Vendée. L’écrivain Michel Ragon, auteur des « Mouchoirs rouges de Cholet », est décédé

Publié le par Ouest-France par Céline Bardy avec AFP

Michel Ragon est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi à l’âge de 95 ans, apprend-on ce vendredi matin par des proches de cet homme de culture d’origine vendéenne.

Michel Ragon. | ARCHIVES OLIVIER CULMANN / TENDANCE FLOUE

Michel Ragon. | ARCHIVES OLIVIER CULMANN / TENDANCE FLOUE

Écrivain, critique, historien de l’art et de l’architecture moderne, Michel Ragon est décédé à l’âge de 95 ans dans la nuit de jeudi 13 à vendredi 14 février 2020, annonce son entourage.

« Né par hasard à Marseille »

En 2012, à l’occasion du Printemps du livre de Montaigu (Vendée), il confiait à Ouest-France : « Je suis né par hasard à Marseille en 1924, car mon père était militaire. Je suis arrivé à l’âge de quelques mois à Fontenay-le-Comte (Vendée). Toute ma famille est vendéenne, certains étaient paysans à Sainte-Hermine, mon grand-père et ma grand-mère étaient de Fontenay. »

Orphelin de père à 8 ans, Michel Ragon a passé toute son enfance en Vendée, cadre de nombreux de ses romans. À 14 ans, il doit quitter l’école, et la ville de son enfance, Fontenay-le-Comte, pour aller travailler à Nantes « la grise » d’abord comme garçon de courses, puis manutentionnaire ou encore aide-comptable.

Monté à Paris à 20 ans, il fait tous les métiers (d’ouvrier en usine à bouquiniste) et surtout fréquente le milieu des écrivains prolétariens (en particulier Henry Poulaille), le milieu anarchiste et celui de l’art contemporain qui resteront toujours ses sujets de prédilection.

Une vie à la Jack London

Avant de se lancer dans l’écriture, il eut une vie à la Jack London, bourlinguant de par le monde (il fut ouvrier agricole en Angleterre, partit pour le Japon en s’embarquant sur un cargo…). Il fut hippie avant l’heure.

À partir des années 1980 il devient le grand romancier de la Vendée, Les Mouchoirs rouges de Cholet (1984), prix des lectrices de Elle, de l’épopée libertaire, La Mémoire des vaincus (1990), Un si bel espoir (1999), tout en poursuivant une œuvre autobiographique avec notamment L’accent de ma mère (1980), D’une berge à l’autre (1995) et une œuvre de critique d’art et d’architecture avec Du côté de l’art brut (1996), Journal d’un critique d’art désabusé (2013).

Il était un "critique d’art au flair redoutable qui a su déceler dès le début les peintres devenus désormais incontournables", a rappelé son éditeur. Il avait notamment fait connaître le mouvement CoBrA en France et suivit avec une amitié fidèle l’œuvre de Soulages, de Hartung, d’Atlan, de Dubuffet.

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