Fleurance. Histoire : quand la peste sévissait en Lomagne

Publié le par La Dépêche

Le costume du médecin de peste est le vêtement que portait un médecin pour se protéger de l’épidémie. /Photo DDM illustration

Le costume du médecin de peste est le vêtement que portait un médecin pour se protéger de l’épidémie. /Photo DDM illustration

Si le confinement est nécessaire, "restez chez vous" et replongez-vous dans vos lectures. Il n’est meilleur ami qu’un livre. Ce conseil est parvenu de Saint-Clar par Jean Claude Ulian auteur de plusieurs publications.

En 1653 la peste arrivée de Toulouse allait envahir la Lomagne et se propager avec une effroyable rapidité. Comme l’écrivit l’abbé Lagleyse en 1900 dans le bulletin de la Société archéologique du Gers : "les précautions hygiéniques nécessaires pour enrayer la contagion étaient-elles inconnues à cette époque ou furent-elles mal appliquées ?"

Toujours est-il que Saint-Clar allait voir en quelques mois sa population réduite d’un tiers. Municipalité et clergé firent de leur mieux mais l’épidémie dévorante était plus forte ce que l’on appelle un pic aujourd’hui frappa en un jour une dizaine d’habitants. Devant cette hécatombe malgré le courage et le dévouement de certains, la population commença à s’affoler. On laissa mourir les malades hors de leur famille. En juin au plus fort de l’épidémie on eut recours à l’isolement en plein champ dans des huttes bâties à la hâte loin de la cité. Pour ces malheureux on fit appel à des infirmiers à gages de Toulouse, porteurs de masques lugubres que l’on appelait "les corbeaux ".On leur confia la sinistre besogne de les assister et de les ensevelir. Chaque ville ou village allait se claquemurer et vivre en autarcie. C’est ainsi que le vicaire Capmartin qui aida beaucoup les habitants, voulut retourner chez lui à Sarrant, ayant chargé sa charrette de meubles. Il fut refoulé impitoyablement et revint à Saint-Clar où il mourut.

La dernière grande peste en France arriva par un bateau le 25 mai 1720 dans le port de Marseille venant du Levant, "Le grand saint Antoine." L’épidémie due à cette infection ravagea la Provence entière. Le régent fit couler le navire mais le mal était fait. L’ancre fut ramenée sur terre et aujourd’hui figure dans une exposition en Allemagne. On attend son retour à Marseille pour le 25 mai 2020, jour anniversaire. D’ici là souhaitons à tous que confinement ne soit plus qu’un souvenir. Références : chanoine Bourgeat (1929) de Elie Ducasse (bulletin de la société archéologique 1992).

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