La Forest-Landerneau. Tombés dans l’oubli, les trois résistants auront une nouvelle plaque

Publié le par Ouest-France par Romain Fillion

Sur le pont du Fessiou, entre Landerneau et la Forest, se cache une petite plaque commémorative, que tout le monde semblait avoir oubliée. Le Souvenir français a obtenu la création d’une nouvelle inscription, au bas du pont, pour rappeler à tous la mort en résistants de trois jeunes hommes, en février 1944.

De gauche à droite : Jean Abalain, président du Souvenir français landernéen, Jean-Paul Page, membre, Daniel Léal, qui fleurissait la plaque depuis trois ans, et Gaëlle Quéré, secrétaire du comité du Souvenir français landernéen. | OUEST-FRANCE

De gauche à droite : Jean Abalain, président du Souvenir français landernéen, Jean-Paul Page, membre, Daniel Léal, qui fleurissait la plaque depuis trois ans, et Gaëlle Quéré, secrétaire du comité du Souvenir français landernéen. | OUEST-FRANCE

Sur la D712, à quelques hectomètres de Landerneau, les voitures défilent sans remarquer une petite plaque apposée là, derrière la glissière de sécurité, sur le parapet du pont du Fessiou, à La Forest-Landerneau.

« Vous voyez, personne ne la remarque, cette plaque, constate sans se fâcher Jean-Paul Page, membre du Souvenir français landernéen, ayant défié le ballet des véhicules pour la révéler. Elle était totalement tombée dans l’oubli. »

Abattus au croisement des D 712 et 159

Cette petite plaque cache une histoire digne d’être contée. Une histoire de résistance. « Il est 17 h quand Frantz Marcel Boucher, 19 ans, Guy Edgar Raoul, 24 ans, et André Hyppolite Garrec, des résistants Francs tireurs et partisans français (FTPF, mouvement de résistance intérieur créé par le parti communiste français), sortent d’un chemin de terre traversant un bois entre l’Élorn et le pont du Fessiou, commence Jean-Paul Page. C’est là que les trois résistants tombent nez à nez avec un point de contrôle tenu par des soldats allemands. Les Français ouvrent le feu, touchent deux soldats – enterrés au cimetière allemand de Ploudaniel – mais sont finalement abattus. » La veille, à Berrien, dans les monts d’Arrée, ces trois jeunes avaient tué un officier et son sous-officier ennemis. Mais ce 4 février 1944, leur moment était venu, là, au croisement des départementales 712 et de la 159.

L’actuelle plaque est à peine visible de la route, et trop dangereuse pour s’y arrêter. | OUEST-FRANCE

L’actuelle plaque est à peine visible de la route, et trop dangereuse pour s’y arrêter. | OUEST-FRANCE

Des QR codes sur la nouvelle plaque

Jean-Paul Page et le Souvenir français landernéen réussissent aujourd’hui là où quelques-uns ont échoué : réhabiliter la mémoire de ces hommes. En effet, à la suite de discussions avec le maire de La Forest-Landerneau et le conseil départemental, gestionnaire de la D712, la création d’une nouvelle plaque a été accordée.

« Nous allons pouvoir créer un lieu de mémoire accessible, se réjouit Jean Abalain, président du Souvenir français landernéen. Une seconde plaque va être collée sur le pilier du pont, en bas de la route, pour que chacun puisse s’y recueillir. »

Trois QR codes (à scanner avec son téléphone) permettront d’accéder aux biographies des trois résistants. Trois ifs vont en outre être plantés, et une pierre posée, pour accueillir les gerbes.

L’ouvrage devrait être réalisé au printemps, permettant l’adoption d’une cérémonie annuelle de commémoration, chaque 4 février.

Enterrés au manoir de Kélézérien ?

« Ces jeunes ont donné leur vie pour notre liberté. C’est à nous de faire perdurer leur mémoire », conclut Jean-Paul Page.

Les corps de Frantz, Guy et André n’ont jamais été retrouvés. Selon un document datant des années 1940, les résistants auraient été enterrés dans un manoir proche des lieux de la fusillade. Il pourrait s’agir du parc du château de Kélézérien, à Landerneau, qui servait à l’époque de poste de commandement aux Allemands.

Aucune recherche n’a été effectuée, aucune n’est prévue en ce sens. Quelques membres de leurs familles, éloignés géographiquement, restent cependant informés des avancées administratives du Souvenir français.

Publié dans Articles de Presse

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