EN DIRECT. Arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès : des enquêteurs français en route pour Glasgow

Publié le par Le Parisien par Victor Fortunato

Le fugitif le plus recherché de France a été arrêté vendredi après-midi à l’aéroport de Glasgow, en Ecosse. Xavier Dupont de Ligonnès, 58 ans, était recherché depuis 2011 pour répondre du meurtre de sa femme et de ses quatre enfants.

 Xavier Dupont de Ligonnès était recherché depuis avril 2011. DR

Xavier Dupont de Ligonnès était recherché depuis avril 2011. DR

  • Xavier Dupont de Ligonnès a été arrêté vendredi à Glasgow , en Ecosse, selon une information révélée par Le Parisien .
  • À son arrivée en Ecosse, il a été contrôlé et ses empreintes correspondaient à celles de Xavier Dupont de Ligonnès .
  • Des enquêteurs français en charge du dossier sont en route pour Glasgow pour identifier formellement Xavier Dupont de Ligonnès.
  • Une perquisition, qui s’est terminée vers 0h30 ce samedi, a eu lieu dans une maison de Limay, dans les Yvelines . Cette adresse est celle qui figure sur son passeport.

8h35. « Le souvenir de ces cinq corps me hante encore » déclare le directeur départemental de la sécurité publique de Loire-Atlantique. Philippe Cussac était sur les lieux à Nantes lorsque les corps ont été déterrés en 2011. Des images qu'il n'a jamais pu effacer selon son témoignage ce samedi au Télégramme : « Quand nous sommes arrivés, les équipes avaient commencé à déterrer les corps. Affreux. Je me souviens des collègues qui tombaient dans les pommes. Moi aussi, j'ai dû m'allonger sur la pelouse. C'était tellement dur. Le souvenir de ces cinq corps me hante encore aujourd'hui ».

7h50. Changement d'apparence. Lors de son arrestation, le fugitif était méconnaissable, selon les enquêteurs. Son visage ne ressemble pas aux photographies de Xavier Dupont de Ligonnès.

7 heures. Des enquêteurs français attendus dans la matinée à Glasgow. Les policiers français de la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF) et de la PJ de Nantes étaient en route pour l'Ecosse pour vérifier formellement l'identité de Xavier Dupont de Ligonnès. Mais seule une expertise ADN confirmera son identité avec certitude.

2h30. Le procureur de la République de Nantes appelle à la « prudence ». Selon Pierre Sennès, le procureur de la République de Nantes, « il convient en l'attente de ces vérifications d'être prudents ». Le procureur poursuit : « Il y a une suspicion sur les empreintes mais c'est en cours de vérification, en cours de confirmation, et c'est pour ça que les enquêteurs partent en Ecosse ».

1h30. Fin de perquisition à Limay. Cette adresse est celle qui figure sur le passeport utilisé par Xavier Dupont de Ligonnès, selon une source proche du dossier. Des policiers en combinaison blanche étaient visibles, passant dans le jardin de la maison située dans une rue résidentielle bouclée de part en part.

Limay (Yvelines), samedi 12 octobre 2019. Une perquisition est menée dans un pavillon par les policiers/LP/Mehdi Gherdane

Limay (Yvelines), samedi 12 octobre 2019. Une perquisition est menée dans un pavillon par les policiers/LP/Mehdi Gherdane

0h30. L'avocat de la famille reste prudent. Joint par Le Parisien, Me Stéphane Goldenstein, avocat de la mère et de l'une des sœurs (Christine) de Xavier Dupont de Ligonnès, attend « d'avoir la confirmation scientifique qu'il s'agit bien de Xavier Dupont de Ligonnès ». « Si oui, est-il l'auteur du quintuple meurtre ou ne l'est-il pas ? Là encore, j'attendrai de connaître ses explications », confie le conseil des deux femmes qui, par ailleurs, n'ont jamais cru à l'implication de leur fils et frère dans la tuerie de Nantes.

0h20. Dénonciation. Ce sont des échanges d'informations entre les policiers français et écossais, sur la base d'une « dénonciation anonyme», qui ont permis l'arrestation du fugitif, âgé de 58 ans, selon une source proche de l'enquête.

0h15. Interpellé à sa descente d'avion. Recherché par toutes les polices de France et d'Europe depuis le mois d'avril 2011, Xavier Dupont de Ligonnès, 58 ans, a été interpellé à sa descente d'avion, plus de huit ans après le meurtre de cinq membres de sa famille à Nantes (Loire-Atlantique). Une femme, une fille et trois garçons retrouvés enterrés sous la terrasse du pavillon des Ligonnès le 21 avril 2011.

