Décès de Michel Ragon, écrivain et éminent critique d'art et d'architecture

Publié le par Actua Litté par Clara Vincent

L’écrivain, critique d’art et de l’architecture modernes Michel Ragon est décédé dans la nuit du jeudi 13 février à l’âge de 95 ans, a rapporté Ouest France. Professeur à l’École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD), il est l’auteur de nombreux ouvrages de romans, de poésie et d’essais. Des écrits qui auront contribué à faire de lui une figure de renom dans le domaine de l'art et de l'architecture. 

Michel Ragon au Salon du livre de Paris en 2011 - (CC BY-SA 3.0)

Michel Ragon au Salon du livre de Paris en 2011 - (CC BY-SA 3.0)

Né à Marseille en 1924, Michel Ragon a grandi à Fontenay-le-Comte, en Vendée, avant de s’installer avec sa mère à Nantes à l’age de 14 ans. Il connaitra durant ces années la vie de prolétaires dans une époque marquée par les affres de l'occupation allemande.

Avide de connaissances et doté d'une grande curiosité, Michel Ragon développe un certain goût pour la littérature. En 1945, il décide de partir vivre à Paris, où il enchainera d'abord les petits boulots alimentaires, avant de devenir bouquiniste sur les quais de seine de 1954 à 1964.

En parallèle, Michel Ragon se consacre à l’écriture. Il publie son premier roman en 1953 chez Albin Michel, Drôles de métiers, dans lequel il revient sur ses années d'apprentissages à Nantes et dans le Paris de l'après-Guerre où il alterna toutes sortes d'emplois, du mécano à l'employé de préfecture ou encore en peintre en bâtiment.

Avec l'appui de l'écrivain Henry Poulaille, figure de la littérature prolétarienne avec lequel il s'est lié d'amitié et qui dirigeait alors la revue Maintenant, Michel Ragon fonde sa propre revue Les Cahiers du peuple en 1946. Il collaborera également auprès de plusieurs journaux syndicalistes tels que le Monde ouvrier ou l’Emancipation paysanne. 

Au travers de ses écrits, dans lesquels il aborde ses divers sujets de prédilection, Michel Ragon commence progressivement à bâtir sa propre notoriété, notamment en tant que critique d’art et de l’architecture modernes. 

En 1973, il devient professeur à l’Ecole nationale des arts décoratifs de Paris où il enseignera pendant 13 ans. Expérience qui le mènera également à soutenir un thèse de doctorat, intitulée La Pratique architecturale et ses idéologies, en 1975 à la Sorbonne.

Auteur prolifique, Michel Ragon commence à partir des années 1980 un cycle littéraire consacré à ses terres d'origines, avec la publication de L'Accent de ma mère (Albin Michel, 1980), pour lequel il reçut le grand prix du roman des Écrivains de l'Ouest. Ces publications, parmi lesquelles on peut aussi citer Les Mouchoirs rouges de Cholet (1984) qui fut primé par le prix des lectrices de Elle, feront de lui un écrivain de renom de la littérature vendéenne.

En 1997, il est consacré par le Grand prix Poncetton, remis chaque année de 1970 à 2010 par la Société des gens de Lettres pour D'une berge à l'autre, pour mémoire 1943-1953 (1997, Albin Michel).  

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article