Pierre Bénichou est mort

Publié le par La Croix avec AFP

Les faits Pierre Bénichou est mort dans la nuit du 30 au 31 mars à l’âge de 82 ans. Ce journaliste avait occupé de hautes fonctions au sein du Nouvel Obs, avant de se faire connaître du grand public en tant que chroniqueur aux « Grosses têtes » sur RTL. Son décès n’est pas lié au coronavirus, a précisé son fils. 

Le journaliste Pierre Bénichou, le 21 octobre 2011.  Jean-François Frey/PHOTOPQR/L'ALSACE

Le journaliste Pierre Bénichou, le 21 octobre 2011. Jean-François Frey/PHOTOPQR/L'ALSACE

Une gouaille truculente. Le journaliste Pierre Bénichou est décédé dans la nuit du lundi 30 au mardi 31 mars à l’âge de 82 ans, a annoncé son fils Antoine. « Il s’est éteint dans son sommeil », à son domicile, et son décès n’est pas lié au coronavirus.

Né le 1er mars 1938 à Oran, Pierre Bénichou s’était lancé dans le journalisme après des études à la Sorbonne. C’est en 1968 qu’il entre au Nouvel Observateur, d’abord comme rédacteur en chef adjoint, avant d’être nommé rédacteur en chef dix ans plus tard. Il devient directeur adjoint en 1985 puis directeur délégué de 1996 à 2005, avant de se retirer du journal, où il avait conservé le titre de conseiller spécial.

« J’ai la mémoire longue mais la plume courte »

Au Nouvel Obs, il écrivait peu et s’était spécialisé dans la rédaction de « portraits souvenirs ». Ces notices nécrologiques, écrites dans l’urgence de la disparition des personnalités mais très travaillées, et toujours d’un style ramassé (« J’ai la mémoire longue mais la plume courte », disait-il), avaient été rassemblées en 2017 dans le livre « Les absents, levez le doigt ! ».

En préambule, il y confiait quelques souvenirs de son enfance oranaise, et donnait certaines clés de « cette petite sieste, cette longue flânerie mélancolique que fut ma vie de journaliste », admettant avoir passé en trente ans au Nouvel Obs « plus de temps à faire écrire les autres qu'à écrire moi-même ».

L’un des piliers des « Grosses têtes »

Pierre Bénichou était devenu célèbre dans les années 1990, en tant que chroniqueur aux « Grosses têtes » de RTL. Son humour avait fait mouche et il était resté un intervenant apprécié des auditeurs.

Il avait rejoint plus tard Laurent Ruquier sur Europe 1, qui l'avait intégré à sa bande de chroniqueurs dans diverses émissions de télé et de radio. Il était ainsi revenu en 2014 dans les « Grosses Têtes » sur RTL, lorsque Laurent Ruquier en avait repris les commandes.

Mi-mars, Pierre Bénichou avait participé à l’enregistrement d’une émission des « Grosses têtes », depuis son domicile, où il était confiné.

Une passion pour la poésie et la chanson française

Bien qu’ayant été longtemps un adepte des nuits parisiennes, Pierre Bénichou, vétéran de chez Castel, contestait la réputation de dilettante que certains lui prêtaient. « J'ai été quand même directeur du plus grand hebdomadaire d'Europe. J'étais glandeur, mais je travaillais beaucoup ! », avait-il raconté en 2016 sur France Musique, se décrivant comme « beaucoup plus faiseur de journal que journaliste ».

Resté fidèle à ses racines oranaises, il avait toujours cultivé une hostilité marquée à l'encontre du général de Gaulle, et bien que situé politiquement à gauche (il avait soutenu la candidature de François Mitterrand en 1981), sa défense de la cause des pieds-noirs l'avait placé parfois en porte-à-faux avec ses différentes rédactions.

Pierre Bénichou cultivait par ailleurs une grande passion pour la poésie et la chanson française et s'était même lancé au théâtre en 2004 dans une pièce écrite par Laurent Ruquier.

Marié en 1970 et père d'un seul enfant, le journaliste, issu d'une famille non pratiquante, confessait ne croire « ni à Dieu ni à Diable, pas plus qu'aux "forces de l'esprit" » chères à Mitterrand.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article