À Jérusalem, une commémoration de la Shoah sur fond de dossier iranien

Publié le par La Croix avec AFP

Les faits

Lors de la commémoration de la libération du camp d’Auschwitz, jeudi 23 janvier à Jérusalem, les États-Unis et Israël ont appelé à une plus grande fermeté face à l’Iran. Emmanuel Macron a, lui, déclaré que la Shoah ne pouvait être utilisée pour justifier la « division » ou « la haine contemporaine ». 

Le président français Emmanuel Macron lors d'un discours à Jérusalem, le 23 janvier 2020. POOL/AFP

Le président français Emmanuel Macron lors d'un discours à Jérusalem, le 23 janvier 2020. POOL/AFP

Les États-Unis et Israël ont appelé jeudi 23 janvier à durcir le ton face à l’Iran en pleine cérémonie marquant à Jérusalem le 75e anniversaire de la libération du camp nazi d’Auschwitz, symbole du génocide juif.

Une quarantaine de dirigeants internationaux, dont les présidents français Emmanuel Macron et russe Vladimir Poutine, sont réunis pour ces commémorations, présentées comme le plus important rassemblement politique dans l’histoire d’Israël par les autorités israéliennes.

Israël accuse depuis de nombreuses années l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, malgré les démentis de Téhéran, tandis que les tensions entre l’Iran et Washington n’ont cessé de croître depuis la sortie des États-Unis, en mai 2018, de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien.

« Je demande à tous les gouvernements de se joindre à l’effort vital pour faire face à l’Iran », a déclaré le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à l’ouverture des commémorations avant d’ajouter : « Il ne peut y avoir une autre Shoah ».

« Nul n’a le droit de convoquer ses morts pour justifier quelque division »

S’il a appelé à rester ferme face à l’antisémitisme et défendu l’idée cette semaine que la « négation de l’existence d’Israël comme État » était une « forme contemporaine » d’antisémitisme, Emmanuel Macron a toutefois mis en garde contre une instrumentalisation de la Shoah.

« Nul n’a le droit de convoquer ses morts pour justifier quelque division ou quelque haine contemporaine car tous ceux qui sont tombés nous obligent à la vérité, à la mémoire, au dialogue, à l’amitié », a-t-il déclaré, sans prononcer le mot « Iran ».

Face à Israël et aux États-Unis qui soutiennent la doctrine de « pression maximale » sur l’Iran, les Européens soulignent la nécessité de respecter l’accord sur le nucléaire iranien.

« Responsabilité historique »

Vladimir Poutine a profité de son passage en Terre Sainte pour inaugurer un mémorial en l'honneur des victimes du siège de Leningrad par l'Allemagne nazie, où sont morts environ 800 000 personnes entre 1941 et 1944.

« Le siège de (Leningrad) et la Shoah sont deux événements qui ne peuvent être comparés à rien d'autre », a déclaré le président russe, appelant à lutter contre l'antisémitisme sans mentionner l'Iran, un pays dont la Russie reste proche.

Vladimir Poutine a plutôt appelé à un sommet des dirigeants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU - Russie, France, Royaume-Uni, Chine, États-Unis - pour répondre aux « défis » contemporains, dans un contexte de tensions Est-Ouest exacerbées.

« Les cinq membres permanents (...) ont aujourd'hui une responsabilité historique et je partage votre volonté 75 ans plus tard de nous rassembler », lui a répondu Emmanuel Macron.

Pendant qu'étaient prononcés ces discours, des survivants de la Shoah ont témoigné. Nahum Rottenberg, un rescapé 92 ans, disant regretter qu'il y ait encore aujourd'hui des conflits.

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