Minuit. Aperçu pour la dernière fois dans le Var en 2011. Xavier Dupont de Ligonnès avait été vu pour la dernière fois le 15 avril 2011 par un témoin, s'éloignant à pied de l'hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens (Var) où il venait de dormir. C'est là, en bordure de l'autoroute A8, qu'il avait passé la nuit avant de disparaître pendant plus de huit ans.

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L'énigme Xavier Dupont de Ligonnès D'avril 2011 à nos jours

L’affaire «XDDL», aussi appelée «tuerie de Nantes», défraie la chronique depuis que les corps d’Agnès, 48 ans, et de ses enfants Arthur, 21 ans, Thomas, 18 ans, Anne, 16 ans, et Benoît, 13 ans sont retrouvés le 21 avril 2011, enterrés dans le jardin de la maison familiale à Nantes. Retour sur l'énigme de leur assassinat, et la recherche acharnée du principal suspect, en remontant au jour de leur disparition le 4 avril 2011, puis en passant en revue sept ans de rebondissements et d'espoir vain de dénouement.

Agnès et ses quatre enfants assassinés
Les 3 et 4 avril 2011

La disparition de la famille Dupont de Ligonnès, installée à Nantes (Loire-Atlantique), est établie entre le 3 et le 4 avril par les enquêteurs. D'après les autopsies réalisées sur les dépouilles de la mère et des quatre enfants, c'est aussi à ce moment-là qu'ils ont été tués.

D'étranges mots d'absence
Entre le 4 et le 11 avril 2011

Le 4 avril, les deux benjamins de la famille, Anne et Benoît, scolarisés au collège catholique La Perverie – Sacré Cœur, sont absents des cours pour cause de « maladie ». Le 11, l'établissement scolaire reçoit un courrier dactylographié, signé de la main de leur père, indiquant que les deux enfants devaient quitter précipitamment leur école, à cause d'une mutation professionnelle urgente en Australie. Le chef de l'établissement catholique Blanche de Castille, qui emploie Agnès de Ligonnès comme adjointe à la vie scolaire, reçoit de son côté une lettre de démission signée de son nom, évoquant également la même histoire. Etonné, le directeur tente de la joindre par téléphone. Sans succès.

Une nuit à Toulouse puis dans le Vaucluse
Du 11 au 13 avril 2011

Les 11, 12 et 13 avril, la police n'enquête pas encore pour assassinat, puisque les corps de la famille n'ont pas encore été retrouvés. Mais plus tard, les enquêteurs découvriront que le père a passé la nuit du 11 seul dans un hôtel à Toulouse (Haute-Garonne) avant de dîner seul et dormir le 12 dans une auberge du Pontet, dans le Vaucluse. Il a fait le trajet dans sa Citroën C5. Le 13, des voisins, inquiets de voir les volets clos de la maison familiale depuis plusieurs jours, appellent la police nantaise. La voiture de la mère, elle, est restée garée dans la rue.

Un retrait de 30 €, dernière image du père
Le 14 avril 2011

Le 14, on ne soupçonne toujours pas la tuerie mais les proches s'inquiètent de la disparition de la famille. Pendant ce temps, Xavier Dupont de Ligonnès effectue un retrait de 30 euros à un distributeur de billets, à Roquebrune-sur-Argens (Var). Après avoir passé la nuit dans l'hôtel Formule 1, Xavier Dupont de Ligonnès quitte seul sa chambre et abandonne, à proximité, son véhicule, la C5, bleu métallisée. C'est la dernière fois qu'il a été vu.

Enquête ouverte pour disparition
Le 20 avril 2011

Les proches n'ont plus de nouvelles de la famille depuis début avril. Le parquet ouvre donc une enquête le 20 avril 2011, pour disparition. Ce même jour, les enquêteurs s'aperçoivent que le père a acheté quelque temps plus tôt du ciment, des sacs en toile de jute, de la chaux vive et des pelles...

La macabre découverte
Le 21 avril 2011

Alors qu'un avis de recherche est diffusé pour toute la famille, les enquêteurs découvrent le 21 avril des restes humains enterrés dans le jardin de la maison nantaise. Dans les heures qui suivent, les dépouilles des quatre enfants et de la mère sont exhumés. La fosse où ont été dissimulés les cadavres ne contient aucun autre corps. L'enquête bascule sur la piste criminelle. Le même jour, des gendarmes localisent la C5 de Xavier Dupont de Ligonnès à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var. Une autre voiture de la famille, une Pontiac, est recherchée.

