Avec Lambert Wilson, De Gaulle retrouve le chemin de l’École militaire

Publié le par Le Figaro par Marie-Noëlle Tranchant

NOUS Y ÉTIONS - Lundi soir, Gabriel Le Bomin présentait en avant-première à l’École militaire son film sur le général et son épouse, Yvonne, entre avril et juin 1940. Une soirée en présence de la famille de Gaulle et de nombreuses personnalités.

Le film est une épopée intime, qui évoque la vie de famille du général et pénètre la solitude de sa conscience durant les mois tragiques d’avril à juin 1940, jusqu’à l’Appel du 18 juin. ALAIN GUIZARD / BESTIMAGE/ALAIN GUIZARD / BESTIMAGE

Le film est une épopée intime, qui évoque la vie de famille du général et pénètre la solitude de sa conscience durant les mois tragiques d’avril à juin 1940, jusqu’à l’Appel du 18 juin. ALAIN GUIZARD / BESTIMAGE/ALAIN GUIZARD / BESTIMAGE

Le nouveau film de Gabriel Le Bomin De Gaulle, avec Lambert Wilson et Isabelle Carré a reçu un accueil enthousiaste lors de l’avant-première organisée à l’École militaire, en présence de la famille de Gaulle et de nombreuses personnalités.

À 18h30, la projection a été précédée d’une table-ronde sur la liberté et l’engagement, inspirée par une citation du général de Gaulle: «À la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée, ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs». L’engagement gaullien est «civilisationnel et moral», dit l’architecte Roland Castro, tandis que le colonel Hervé Pierre souligne le lien consubstantiel entre liberté et engagement.

L’historien Olivier Wieworcka, conseiller sur le film, rappelle le constat paradoxal de Sartre: «Jamais on n’a été aussi libre que sous l’occupation.» Avant de commenter: «La liberté s’est exercée parce qu’on était confronté à des choix d’engagement individuel.» Docteur en neurosciences cognitives, Albert Moukheiber renchérit: «la contrainte peut favoriser la liberté.» Et de retracer le processus qui conduit du conditionnement extérieur à la décision - ou non.

Puis Geneviève Darrieusecq, secrétaire d’État aux armées a introduit le film en soulignant l’originalité de son point de vue: «C’est le choix de l’humain et du sentiment qu’a fait Gabriel Le Bomin.» «Il a fait le choix du mystère», précise-t-elle un peu plus loin.

Une famille ordinaire et exceptionnelle

En effet, son De Gaulle est une épopée intime, qui évoque la vie de famille du général et pénètre la solitude de sa conscience durant les mois tragiques d’avril à juin 1940, jusqu’à l’Appel du 18 juin.

«Cela m’a paru une temporalité assez humaine: c’est le moment où il devient De Gaulle», dit le réalisateur, entouré de son couple historique, Charles et Yvonne. Autant Lambert Wilson a dû affronter une image et une voix archi-connues, autant Isabelle Carré se félicite d’avoir eu toute latitude pour imaginer Yvonne, étant donné sa discrétion. L’acteur a pris le parti judicieux d’éviter une stricte imitation. Et s’il a un aspect un peu schématique, et le film parfois un côté BD (comme dans les images de l’exode), ces aspects sont dépassés par la puissance du récit, et l’empathie avec cette famille ordinaire et exceptionnelle, si incroyablement classique et aventureuse, stricte et anticonformiste.

Portée par le souffle de l’histoire, et la force communiquée par leur petite Anne, trisomique. Isabelle Carré insiste sur cette présence qui ne cesse de diffuser l’amour de la vie. Ce De Gaulle atypique, simple et profond, parle à tous les Français. Une ovation enthousiaste l’a salué dans l’amphithéâtre Foch.

Publié dans Articles de Presse

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