Iran : « aucun Américain blessé », Trump annonce des sanctions économiques

Publié le par Le Point avec AFP

Le président américain affirme que l'Iran « semble reculer » et s'en félicite. Il souhaite aussi un nouvel accord sur le nucléaire iranien.

Donald Trump. JIM WATSON / AFP

Donald Trump. JIM WATSON / AFP

Donald Trump a alterné le chaud et le froid mercredi lors d'une allocution d'une dizaine de minutes sur la situation iranienne. D'un côté, il a annoncé la mise en place de nouvelles sanctions économiques contre Téhéran après les frappes menées contre des bases abritant des soldats américains en Irak. De l'autre, il s'est félicité que l'Iran « semble reculer » et affirme être « prêt à la paix ». Surtout, il n'a pas mentionné la possibilité d'une réponse militaire, éloignant, pour l'heure, le spectre d'une escalade régionale, voire d'une guerre ouverte entre Washington et Téhéran.

L'opération « Martyr Soleimani » a été lancée par l'Iran au beau milieu de la nuit en représailles à l'élimination par Washington du général Qassem Soleimani à Bagdad. Au total, 22 missiles sol-sol se sont abattus sur les bases d'Aïn al-Assad (ouest) et d'Erbil (nord), où sont stationnés certains des 5 200 soldats américains déployés en Irak. « Aucun Américain n'a été blessé dans les attaques de la nuit dernière », s'est félicité d'entrée le milliardaire républicain. « L'Iran semble reculer, ce qui est une bonne chose pour toutes les parties concernées et une très bonne chose pour le monde », a-t-il ajouté dans une allocution d'une dizaine de minutes. Le tempétueux locataire de la Maison-Blanche a conclu par un message à l'adresse du peuple iranien et de ses dirigeants : « Les États-Unis sont prêts à la paix avec tous ceux qui la veulent. » « Tant que je serai président des États-Unis, l'Iran ne sera jamais autorisé à avoir l'arme nucléaire », a-t-il par ailleurs promis au début de sa déclaration.

L'Iran veut le départ des États-Unis

Un peu plus tôt, le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, avait salué une « gifle à la face » des États-Unis, prévenant toutefois que ce n'était « pas suffisant ». Il faut, avait-il dit, que « la présence corrompue des États-Unis dans la région prenne fin », alors que l'axe pro-Iran profite depuis vendredi d'un regain de sentiment antiaméricain en Iran, mais aussi en Irak et au Liban. « Nous ne cherchons pas l'escalade ou la guerre, mais nous nous défendrons », avait abondé Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie, affirmant que les représailles « proportionnées » de la nuit étaient « terminées ».

Mais si la riposte iranienne est close, reste la « riposte irakienne », qui ne sera « pas moins importante », ont déjà promis les factions armées pro-Iran dans le pays. Elles se poursuivront « jusqu'au départ du dernier soldat » américain, ont ajouté ces factions que Washington accuse d'être derrière les dizaines de roquettes qui ont déjà visé leurs soldats et leurs diplomates ces derniers mois. La réponse est coordonnée avec le Hezbollah libanais et Téhéran, assurent ces factions, après les frappes iraniennes – qui selon l'armée irakienne n'ont pas fait de victime dans ses rangs. Si elles n'ont pas suscité de riposte immédiate, elles font plus que jamais redouter une escalade régionale et un conflit ouvert.

Pour Phillip Smyth, spécialiste des groupes chiites armés, les tirs iraniens marquent une « nouvelle phase ». L'Iran « a envoyé une réponse publique et d'ampleur », « un signal ». La suite, affirme-t-il à l'Agence France-Presse, pourrait être confiée « aux agents de l'Iran ». Dans le monde, des capitales appelaient au calme alors que d'autres maniaient la menace.

Un peu plus tard dans la soirée mercredi, le chef du Pentagone, Mark Esper, a déclaré que Washington pense avoir « rétabli un certain niveau de dissuasion » vis-à-vis de l'Iran avec l'élimination retentissante du général iranien Qassem Soleimani. « Avec les frappes que nous avons menées contre les Brigades du Hezbollah fin décembre et ensuite notre opération contre Soleimani, je pense que nous avons rétabli un certain niveau de dissuasion avec eux, a-t-il déclaré à la presse. Mais nous verrons. L'avenir le dira. »

Publié dans Articles de Presse

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