Sur France 2, la « Baby Division » d’Hitler, des adolescents criminels dans une guerre sans morale

Publié le par Le Monde par Alain Constant

Le documentaire de Julien Johan éclaire l’histoire brève et sanglante de la 12e division blindée SS, composée majoritairement de 20 000 très jeunes soldats.

La 12e division blindée SS, surnommée la « Baby Division », était composée majoritairement de 20 000 très jeunes soldats. ZED/France2

La 12e division blindée SS, surnommée la « Baby Division », était composée majoritairement de 20 000 très jeunes soldats. ZED/France2

FRANCE 2 - MARDI 18 FÉVRIER À 23 H 10 - DOCUMENTAIRE - Construit à partir d’archives filmées inédites colorisées et de témoignages de survivants, le passionnant documentaire de Julien Johan met l’accent sur l’histoire aussi brève que sanglante de la 12e division blindée SS, composée majoritairement de 20 000 très jeunes soldats, 15 % de ses effectifs seulement ayant dépassé la vingtaine.

L’idée de transformer des gamins en tueurs vient d’Himmler, chef de la SS qui, en février 1943, décide de piocher dans le réservoir des Jeunesses hitlériennes. Approuvée par Hitler, l’idée devient réalité, d’autant plus rapidement que le IIIe Reich autorise les mineurs à s’enrôler sans l’accord parental.

Cinq mois plus tard, 20 000 jeunes ont été formés à la dure pour devenir des soldats d’élite au sein de la 12e division blindée SS. Mais en novembre 1943, un rapport secret indique que cette « Baby Division », comme la nommeront quelques mois plus tard les Britanniques, Canadiens et Américains, n’est pas opérationnelle.

Descente aux enfers

Colère du Führer et réorganisation rapide, avec l’arrivée d’un matériel haut de gamme et surtout la nomination de Kurt Meyer, héros militaire. Malin, Meyer relâche la pression sur des recrues épuisées, ordonne aux officiers de reproduire « avec les jeunes une relation proche du cadre familial ». Les gamins ne savent pas que leur idole est aussi un criminel de guerre ayant fait assassiner 872 habitants d’un village sur le front de l’Est…

Envoyés en France pour contrer le futur débarquement, les jeunes SS commettent un premier massacre début avril 1944, dans le village d’Ascq. A la suite d’un acte de sabotage de la Résistance, 86 hommes sont abattus par les gamins. Ce n’est que le début d’une descente aux enfers où la morale n’a pas sa place. « Les ados, c’étaient les pires ! Ils nous tiraient dans le dos », se rappelle un vétéran britannique qui les a combattus dans le bocage normand.

Combattants fanatiques, les jeunes SS, dont la moitié périra au combat, ont commis plusieurs crimes de guerre : exécution de prisonniers de guerre canadiens en juin 1944 puis de civils français et belges, femmes et enfants compris, en août et septembre. « Je ne les tiens plus ! », écrira un officier. Après guerre, Kurt Meyer sera jugé et condamné à mort avant de voir sa peine commuée en prison à perpétuité. Il sera libéré en 1954, dix ans après son arrestation.

Baby Division, les adolescents soldats d’Hitler, documentaire de Julien Johan (Fr., 2019, 52 min).

Publié dans Articles de Presse

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