Une exécution « méthodique »
Le 22 avril 2011

Les autopsies pratiquées sur les cinq dépouilles démontrent que la mère et ses quatre enfants ont été exécutés d'une manière «méthodique» dans leur sommeil. Le parquet de Nantes ouvre une information judiciaire contre X pour assassinat. Un mandat de recherche pour Xavier Dupont de Ligonnès, comme « témoin », est diffusé dans l'espace Schengen. Des recherches permettront peu à peu de découvrir que XDDL a soudainement développé une passion pour les armes et le tir, dès décembre 2010. Il s'entraine dans un club avec une carabine 22 long rifle dix coups héritée de son père (similaire à l'arme du crime), avant de tenter d'acheter une arme de poing en mars 2011. «Il s'est présenté comme un prêtre tireur d'élite», confiera plus tard le patron de l'armurerie qui lui a refusé l'achat.

Obsèques et vibrants hommages
Les 26, 28 et 30 avril 2011

Le 26, la marche blanche en hommage à Agnès et ses enfants est empreinte d’émotion et de gravité. Près de 500 jeunes défilent à Nantes avec une rose blanche ou un lys à la main. Le 28, plus de 1400 personnes assistent aux obsèques d'Agnès et de ses enfants à l'église Saint-Félix de Nantes. De vibrants hommages sont rendus par les proches des victimes. Le 30, ils sont inhumés dans le cimetière de Noyers-sur-Serein dans l'Yonne. Ce village bourguignon est celui des temps heureux pour la famille. Chaque année, elle venait s'y reposer au moins une fois dans la demeure familiale d'Agnès. Le grand-père, Hamza Abbas, d'origine égyptienne, y avait acquis un vaste pavillon pour ses vieux jours. Dans le cimetière, l'émotion est à son comble.

Xavier Dupont de Ligonnès reste introuvable
Le 27 avril 2011

Pendant ce temps, Xavier Dupont de Ligonnès est toujours introuvable. Un mandat de recherche est diffusé par Interpol. Les fouilles autour de Roquebrune-sur-Argens (Var), dernier lieu où il a été aperçu, ne donnent rien. Il avait quitté l'hôtel Formule 1 au volant de sa C5 le 15 avril et depuis, plus rien.

Une personnalité complexe qui intrigue
Le 30 avril 2011

Dans les colonnes du Parisien, un ami de XDDL raconte comment il avait l'ambition de gagner beaucoup d'argent avec son entreprise, la Selref. Son idée était de créer un réseau d’hôtels et de restaurants dans lesquels les représentants de commerce auraient droit à des avantages. Lui même travaillait dans ce milieu. Il faisait ponctuellement des audits d'établissements pour la société Sphinx Marketing Conseil (SMC). La personnalité du suspect numéro un de la tuerie de Nantes se dévoile petit à petit. Nous dressons le portrait d'un touche-à-tout, un aventurier dans l'âme.

Enquête auprès de l'entourage
Début mai 2011

Christine, la sœur cadette de Xavier, ne parvient pas à croire en la culpabilité de son frère. «Nous sommes extrêmement bouleversés, un vrai choc. On n'arrive pas du tout à comprendre», confie-t-elle au Parisien. En parallèle, l'existence de courriers écrits par XDDL à ses proches est révélée. Dans la lettre à son ancienne maîtresse Christine, il évoque son départ en famille vers l'Australie «en laissant nos casseroles derrière nous, et sans intention de retour». Il la dissuade de vouloir recouvrer les 50 000 € qu'elle lui a prêtés.

Les internautes mènent l'enquête
Mi-mai 2011

Le 10 mai, le procureur de la République de Nantes annonce qu'un mandat d'arrêt international a été délivré à l'encontre de XDDL. Des centaines d'internautes se passionnent pour cette histoire tragique. Ils sont les premiers à retrouver les confidences d'Agnès Dupont de Ligonnès sur les forums de discussion du site Doctissimo. Ils découvrent aussi sur le site de la Cité catholique des messages laissés par Xavier en pleine interrogation sur sa foi. Ils exhument enfin de multiples photos du père de famille. 

