Michael Bloomberg candidat à la Maison-Blanche « pour battre Donald Trump »

Publié le par Le Point

Le milliardaire de 77 ans, ancien maire de New York, a officialisé sa candidature à l'investiture démocrate en vue de la présidentielle américaine de 2020.

Michael Bloomberg a dirigé New York de 2002 à 2013. YANA PASKOVA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Michael Bloomberg a dirigé New York de 2002 à 2013. YANA PASKOVA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

« Je suis candidat à la présidentielle pour battre Donald Trump et reconstruire l'Amérique », a déclaré l'ex-maire de New York, Michael Bloomberg, sur son site Internet, dimanche. Il est donc officiellement candidat à l'investiture démocrate en vue de l'élection présidentielle américaine de 2020.

Son immense fortune acquise dans l'information financière, quelque 50 milliards de dollars, fait de lui un prétendant apte à chambouler la course, encore très ouverte avec 18 candidats prêts à défier l'actuel locataire de la Maison-Blanche en novembre 2020, sans favori évident. « Nous ne pouvons pas nous permettre quatre années supplémentaires d'actions immorales et irréfléchies de la part de Donald Trump », a justifié Michael Bloomberg dimanche. « Il représente une menace existentielle pour notre pays et nos valeurs. S'il remporte un nouveau mandat, nous pourrions ne jamais nous en remettre », a ajouté le responsable à la tête de la métropole de New York de 2002 à 2013.

« Le petit Michael échouera »

L'entrée en piste de Michael Bloomberg ne manquera pas de relancer les interrogations sur l'âge avancé des candidats, avec désormais quatre septuagénaires en lice pour déloger Donald Trump, également septuagénaire, de la Maison-Blanche. L'ancien vice-président Joe Biden, 77 ans, mène la course devant les progressistes Elizabeth Warren, 70 ans, et Bernie Sanders, 78 ans, avec le jeune maire Pete Buttigieg, 37 ans, en quatrième position, selon les sondages nationaux. Michael Bloomberg fait le calcul qu'il peut percer entre Elizabeth Warren et Bernie Sanders jugés bien trop à gauche par une partie de l'électorat démocrate, et Joe Biden, affaibli par des interrogations sur son état physique et happé par l'affaire ukrainienne qui vaut à Donald Trump une procédure en destitution.

Le président américain avait réagi avec dédain à une possible candidature de Michael Bloomberg début novembre. « Le petit Michael échouera », avait-il assuré en référence à la taille du milliardaire, environ 1,70 m. « Je pense qu'il va en fait nuire à Biden », avait-il ajouté. Très actif dans la lutte contre le changement climatique, contre la prolifération des armes à feu ou pour la santé, Michael Bloomberg avait justement annoncé en mars qu'il renonçait à se présenter pour, entre autres, ne pas saper les chances de Joe Biden. Son revirement apparaîtrait donc comme un signal clair qu'il doute sérieusement des chances de Joe Biden.

Un patron de presse à la Maison-Blanche ?

Sa candidature représente par ailleurs un casse-tête déontologique pour les journalistes de son agence de presse, qui vont devoir couvrir sa campagne électorale. Jamais un patron de presse ne s'est encore installé à la Maison-Blanche. Fondée en 1990, l'agence Bloomberg News c'est 2 400 journalistes, un fil d'actualités, des magazines, une station de radio, des podcasts, une chaîne de télévision, et une couverture exhaustive de l'actualité politique, avec notamment six journalistes affectés à la Maison-Blanche.

L'entrée en course de Michael Bloomberg n'a pas suscité de réaction immédiate de Donald Trump. « Nous accueillons tout le monde dans la course », a de son côté indiqué la candidate démocrate Amy Klobuchar sur la chaîne ABC, avant de préciser : « Je ne suis pas sûre que la carte à jouer soit celle de "j'ai plus d'argent que le type à la Maison-Blanche", je pense que les gens veulent quelqu'un de différent. » Neuvième fortune mondiale d'après Forbes, Mike Bloomberg a lancé dimanche une campagne de publicités télévisées de 31 millions de dollars, un record jugé d'avance antidémocratique par le candidat socialiste Bernie Sanders.

Un tel montant témoigne de la force de frappe de l'ancien maire de 77 ans, l'un des hommes les plus riches du monde, au grand dam des quelque 17 démocrates qui rivalisent déjà pour défier Donald Trump en novembre 2020, dans une course encore très ouverte. Le sénateur Bernie Sanders, un des candidats qui, avec Elizabeth Warren, attaque le plus les milliardaires, s'est dit vendredi « dégoûté par l'idée que Michael Bloomberg ou tout autre milliardaire pense pouvoir contourner le processus politique et dépenser des dizaines de millions de dollars pour acheter notre élection ». « Si on ne peut pas obtenir le soutien de la base pour sa candidature, on ne doit pas se présenter à la présidentielle », a-t-il affirmé dans un communiqué. Quand Michael Bloomberg avait indiqué il y a deux semaines qu'il pourrait se présenter, Elizabeth Warren lui avait elle aussi reproché de vouloir « acheter l'élection ».

Publié dans Articles de Presse

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