Présidentielle. Pierrette Lalanne : «Petite, Marine voulait déjà être chef»

Publié le par Olivier Beaumont

Présidentielle. Pierrette Lalanne : «Petite, Marine voulait déjà être chef»

Pierrette Lalanne, la mère de Marine Le Pen, se confie au Parisien à la veille du second tour de l'élection présidentielle.
 

ARCHIVE. La famille Le Pen, avec Marine sur les genoux de son père, dans son appartement parisien, le 1er mai 1974.(AFP.)

ARCHIVE. La famille Le Pen, avec Marine sur les genoux de son père, dans son appartement parisien, le 1er mai 1974.(AFP.)

Ex-épouse de Jean-Marie Le Pen, Pierrette Lalanne, 81 ans, a divorcé avec fracas au milieu des années 1980, sans voir ses filles pendant près de quinze ans. Revenue auprès des siens, hébergée dans une des dépendances du manoir familial de Montretout, elle garde un jugement très sévère sur le monde politique.

Quel regard portez-vous sur le parcours politique de votre fille ?

PIERRETTE LALANNE. C’est difficile pour moi de porter un regard car je déteste la politique. Mais c’est tout de même un beau parcours, surtout pour une femme. C’est inhumain de faire de la politique quand on est une femme. Je n’ose même pas imaginer que je pourrais le faire un jour.

Pourquoi ?

Parce que ça prend toute la vie, c’est inhumain physiquement et moralement. J’ai vécu vingt-six ans avec Le Pen (NDLR : Jean-Marie), je connais ! Un homme politique est plus dégagé des obligations matérielles, des enfants, etc., alors qu’une femme a tout cela à gérer en même temps. Marine a dû faire des sacrifices. Elle n’a par exemple pas assez profité de ses deux filles et de son fils, qu’elle a dû éduquer en grande partie seule, mais aussi de ses vacances et de plein d’autres choses.

Vous dites que vous détestez la politique. Pourquoi ?

C’est une briseuse de ménage, de famille, de bonheur, et puis c’est un univers très violent. J’ai énormément souffert quand j’étais la femme de Le Pen, et maintenant que c’est mon enfant je souffre mille fois plus. Nous sommes fusionnelles. Ce qui lui fait mal me fait mal. Ce qui la rend heureuse me rend heureuse.

Vous l’auriez imaginée un jour en être là ?

Pas vraiment. Mais je me souviens qu’une fois, quand elle avait 7 ou 8 ans, je lui ai demandé ce qu’elle voulait faire quand elle serait grande. Elle m’a dit du tac au tac qu’elle voulait être chef. Je lui ai dit « Chef de quoi ? » Elle m’a dit : « Chef ! Tout simplement. » Et c’est vrai que petite elle avait une petite bande autour d’elle. C’était déjà un petit chef.

Vous avez regardé le débat télévisé mercredi soir ?

Surtout pas ! C’était trop stressant pour moi. Mais je l’ai regardé après coup, en replay.

Elle a été très critiquée sur la forme, car elle a sans cesse attaqué Macron

Mais elle a été très bien ! Elle s’est fait beaucoup taper dessus aussi ! M. Macron l’a quand même aussi qualifiée de quelques noms d’oiseaux. C’est de bonne guerre…

On dit que, contrairement à son père, elle veut le pouvoir. C’est vrai ?

Si elle travaille autant, se donne autant de mal, ce n’est pas pour aller sucrer les fraises.

Qu’a-t-elle de plus que lui ?

C’est une femme. Cela fait toute la différence.

Et de moins ?

Bah, c’est une femme…

Elle se présente comme la candidate du peuple, mais elle a toute de même grandi dans un milieu privilégié ?

Ah oui, l’héritière ! Mais si on savait comment elle vit ! Elle n’a hérité de rien, son père est encore vivant, que je sache ! Elle vit comme toutes les femmes du monde qui ont trois enfants. Ce n’est par parce qu’on a un peu d’argent qu’on s’achète d’énormes voitures et qu’on s’habille chez un couturier. Elle n’aime pas les bijoux et s’il y a quelque chose qui lui plaît à Monoprix, elle va toute seule se l’acheter.

Vous pensez qu’elle et son père se reparleront un jour ?

Je ne sais pas. Je pense qu’ils s’aiment encore, malgré tout. Mais politiquement, c’est fini.

Publié dans Articles de Presse

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