L'e-mail d'adieu à son patron
Le 21 mai 2011

Le 21 mai, le Parisien révèle un e-mail daté du 8 avril, soit trois ou quatre jours après la date présumée des assassinats: « Nouvelle : nous partons nous installer en Australie ! Je ne pourrai donc plus continuer à collaborer avec vous. Je vous dis au revoir. Je passerai vous dire un petit bonjour quand je serai de passage à Versailles. Cordialement. Xavier DUPONT de LIGONNÈS. » Cinq lignes pour mettre fin à huit ans de collaboration avec la société Sphinx Marketing Conseil (SMC), spécialisée dans l’audit d’établissements hôteliers et qui l'employait ponctuellement. XDDL avait déjà exprimé le désir de partir vivre à l'étranger, aux Etats-Unis. Ce rêve, le fan d'Elvis Presley et de Steve McQueen n'a jamais pu le réaliser. Il était parti en 1990, deux ans avant son mariage, traversant le pays par la route 66 avec un ami. En 1998, il y repart six mois, seul, afin de préparer le terrain pour un éventuel déménagement. En 2002, c'est avec toute la famille qu'il sillonne le pays en camping-car. Puis il sera rattrapé par les déboires commerciaux de son entreprise.

Le crime presque parfait...
Fin mai 2011

Au bout de cinq semaines d'investigations tous azimuts, les enquêteurs ont acquis une certitude : Xavier Dupont de Ligonnès pensait avoir élaboré un scénario imparable dissuadant toute volonté de recherche. « Il a bien failli réussir, reconnaît un proche de l'affaire interrogé par le Parisien. Si les enquêteurs de la police judiciaire de Nantes n'avaient pas exploré de fond en comble l'habitation désertée par cette famille, on aurait pu croire à une disparition organisée pour fuir des créanciers, comme cela peut arriver. Le plan du père aurait très bien pu fonctionner. » Il a fonctionné trois semaines, le temps de retrouver les corps.

Message glaçant à sa sœur
Le 17 juin 2011

Une nouvelle révélation fait froid dans le dos. Le soir du meurtre de sa femme et de ses trois enfants, Xavier Dupont de Ligonnès a tenté de joindre sa sœur Christine. Il lui a laissé un message sur son répondeur. « On était au cinoche en famille et au restaurant ensuite », explique-t-il. Il évoque alors un voyage imminent de son beau-frère. Puis il conclut : « Si c'est pas trop tard, tu me rebipes, ou tu m'envoies un petit SMS et je te rappelle. Là, je vais coucher les enfants, dire bonsoir à tout le monde. A tout de suite ! Peut-être... » Quelques instants plus tard, Agnès, Anne, Arthur et Benoît sont froidement abattus à coups de fusil.

Fouilles spéléologiques
Les 23 et 28 juin 2011

Une centaine de personnes sont mobilisées pour des fouilles spéléologiques. Une quarantaine de cavités sont passées au peigne fin autour de Roquebrune-sur-Argens, où il a été vu pour la dernière fois. En vain. Depuis sa disparition, Xavier Dupont de Ligonnès aurait été vu à Versailles (Yvelines) et dans une station-service d'un centre commercial aux Ulis (Essonne). La police judiciaire de Nantes prend les deux témoins très au sérieux. Depuis le drame, le suspect a été vu 650 fois dans la France entière. Mais aucun signalement n'a mené à l'homme que la France entière recherche...

Une série de perquisitions chez des proches
Le 26 juillet 2011

Une quinzaine de perquisitions sont menées simultanément dans toute la France plus de trois mois après la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès. L'une d'elles est effectuée au domicile de la mère et de la sœur cadette du suspect numéro un dans la tuerie de Nantes. L'hypothèse qu'il soit toujours vivant guide les enquêteurs à rechercher s'il a pu entrer en contact avec son entourage. Geneviève Dupont de Ligonnès, la mère de Xavier, reste persuadée que son fils est innocent. Pour étayer son propos, elle révèlera plus tard que la famille subissait de «graves menaces» assimilables à des «menaces de mort». A tel point que sa brue «a dû changer de numéro de téléphone, changer d'adresse e-mail», précise-t-elle.

