Dans l'ombre d'Hitler… Le "premier cercle" du Führer dans le nouveau numéro de GEO Histoire

Publié le par GEO

lls ont été les hommes de main, les complices mais aussi les théoriciens du nazisme et du Führer, Adolf Hitler. Heydrich, Himmler, Göring ou Rommel, tous ont participé à cette entreprise monstrueuse qui défigura l'Europe. En kiosque ce mercredi, ce numéro revient donc sur ces hommes du "premier cercle".

Hitler en octobre 1931 et des membres du parti nazi. Ullstein Bild via Getty Images.

Hitler en octobre 1931 et des membres du parti nazi. Ullstein Bild via Getty Images.

Qui étaient-ils ? Comment en sont-ils arrivés là ? Opportunisme, ambition ou haine viscérale d’autrui? Il y eut von Schirach, qui prit en main les Jeunesses hitlériennes, Goebbels qui se chargea de la propagande du Reich, Himmler qui mit en place l’Holocauste, ou Göring, qui mit à sac les pays conquis, dont la France. Ou encore les précurseurs, tels Eckart ou Rosenberg. Dans un entretien exceptionnel, l’historienne Annette Wieviorka évoque ces criminels qui, au procès de Nuremberg, entendirent sauver leur peau et plaidèrent pour la plupart... non coupable. Un numéro qui donne à voir autant qu'à réfléchir.

L'édito d'Eric Meyer, rédacteur en chef

Entre eux, ils se détestaient…

Pourquoi, encore et encore, consacrer des pages à Hitler, l’homme, le mouvement qu’il a créé, et ici, donc, les fidèles qui l’ont entouré ? La réponse tient en peu de mots. Jamais, dans l’histoire de l’Occident, un régime politique n’avait causé autant de morts. Soixante millions pendant la Seconde Guerre mondiale. Sur les champs de bataille, dans les camps, mais aussi lors des 5 000 Oradour-sur-Glane en Europe de l’Est ou encore avec les programmes délirants, comme celui du "T4" qui a conduit à l’assassinat de 200 000 personnes handicapées. Des chiffres dont on a oublié l’ampleur…

Et, derrière leur énoncé clinique, à chaque fois, des millions de vies brisées ou détruites, d’hommes, de femmes, d’enfants. Comment Hitler a-t-il pu transformer à ce point une Allemagne démocratique, cultivée, et qui était d’ailleurs aussi un pays d’accueil pour les Juifs, en une tyrannie obsédée par la destruction des races "inférieures" ? Il a fallu pour cela une organisation qui transforme les discours en ordres, en actes. Qui en étaient les cadres dirigeants ? Qui, autour du Führer, manipulait les tentacules de la pensée nazie, des camps de jeunesse aux camps de concentration ?

Röhm, Göring, Himmler, Heydrich, von Schirach… Ce qui frappe lorsqu’on examine le parcours des membres de ce comité de direction de la haine est la haine qui les animait, d’abord entre eux. Comment purent-ils alors faire équipe ? La personnalité d’Hitler, son charisme, sa détermination, sa capacité à tuer pour régner, comptèrent. L’idéologie nazie aussi, qui conduisit certains au sentiment non pas de commettre des crimes, mais de faire leur "devoir" pour sauver leurs concitoyens, leurs enfants, leur pays.

Mais l’autre lien solide qui scellait leur funeste union était bien plus prosaïque : la soif du pouvoir et de la reconnaissance. Ces hommes avaient souvent suivi des études intéressantes (grec, latin, littérature, histoire…) et décroché un diplôme solide (jusqu’au doctorat). Ils étaient donc particulièrement sensibles à l’humiliation subie par l’Allemagne en 1918 et ont subi la crise économique des années 1920 au moment où ils entraient dans la vie active. Les perspectives grandioses promises par le nazisme (la reconquête, la revanche) leur ont offert un tremplin pour une carrière.

