dans ses bras son fils René de 8 mois entre et s'entend dire "Deutsche Polizei, sie sind verhaftet". Avec ses faux papiers, elle prétend être alsacienne. Le bébé hurle ; Klaus Barbie gêné par les cris dit : "allez le nourrir". elle part. Agée et malade, elle ne témoignera que par écrit au procès.

Procès de Barbie

En juin 1983, Serge Klarsfeld consulte au YIVO Institute for Jewish Research de New York les archives de l'UGIF et parvient à établir la liste des 84 déportés de la rue Sainte-Catherine notamment en analysant la liste des entrants du camp de Drancy du 12 février. L'ordre signé par Klaus Barbie est par la suite obtenu ce qui fait de cette rafle l'un des actes instruits au cours du procès Barbie en 1987. 

Hommage

En 2011, une plaque commémorative est apposée, Rue Sainte-Catherine (Lyon).

Victimes

Parmi la liste des 84, quatre survivants :

  • Gilberte Jacob ;
  • Malvine Lanzet, plus tard épouse Kessler, témoin au Procès Barbie ;
  • Armand Steinberg ;
  • Rachmill Szulklaper.

Signalons également deux évadés du Fort Lamothe, le 11 février 1943 :

  • Siegfried Driller né le 16 septembre 1896 à Vienne (Autriche) ;
  • David Luksemberg (ou David Luxembourg ) (qui avait présenté ses papiers de son frère, Aron Luxenburg, né le 19 janvier 1893 à Lodz et Aron est noté par Klaus Barbie!).

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