De nouveaux éléments troublants
Le 25 octobre 2011

Les centaines d'auditions ont permis de mettre au jour de nouveaux éléments accablants. Lors d'un dîner une quinzaine de jours avant le meurtre, Xavier a par exemple évoqué le maniement des armes. Sa sœur, Véronique, la fille de cette dernière, et son gendre sont à table avec lui. Il se demande si «un animal lourd comme un sanglier n'était pas trop difficile à transporter». Détail glaçant car les corps des victimes ont dû être transportés des chambres du 2e étage jusqu'à la terrasse du jardin. Par ailleurs, de curieuses pratiques religieuses mettent en émoi les enquêteurs. Jusqu'en 1995, le père de famille aurait participé, avec sa femme, à un groupe de prière fondé par sa mère, Geneviève. Le caractère occulte de Philadelphie intrigue les policiers, qui ont saisi plusieurs documents. Parmi ceux-ci, le témoignage d'un ancien membre évoque le caractère sectaire de ce groupe, qui mêle références à Satan et «complot judéo-maçonnique».

A la recherche d'un amour de jeunesse
Le 23 décembre 2011

Les policiers recherchent aussi Claudia, amour de jeunesse de Xavier Dupont de Ligonnès. L'identification de cette mystérieuse femme allemande d'une cinquantaine d'années pourrait relancer une enquête qui patine. Le fugitif l'aurait rencontré à Paris au début des années 1980. Cette piste intéresse d'autant plus les policiers que Dupont de Ligonnès a contacté au moins quatre anciennes amies ou compagnes une quinzaine de jours avant les meurtres. Claudia est la seule avec qui il a gardé le contact. «Il allait parfois la voir à Hanovre, sans Agnès ni les enfants, se rappelle un proche de la famille. Il disait à Agnès qu'il n'y avait rien à craindre et, malgré sa jalousie, elle lui faisait confiance.» 

Dans la tête de Xavier Dupont de Ligonnès...
Le 15 avril 2012

L'obsession des enquêteurs est de découvrir l'endroit où le père de famille aurait pu se terrer ou se donner la mort... Entre 2006 et 2008, l'homme a consigné des centaines de textes, e-mails, photos sur un serveur informatique hébergé chez Free. Après les meurtres, il a quasiment tout effacé. Grâce à des sauvegardes réalisées par Free, les enquêteurs ont pu récupérer ces précieux documents. Ils renseignent sur la personnalité du suspect de la tuerie de Nantes. Le Parisien publie une page entière pour entrer dans la tête de Xavier Dupont de Ligonnès, un homme qui a passé «une belle enfance sans souci», qui possède «un complexe de supériorité» assumé, une «ambition professionnelle farouche» et qui réalise qu'il n'était «pas tout» pour sa femme... 

L'hypothèse du suicide
Le 3 septembre 2012

Le procureur de la République de Nantes estime qu'«au vu de l'état catastrophique de ses finances, au vu de son état d'esprit les jours ou semaines qui ont précédé ces assassinats, au vu de l'absence totale de traces de l'intéressé malgré l'intense travail de quadrillage et de recoupement policier, l'hypothèse du suicide, sans être du tout certaine, est la plus probable».

Une réapparition à Dieppe ?
Le 4 février 2013

Plus d'un an après, un hôtelier de Dieppe (Seine-Maritime) est persuadé d'avoir accueilli pendant deux nuits Xavier Dupont de Ligonnès. Les analyses ADN ne confirmeront pas sa version. A plusieurs reprises, ls enquêteurs devront faire face à ce genre de rebondissements.

La piste de la compagne allemande refermée
Le 17 avril 2013

Claudia, l'ancienne compagne allemande de Xavier Dupont de Ligonnès, est longuement entendue près de Munich par les enquêteurs allemands saisis par le juge d'instruction Robert Tchalian. La piste, porteuse d'espoir, ne mène à rien. Les policiers pensaient qu'elle avait pu être contactée par le fugitif peu avant les meurtres. Auditionnée en présence d'un enquêteur de la PJ de Nantes (Loire-Atlantique), elle a expliqué n'avoir eu aucun contact récent, que ce soit avant, pendant, ou après les meurtres.

Nouvelles explorations dans le Var
Le 2 mai 2013

Une dizaine de pompiers explorent à nouveau dans le Var des cavités, puits et grottes à la recherche du cadavre de Xavier Dupont de Ligonnès. En vain.

La piste italienne
Le 14 juin 2013

Un homme affirme avoir reconnu Xavier Dupont de Ligonnès à Rome. Pour étayer ses propos, il dispose de plusieurs photographies. L'Italie a déjà fait l'objet de vérifications quelques mois auparavant après les déclarations de l'enquêteur. Encore une fois, la piste finit par se refermer. 

