« Baby division : les adolescents soldats d’Hitler », les petits criminels

Publié le par L'Obs par Guillaume Loison

Ce documentaire revient sur l’histoire de ces jeunes SS incorporés dans l’armée allemande en 1943 et leurs crimes de guerre.

Jeunes SS marchant sur le front normand (© Bundesfilmarchiv _ Transit Films GmbH)

Jeunes SS marchant sur le front normand (© Bundesfilmarchiv _ Transit Films GmbH)

Parmi les ignominies d’Hitler durant la seconde guerre mondiale, la constitution de la douzième division blindée, escouade de waffen SS à peine sortis de la puberté, figure en bonne place. Cet excellent documentaire retrace l’histoire de ce corps tristement expérimental que les soldats américains surnommaient la « baby division » : 20 000 volontaires juniors (dont une partie contrainte de s’engager de force), biberonnés au nazisme depuis leur plus tendre enfance, supposés garnir en 1943 les rangs d’une armée déjà décimée – 3 millions d’hommes sont alors tombés au combat.

Terrifiant bras armé du troisième Reich

Leur formation militaire accélérée est éprouvante. Martyrisés par leur hiérarchie, une partie d’entre eux perdent vite l’illusion de la belle aventure à laquelle ils croyaient prétendre. Leur immaturité est utilisée à des fins particulièrement belliqueuses : obéissant, cruels et zélé, ces adolescents repoussent le curseur de l’horreur. Le documentaire évoque ainsi des crimes de guerre perpétrés par la « baby division », peu à peu évacués de la mémoire collective, tel ces massacres de civils dans des villages du nord de la France et en Belgique, ou ces fusillades massives de soldats canadiens constitués prisonniers après les batailles succédant au débarquement des alliés en Normandie.

Via des cartes animées, des films d’archives et une foule d’anecdotes, « Baby division » reconstruit l’agenda militaire de l’unité, à la fois terrifiant bras armé du troisième Reich (« ces ados étaient les pires » assène un ancien soldat anglais) et sa première victime, sacrifiée par cynisme puis par dépit – condamnés pour crimes de guerre, leurs chefs ont toutefois survécu, contrairement à la moitié de leurs troupes. Seul bémol à cette riche et instructive reconstitution, la parole des vétérans SS, trop saupoudrée, peine à éclairer en profondeur l’état d’esprit de ces enfants soldats européens, pendant et surtout après la bataille.

Mardi 18 février à 23h10 sur France 2. Infrarouge. Documentaire de Julien Johan (2020). 52 min. (Disponible en replay sur france.tv).

Publié dans Articles de Presse

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