Commémorations de la libération du camp d’Auschwitz en 1945 : les rescapés de la Shoah témoignent

Publié le par L'Union

Pour Yona Amit et la centaine de rescapés de la Shoah qui assistent ce jeudi aux commémorations de la libération du camp d’Auschwitz en 1945, les souvenirs refluent d’un lointain passé.

Des visiteurs regardent le mur recensant les noms et visages de victimes de la Shoah, au memorial de Yad Vashem, le 20 janvier 2020 à Jerusalem

Des visiteurs regardent le mur recensant les noms et visages de victimes de la Shoah, au memorial de Yad Vashem, le 20 janvier 2020 à Jerusalem

Yona Amit, 81 ans, montre des photos de sa famille avant la guerre en Italie, où elle a grandi. À l’âge de cinq ans, elle échange ses chaussures avec son cousin du même âge, Yitzhak Berger, qu’elle appelait « Yitzouko ». Alors qu’elle réussit à passer à travers la frontière italo-suisse, « Yitzouko » est déporté à Auschwitz et gazé, explique Mme Amit : « Mes chaussures sont à Auschwitz mais moi je suis en vie ici ».

À ses côtés, Fanny Ben Ami a encore du mal à parler de ses parents, assassinés par les nazis, son père au camp de Majdanek et sa mère dans le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, tous deux situés en Pologne. « J’en ai mal au cœur de dire qu’ils ont été assassinés », confie-t-elle. Plus d’un million de personnes, dont la plupart étaient juives, sont mortes à Auschwitz-Birkenau.

À l’âge de 12 ans, elle est devenue malgré elle une résistante en faisant passer un groupe d’enfants de la France vers la Suisse bravant les dangers et risquant sa vie avec ses petits camarades.

Son histoire, immortalisée dans le film « Le voyage de Fanny » (Lola Doillon, 2016), l’a rendue célèbre parmi les rescapés de la Shoah et à presque 90 ans, elle ne cesse de témoigner en Israël et dans le monde.

« La vie juive en Europe est menacée »

Mais pour Fanny Ben Ami, « l’antisémitisme ne sera pas éradiqué ».

« Je pense que les leaders du monde entier sont venus surtout pour affirmer que l’antisémitisme est une plaie, mais on repart en arrière et rien ne change », regrette-t-elle, alors qu’augmentent les actes haineux envers les Juifs en Occident.

Pour Moshe Kantor, président du Forum mondial de la Shoah et organisateur de l’événement à Yad Vashem, « la vie juive en Europe est menacée ». « Je n’ai jamais été aussi inquiet en ce qui concerne l’augmentation de l’antisémitisme en Europe », a-t-il déclaré avant le début de la cérémonie.

Les larmes aux yeux, Nahum Rottenberg, 92 ans explique comment il a été séparé, dès son arrivée à Auschwitz, de ses parents avant même de pouvoir « leur dire au revoir ». Et raconte aussi la mort de son unique frère « quelques jours avant la fin de la guerre ».

« Aujourd’hui, on tue en Syrie et ailleurs, le monde se tait, je ne pense pas que les choses aient vraiment changé », déplore le vieil homme.

Pour Macron, la Shoah ne peut être utilisée pour «justifier» la «division» ou la «haine»

La Shoah ne peut être utilisée pour justifier la « division » ou « la haine contemporaine », a déclaré ce jeudi le président français Emmanuel Macron lors des commémorations à Jérusalem du 75e anniversaire de la libération du camp nazi d’Auschwitz.

« Nul n’a le droit de convoquer ses morts pour justifier quelque division ou quelque haine contemporaine », a dit M. Macron. « Car tous ceux qui sont tombés nous obligent à la vérité, à la mémoire, au dialogue, à l’amitié. »

Son discours intervient après ceux du vice-président américain Mike Pence et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu : le premier a appelé à « rester ferme » face à l’Iran et le second à agir contre les « tyrans de Téhéran » afin d’éviter une « autre Shoah ».

Devant des centaines d’invités dont une quarantaine de dirigeants étrangers, M. Macron s’est interrogé : « quel plus beau symbole que de nous voir ici tous rassemblés et unis, de faire oeuvre utile pour lutter contre le déni comme le ressentiment ou les discours de vengeance ».

Les Etats-Unis et Israël, pays alliés, ont tous les deux fait de l’Iran leur ennemi.

La question iranienne a d’ailleurs été au menu de la rencontre mercredi entre MM. Macron et Netanyahu qui exhorte Paris à imposer des sanctions à Téhéran à l’instar des États-Unis.

Publié dans Articles de Presse

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