Decazeville. L’expo sur la guerre d’Espagne se termine samedi

Publié le par La Dépêche

De nombreux Républicains espagnols ont fait souche en France.

De nombreux Républicains espagnols ont fait souche en France.

L’exposition consacrée à la guerre d’Espagne et à deux exilés, Jo Vilamosa et Honorato Alcober Celma, qui deviendront decazevillois, se terminent bientôt. Outre ces deux personnages aux parcours chaotiques et complexes, l’expo présente plusieurs autres Républicains espagnols qui ont fait leur vie en France.

Luis Royo-Ibanez n’a que dix-sept ans lorsqu’il prend part à la guerre civile espagnole, en 1936. Il combat dans les rangs de l’armée républicaine, face aux troupes du général Franco, ce qui lui vaut d’être blessé à deux reprises. En février 1939, il fuit le régime franquiste et parvient à se réfugier en France en traversant les Pyrénées. Refusent de subir le nazisme et le fascisme, il rejoint le général Leclerc et sa 2e division blindée (DB), fer de lance des forces françaises libres gaullistes. Il y intègre la 9e compagnie, surnommée la "Nueve", qui rassemble essentiellement des républicains espagnols. Luis Royo-Ibanez et ses compatriotes font partie des premiers soldats de la 2e DB à entrer dans Paris, le 24 août 1944, à bord d’un half-track dénommé Madrid, en souvenir de la guerre d’Espagne. Il recevra la légion d’honneur et s’éteindra en 2016, à l’âge de 96 ans.

José Cabrero Arnal, talentueux dessinateur, se revendique comme Républicain. Aussi, devant le coup d’État franquiste, il n’hésite pas à s’engager pour défendre la République. Il fait la guerre en tant que mitrailleur et, lors de la bataille du Sègre (entre l’Aragon et la Catalogne), il est gravement blessé à la jambe. Puis il est fait prisonnier et incarcéré dans un stalag en Prusse avant d’être déporté dans le sinistre camp de Mauthausen. Malgré la défaite de la guerre, la douleur de l’exil et l’horreur des camps, son coup de crayon n’a rien perdu de sa vivacité. De retour en France, il reprend le dessin et crée les personnages de Placid et Muzo, de Pif le chien et Hercule le chat, qui lui vaudront un grand succès. Pourtant, il ne pourra obtenir la nationalité française. Il mourra en 1982, à 73 ans, sans revoir Barcelone, son rêve…

Espace Ségalat, de 15 heures à 19 heures, à voir jusqu’au samedi 14 mars.

Publié dans Articles de Presse

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