"De Gaulle" : entre histoire et intimité, Lambert Wilson incarne le Général dans un biopic quatre étoiles

Publié le par franceinfo par Jacky Bornet, Rédaction Culture, France Télévisions

Un défi de taille relevé avec panache : évoquer les sentiments de l’homme du 18 juin face à l’histoire et dans sa vie familiale.

lambert Wilson dans "De Gaulle" de Gabriel Le Bomin. (Copyright SND)

lambert Wilson dans "De Gaulle" de Gabriel Le Bomin. (Copyright SND)

Réalisateur discret, Gabriel le Bomin (Les Fragments d’Antonin, Nos patriotes) s’attaque à gros en signant le premier biopic sur le général De Gaulle. Il resserre son récit sur la période mai – juin 1940 qui le statufie dans l’histoire de France, mais pour évoquer l’homme évite l’hagiographie, en valorisant le rôle de son épouse Yvonne dans ses décisions.

De Gaulle au lit

Mai 1940 : l’armée allemande est aux portes de Paris. Le colonel Charles De Gaulle (Lambert Wilson) vient de repousser l’ennemi, et veut poursuivre l’offensive, mais doit faire face à un gouvernement défaitiste. Promu général à titre provisoire (deux étoiles), il est envoyé à Londres pour négocier une fusion avec l’armée britannique. Sa femme Yvonne (Isabelle Carré) part, elle, sur les routes de l'exode  avec leurs trois enfants. Ils ne cessent de penser l’un à l’autre, alors que Charles négocie avec Churchill la suite à donner au conflit. Quand survient la capitulation française, qui l’oblige à lancer l’appel du 18 juin.

Il fallait oser ouvrir un biopic sur le général De Gaulle en le présentant au petit matin au lit avec sa femme. Gabriel le Bomin abat sa carte d’entrée : ce portrait sera intime. A cette intimité succède une séance de la présidence du Conseil à laquelle il participe. Le film ne cessera de passer du De Gaulle intime à son rôle politique. Il débute sur sa confrontation avec le président du Conseil Paul Reynaud (Olivier Gourmet) et surtout avec le vice-président du Conseil, le maréchal Pétain (Paul Laudenbach), et le général Weygand (Alain Langlet), commandant en chef de l’armée. Mais le film ne quitte pas Yvonne d’une semelle sur les routes de France, avec leur petite fille Anne, trisomique, sa nurse (Catherine Mouchet), et leurs deux autres enfants, Philippe et Elisabeth,.

Un même combat

Le film montre dans un récit parallèle, les négociations franco-britanniques et le périple de sa femme. Qui de De Gaulle ou d’Yvonne est le plus courageux ? Ils le sont tous les deux, chacun dans son rôle. Mais le film démontre combien le général n’aurait pas pris ses décisions sans le soutien de sa femme. Car c'est un couple soudé dans leur combat pour sauver leur petite Anne, évoqué dans des flash-backs, leurs lettres et conversations. Cette guerre intime, est aussi à sa façon, une résistance. Elle annonce celle de la France que De Gaulle incarnera dans son appel fondateur, auquel l’encourage Yvonne.

Rarement (jamais ?) fusion entre vie intime et histoire n’aura été filmée avec autant d’évidence, de pertinence et d’adresse. La sobriété de la mise en scène, plus observatrice que lyrique, évite l’hagiographie, écueil qui aurait été fatal. La mise en images évite la surcharge (en décors, effets de caméra, reconstitution…), tout en étant très juste, avec les conseils de crise, un travelling sur un bataillon de chars en déroute, l’hécatombe des victimes civiles sur les routes de la débâcle…

Isabelle Carré et Lambert Wilson dans "De Gaulle" de Gabriel Le Bomin. (Copyright SND)

Isabelle Carré et Lambert Wilson dans "De Gaulle" de Gabriel Le Bomin. (Copyright SND)

Une retenue et une force renforcées par l’interprétation de Lambert Wilson et d’Isabelle Carré, mais aussi de Catherine Mouchet, d’Olivier Gourmet, de Paul Laudenbach et d’Alain Langlet, pour ne citer qu’eux. Gabriel le Bomin développe l’amour du général et de son épouse pour la petite Anne qu’il veulent soigner de la trisomie, mal connue à l’époque, comme ils mèneront pendant la guerre, ensemble, avec la même force, la résistance à l’ennemi. Ce rapprochement aurait pu alourdir le film mais il évite le pathos, en privilégiant l’émotion avec subtilité et élégance.

"De Gaulle" de Gabriel Le Bonin : l'affiche. (SND)

"De Gaulle" de Gabriel Le Bonin : l'affiche. (SND)

La fiche

  • Genre : Drame historique / biopic
  • Réalisateur : Gabriel Le Bomin 
  • Acteurs :  Lambert Wilson, Isabelle Carré, Olivier Gourmet, Catherine Mouchet, Pierre Hancisse, Sophie Quinton, Gilles Cohen, Laurent Stocker
  • Pays : France
  • Durée : 1h49
  • Sortie : 4 mars 2020
  • Distributeur : SND

Synopsis : Mai 1940. La guerre s’intensifie, l’armée française s’effondre, les Allemands seront bientôt à Paris. La panique gagne le gouvernement et le président Paul Reynaud qui envisage d’accepter la défaite. Un homme, Charles de Gaulle, fraîchement promu général, veut infléchir le cours de l’Histoire. Sa femme, Yvonne de Gaulle, est son premier soutien, mais très vite les évènements les séparent. Yvonne et ses enfants se lancent sur les routes de l’exode. Charles rejoint Londres. Il veut faire entendre une autre voix : celle de la Résistance.

Publié dans Articles de Presse

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