Un cadavre qui ranime l'affaire
Le 24 juin 2013

Le cadavre d'un homme est découvert dans un bois, à une vingtaine de kilomètres du parking où Xavier Dupont de Ligonnès a disparu à Roquebrune-sur-Argens. Rapidement, les policiers en charge de l'affaire s'intéressent à cette trouvaille, avec un (mince) espoir. L'ADN douchera leur enthousiasme : le cadavre n'est pas celui du père de famille soupçonné du meurtre de sa femme et de ses quatre enfants.

Et si Christine, la sœur de Xavier, savait...
Le 17 février 2014

La sœur de Xavier a toujours défendu son frère, allant jusqu'à nier la réalité du drame, privilégiant la thèse du départ précipité vers les Etats-Unis. Le témoignage d'un autre membre de la famille jette une lumière nouvelle sur ce comportement. C'est l'une des belles-soeurs d'Agnès Dupont de Ligonnès qui a ouvert cette piste. Elle a raconté aux policiers une anecdote rapportée lors d'un dîner par Véronique, l'autre sœur de Xavier. Le 21 avril autour de midi, trois heures avant la découverte des corps, Christine est venue sonner chez Véronique, à Versailles (Yvelines). « Tu vas entendre des choses graves, mais tout sera faux. Il ne faudra pas croire ce que dit la police. » Après cette phrase, l'aînée est repartie, sans s'étendre. Savait-elle ce qui se tramait ? Ce témoignage, pris très au sérieux par les enquêteurs, nécessite l'audition de Véronique. Lors de son audition, elle minimise les propos rapportés. Le juge d'instruction n'estime pas utile de confronter les deux sœurs ni d'entendre Christine à ce sujet.

La maison de l'horreur vendue
Le 9 avril 2015

En vente depuis un an, la maison que louait la famille Dupont de Ligonnès avant la tuerie de Nantes a trouvé preneur. Selon « Ouest France », les acquéreurs ont déboursé quelque 200 000 euros pour cette coquette demeure d'une centaine de mètres carrés située 55, boulevard Schuman, à Nantes.

Des ossements qui relancent, encore, l'affaire
Le 28 avril 2015

Plus de quatre ans après la tuerie de Nantes, un promeneur découvre des ossements à proximité d'un campement de fortune à Bagnols-en-Forêt, à quelques kilomètres de Roquebrune-sur-Argens où a été vu pour la dernière fois Xavier Dupont de Ligonnès. Des analyses ADN devaient déterminer si ces restes humains appartiennent au père de famille. Mais il s'agit encore d'une fausse piste.

«Je suis encore vivant»
Le 13 juillet 2015

Une journaliste nantaise a reçu dans la semaine du 13 juillet une photo au dos de laquelle se trouvent les inscriptions en majuscules : «Je suis encore vivant». Une annonce que l'on attribuerait volontiers à Xavier Dupont de Ligonnès (nom signé) car la photo représente Arthur et Benjamin, l'ainé et le benjamin de la fratrie assassinée. Ce courrier alimente aussi une théorie du complot née d'un courrier du père à neuf de ses proches, affirmant qu'il allait être exfiltré vers les États-Unis en raison de sa supposée vie d'agent double.

Une virée au casino de Néris-les-Bains ?
Le 18 octobre 2016

Plusieurs signalements se sont déjà avérés vains. Mais par précaution, les gendarmes de Montluçon (Allier) recherchent un homme aperçu au casino de Néris-les-Bains et ressemblant à Xavier Dupont de Ligonnès. L’homme est retrouvé : encore une fausse piste.

Un autre corps retrouvé, énième fausse piste
Le 24 décembre 2017

L’hypothèse a circulé très vite à la veille de Noël dernier, braquant furtivement les projecteurs nationaux sur la petite commune du Muy (Var). Mais elle s’est aussitôt dégonflée avec la confirmation que le corps sans vie retrouvé la veille en contrebas du rocher de Roquebrune-sur-Argens n’était pas celui de Xavier Dupont de Ligonnès.

Une perquisition au monastère de Roquebrune
Le 9 janvier 2018

Une opération de police a été menée le 9 janvier 2018 autour d’un monastère de Saint-Désert-des-Carmes, à Roquebrune-sur-Argens, après le signalement d’un homme ressemblant à Xavier Dupont de Ligonnès. Or après vérification, il y a véritablement dans ce monastère un moine qui lui ressemble mais qui n'est pas le père de famille recherché...

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