Bègles (33) : le décès de "Jo" Durou, ancienne figure de la résistance communiste

Publié le par Sud Ouest par Denis Lherm

Ancien résistant, militant communiste dès son plus jeune âge, il était le frère de la maire historique de Bègles, Simone Rossignol

Georges Durou résistant déporté a remis ses archives, aux archives départementales archives DAVID Thierry

Georges Durou résistant déporté a remis ses archives, aux archives départementales archives DAVID Thierry

Né en 1924 en Dordogne dans une famille communiste qui s’est rapidement installée à Bègles, Georges Durou vient de mourir.

Figure de la résistance, il était le frère de Simone Rossignol, maire historique de Bègles entre 1971 et 1984. Alors âgé de 16 ans, Georges Durou avait été arrêté en 1940 pour avoir distribué des tracts des Jeunesses communistes critiquant les Accords de Munich.

Enfermé dans la funeste baraque n°6 de Mérignac

Emprisonné au fort du Hâ de Bordeaux, puis au centre de séjour surveillé de Mérignac, « Jo » Durou, comme il était surnommé, avait été placé dans la funeste « baraque n°6 » dont furent extraits une partie des fusillés du camp de Souge. Il n’en a pas fait partie, mais il a vu partir sous ses yeux plusieurs camarades, envoyés à la mort.

 Il est envoyé à la prison de Compiègne en 1942, puis dans le camp de travail de Sachsenhausen, près de Berlin. Affecté à un atelier de la fonderie aéronautique Heinkel, il y restera jusqu’à sa libération, en avril 1945, après une longue "marche de la mort". Dans « Mes printemps de barbelés », publié en 2005, Jo Durou raconte ses années de guerre et détaille comment il s’est employé à saboter les pièces d’avion que lui et ses camarades d’infortune étaient obligés de fabriquer pour le compte de l’ennemi.

Il a aidé à confondre Maurice Papon

À partir des années 50, il s’était lancé dans un travail d’archiviste dans le but de prouver que Maurice Papon, secrétaire général de la préfecture de la Gironde sous l’Occupation, était parfaitement informé du sort réservé aux internés dans le camp de Mérignac. Certains de ses documents avaient été produits lors du procès conduisant à la condamnation de Maurice Papon, en 1998.

Il y a un peu plus d’un an, en mai 2018, Georges Durou avait fait don de ses archives personnelles aux Archives départementales de la Gironde. Nous l’avions rencontré à cette époque, il venait de prendre sa 80e carte du Parti communiste, et nous l’avait annoncé avec fierté. Depuis les années 80, il témoignait aussi régulièrement dans les collèges.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article