Le directeur du CES de Las Vegas tente d’éteindre la polémique sur Ivanka Trump

Publié le par Le Figaro par Samuel Kahn

CES 2020 - L’invitation de la fille du président des États-Unis à la grand-messe de l’électronique a soulevé plusieurs critiques.

Ivanka Trump occupe une multitude de rôles au sein de la Maison-Blanche. MANDEL NGAN/AFP

Ivanka Trump occupe une multitude de rôles au sein de la Maison-Blanche. MANDEL NGAN/AFP

Cette semaine, le monde de la tech se presse à Las Vegas pour le Consumer Electronics Show, le plus grand salon dédié à l’innovation technologique. Un rendez-vous annuel très attendu pour ses nombreuses annonces, présentations de produits, et interventions de leaders de l’industrie... Et qui amène à chaque fois son lot de polémiques. En 2018, c’est le manque de femmes invitées qui a fait grincer les dents des critiques. L’année dernière, le salon a retiré le prix qu’il avait décerné prix à une marque de sextoys, s’attirant des accusations de puritanisme. Cette année, c’est la venue d’Ivanka Trump, fille et conseillère du président des États-Unis Donald Trump qui fait voir rouge à plusieurs observateurs.

La participation d’Ivanka Trump au CES a été annoncée fin décembre par la Consumer Technology Association, le syndicat de l’industrie électronique américain qui organise le salon. «En tant que cheffe d’entreprise, Ivanka Trump milite pour un marché de l’emploi poussé par l’éducation. Nous l’accueillons donc sur la scène du CES, où elle défendra le rôle de la technologie dans la création des emplois du futur», a déclaré le directeur de la CTA Gary Shapiro.

Cette annonce a provoqué l’étonnement des commentateurs, et la multiplication du hashtag #boycottCES sur Twitter. Beaucoup se sont demandé en quoi Ivanka Trump, qui n’a jamais été impliquée dans des entreprises ou des décisions liées à la technologie, était qualifiée pour s’exprimer sur ce sujet.

Ivanka Trump a dirigé plusieurs entreprises, dont une marque éponyme de prêt-à-porter. Mais elle a cessé la plupart de ces activités suite à l’élection de son père et occupe aujourd’hui une multitude de rôles au sein de la Maison-Blanche, en plus de son titre officiel de conseillère auprès du Président. Ses missions concernent notamment l’éducation, l’emploi des femmes et le développement économique par la formation et l’entreprenariat. Elle préside également le comité national sur la politique de l’emploi, aux côtés du Secrétaire au Commerce Wilbur Ross. Ce comité réunit plusieurs chefs d’entreprise, dont le PDG d’Apple Tim Cook et la PDG d’IBM Ginni Rometty.

Les explications du CES

Dans le programme des conférences du CES, la séance de questions à Ivanka Trump est présentée en ces termes: «les innovations technologiques ont créé des millions d’emplois. Il incombe à l’industrie la responsabilité de former les travailleurs américains. Venez entendre comment le gouvernement pousse les entreprises à investir dans la formation, crée des opportunités d’apprentissage et développe les programmes d’éducation destinés à la jeunesse.»

Les explications de la CTA sont arrivées deux semaines après l’annonce de la venue de la fille du Président au salon. «Le futur du monde du travail est un sujet important. La conférence que nous tiendrons avec Ivanka Trump traitera de la façon dont les entreprises travaillent avec le gouvernement sur cette question», a déclaré Gary Shapiro dans une interview à la BBC, où il a justifié son invitation au CES en pointant les liens entre l’éducation et la compétitivité technologique américaine. «Nous ne voulons pas faire de cette conférence un événement politique», a-t-il ajouté.

Gary Shapiro n’a pas souhaité préciser si Ivanka Trump avait été invitée au CES à l’initiative de la CTA, ou bien si le syndicat professionnel avait répondu à une proposition du gouvernement. Il n’a pas non plus voulu dire si la présence de la fille du président des États-Unis au salon de la tech était une manière de faire entendre à Donald Trump son appel, lancé en août dernier, à revenir sur la hausse des tarifs douaniers envers la Chine décidée par le milliardaire, engagé dans une guerre commerciale avec la première puissance mondiale. Une politique qui, selon Gary Shapiro, fait surtout du mal à l’économie américaine.

Publié dans Articles de Presse

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