Sans elle, l’Amérique n’aurait pas conquis la Lune : la mathématicienne Katherine Johnson est morte

Publié le par Ouest-France avec AFP

La Nasa a annoncé le décès de Katherine Johnson, à l’âge de 101 ans. Cette scientifique, figure de la communauté noire, a joué un rôle décisif dans la conquête américaine de l’espace.

Katherine Johnson fut décorée par le président américain Barack Obama, le 24 novembre 2015. | CARLOS BARRIA / REUTERS

Katherine Johnson fut décorée par le président américain Barack Obama, le 24 novembre 2015. | CARLOS BARRIA / REUTERS

Katherine Johnson, une mathématicienne dont les calculs ont permis aux États-Unis de conquérir la Lune, s’est éteinte à l’âge de 101 ans, a annoncé lundi la Nasa.

Grande figure chez les Noirs américains, sa carrière a inspiré le film Les figures de l’ombre, sorti en 2016, adapté du livre de Margot Lee Shetterly, qui racontait l’apport trop souvent ignoré des femmes noires dans la conquête américaine de l’espace.

La scientifique était d’ailleurs restée relativement inconnue jusqu’à ce que le président Barack Obama lui décerne en 2015 la médaille présidentielle de la Liberté, l’une des plus hautes distinctions civiles des États-Unis. En 2018, Mattel l’avait choisie comme modèle pour une série de poupées Barbie représentant des femmes d’exception.

Séparée des blancs à ses débuts

Titulaire d’une licence de mathématiques, Katherine Johnson avait rejoint le programme spatial américain – la future Nasa – en 1953, et avait pour tâche principale de contrôler le travail de ses supérieurs à l’aide de calculs.

À cette époque, la ségrégation raciale était encore en vigueur aux États-Unis, et Katherine Johnson œuvrait à un poste de « Colored computer » (« ordinateur de couleur ») avec des douzaines d’autres mathématiciens noirs, à l’écart de leurs collègues blancs.

C’est seulement en 1958 que son équipe a été intégrée à d’autres divisions de la Nasa, pour faire partie du premier programme de vol spatial habité des États-Unis.

Elle a calculé les trajectoires d’Apollo 11

Katherine Johnson a alors participé aux calculs du vol d’Alan Shepard, le premier Américain à se rendre dans l’espace.

Pendant sa carrière de trois décennies pour l’agence spatiale, Katherine Johnson a développé des équations cruciales ayant permis aux États-Unis d’envoyer des astronautes en orbite et sur la Lune, des formules toujours utilisées dans la science aérospatiale contemporaine.

Elle a notamment calculé les trajectoires d’Apollo 11, la mission historique qui a fait de Neil Armstrong le premier homme à marcher sur la Lune en 1969.

L’hommage de la Nasa

La Nasa a rendu hommage lundi à la scientifique. « C’était une héroïne de l’Amérique, une pionnière dont l’héritage ne sera jamais oublié », a écrit James Bridenstine, le patron de l’agence spatiale américaine.

Katherine Johnson a permis « d’éliminer les barrières raciales et liées au sexe », a de son côté salué la NAACP, la plus grande organisation de défense des Noirs aux États-Unis.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article