Décès de l'Afro-Américaine Katherine Johnson, pionnière de la course à la Lune

Publié le par RFI par Marie Normand

Grâce à ses calculs et ses équations, elle a permis aux États-Unis de conquérir la Lune. La mathématicienne afro-américaine Katherine Johnson est décédée à l'âge de 101 ans. 

 Katherine Johnson à son bureau, en 1962, à Hampton en Virginie. (Photo by NASA/Donaldson Collection/Getty Images)

Katherine Johnson à son bureau, en 1962, à Hampton en Virginie. (Photo by NASA/Donaldson Collection/Getty Images)

« C’était une héroïne de l’Amérique, une pionnière dont l’héritage ne sera jamais oublié », a déclaré lundi sur Twitter le patron de la Nasa, Jim Bridenstine. L’agence spatiale américaine rend d’ailleurs un vibrant hommage à sa mathématicienne dans un clip vidéo. Pourtant, Katherine Johnson est longtemps restée dans l’ombre.

Née en 1918 à White Sulphur Springs, dans le nord-est des États-Unis, Katherine Johnson est une élève brillante. Elle décroche une licence de mathématiques et de français en 1937, avant d’être sélectionnée deux ans plus tard comme l’une des trois premières étudiantes noires à suivre des cours à l’Université d’État de Virginie-Occidentale. Elle la quitte cependant au bout d’un an pour fonder une famille et élever ses trois filles.

Sa carrière ne débute qu’en 1953. A 35 ans, Katherine Johnson est embauchée à la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA), l'ancêtre de la Nasa, pour contrôler, grâce à ses calculs, le travail de ses supérieurs. Les États-Unis sont encore ségrégués. Bureau, toilettes, cafétéria : Katherine Johnson travaille à l'écart de ses collègues blancs. C'est seulement à la création de la Nasa, en 1958, que les mathématiciens noirs et blancs commenceront à travailler dans la même pièce. 

Une femme indispensable

Très vite, son travail est remarqué. Il devient même indispensable, comme le rappelle sa biographie sur le site de la Nasa. En 1962, l’astronaute John Glenn refuse d’embarquer pour le tout premier vol américain en orbite autour de la Terre, tant que « cette fille », comme il l'appelle, n’aura pas vérifié les calculs de trajectoire réalisés par un ordinateur. Katherine Johnson va ensuite participer à toutes les avancées de la Nasa, pendant trois décennies. La mathématicienne estime que  « sa plus grande contribution à la conquête spatiale » reste le calcul de la trajectoire d'Apollo 11, en 1969. C’est ce vol qui mènera les premiers hommes sur la lune. « Ils lui avaient demandé la Lune, elle leur a donné la Lune », écrivait lundi le New York Times.

Ces faits d’armes resteront pourtant longtemps inconnus du grand public longtemps après sa retraite prise en 1986. Katherine Johnson a 97 ans lorsque Barack Obama lui remet, en 2015, la médaille présidentielle de la Liberté, l’une des plus hautes distinctions civiles du pays.

L’année suivante, le film Les Figures de l'ombre, adapté du livre de Margot Lee Shetterly, achève d’asseoir sa renommée. Il raconte son histoire et plus largement celle de toutes ces femmes afro-américaines qui ont joué un rôle clé, mais méconnues, dans la conquête spatiale américaine.

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