Quête des honneurs pour Göring, ancien as de l’aviation de la Grande Guerre, et qui avait perdu de son lustre dans les années 1920. Ministère de la Propagande et fréquentation des starlettes de cinéma pour Goebbels. Direction de la Gestapo pour Werner Best, un docteur en droit, d’ailleurs plutôt opposé aux idées du parti et qui trouvait Hitler vulgaire et populiste. Ambition personnelle, soif de pouvoir, lutte pour la carrière… Voilà la facette, peu glorieuse et si commune, mais qui compta beaucoup dans l’organisation du plus grand massacre de l’histoire de l’Europe. La sinistre banalité du mal.

Au sommaire

LES PRÉCURSEURS
  • Les artisans de la haine
  • De 1918 à 1933, Hitler a dû nouer des alliances et multiplier les manœuvres pour s’emparer de la tête du parti, puis de la chancellerie.
LE RIVAL
  • Ernst Röhm, un chef bien trop gênant
  • Première victime des rivalités au sein du cercle rapproché d’Hitler, il sera assassiné en 1934.
LE SCIENTIFIQUE
  • Eugen Fischer, un médecin au service de l’horreur
  • Les travaux de cet eugéniste inspirèrent, dès 1923, l’idéologie nazie et motivèrent les pires expérimentations.
LE DAUPHIN
  • La folle échappée de Rudolf Hess
  • Au printemps 1941, en pleine bataille d’Angleterre, il s’envole vers la Grande-Bretagne afin de négocier la paix avec les Anglais.
LE DISSIDENT
  • Et si Fritz Lang avait été le cinéaste du Reich ?
  • Adulé par Hitler, le talentueux réalisateur de Metropolis a fui l’Allemagne. Au moment où les nazis voulaient en faire l’un des leurs.
L’URBANISTE
  • Albert Speer, l’architecte mégalomane
  • Dès 1923, Hitler avait imaginé des travaux titanesques pour transformer Berlin en "capitale du monde". Il confia cette lourde tâche à son meilleur bâtisseur.
LES COMPAGNES
  • Envoûtées par le Führer
  • Son premier cercle n’était constitué que d’hommes. Mais les femmes ont tenu aussi une grande place dans la vie d’Hitler.
LES CHEFS SS
  • Heydrich et Himmler, les planificateurs de l’horreur
  • Les maîtres d’œuvre de la Solution finale partageaient le même objectif : l’extermination des Juifs. Mais pas les mêmes méthodes…
LE NUMÉRO 2
  • Hermann Göring, le pilleur de l’Europe
  • Dès 1933, ce bras droit du Führer fit main basse sur les richesses artistiques des pays conquis. Et amassa une immense collection personnelle.
LE MILITAIRE
  • Erwin Rommel : la face cachée d’un brillant stratège
  • Victorieux sur le sol français et en Afrique du Nord, il a longtemps été considéré comme un génie militaire sans lien avec la Shoah. Une image "propre" qui fait aujourd’hui polémique.
LES MANIPULATEURS
  • Le grand spectacle de la propagande
  • Cérémonies grandioses, affichages, matraquage radiophonique… Goebbels fut derrière le contrôle organisé des masses. Mais aussi Hitler qui, dès 1919, avait compris l’art de séduire son peuple.
L’ÉDUCATEUR
  • Baldur von Schirach, le père des jeunes hitlériens
  • Cet aristocrate fut l’âme de la jeunesse allemande qu’il embrigada dans un mouvement devenu organisation paramilitaire. Mais il tomba en disgrâce en 1940.
  • LES SERVITEURS

  • Dans l’intimité du Führer
  • Portraits édifiants d’un garde du corps, d’une assistante personnelle et d’un pilote d’avion qui ont servi Hitler jusqu’à sa mort, dans son bunker berlinois.
LE COMPLOTEUR
  • Claus von Stauffenberg : il voulait tuer Hitler !
  • L’été 1944, ce colonel de la Wehrmacht et ses complices tentèrent d’assassiner le Führer dans l’espoir de signer la paix avec les Alliés. L’opération fut un échec.
  • L’ENTRETIEN
  • "A Nuremberg, les responsables nazis voulaient sauver leur peau"
  • Rencontre avec l’historienne Annette Wieviorka, spécialiste de la Shoah et du nazisme.

L’ACTU DE L’HISTOIRE

ARCHIVES
  • Dans les secrets du Quai d’Orsay
  • Sept trésors du patrimoine du ministère des Affaires étrangères passés à la loupe.
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