Il y a 150 ans dans La Dépêche : le prix Nobel de Marie et Pierre Curie

Publié le par La Dépêche par Pierre Mathieu

Dès son 1er prix Nobel, obtenu en 1903 avec son mari, Marie Curie et ses recherches sur le radium ont fait l’objet d’un long article de "La Dépêche". À relire, faute de pouvoir voir au cinéma le biopic "Radioactive". 

Le prix Nobel de Marie et Pierre Curie

Le prix Nobel de Marie et Pierre Curie

Le 15 décembre 1903, c’est une nouvelle retentissante sur laquelle les lecteurs de La Dépêche tombent en page 2 : la découverte du radium. Ce pas décisif pour la recherche et la médecine a valu cinq jours plus tôt au couple formé par Pierre et Marie Curie, associés à Henri Becquerel, le prix Nobel de physique.

Pierre a 44 ans, Marie 36. Née Marya Sklodowska à Varsovie, venue à Paris poursuivre ses études de physique et mathématiques, cette fille d’enseignants forme avec Pierre Curie un couple de chercheurs acharnés. C’est Marie qui détecte dans un minerai venu de Bohème, la pechblende, un élément doté d’irradiations lumineuses plus puissantes que celles de l’uranium. "On se procura une quantité suffisante de pechblende [des quintaux] et l’isolement commença ; mais quelle difficulté et quelle lenteur ! " raconte l’article de La Dépêche, "le nouveau corps semblait échapper à l’analyse et disparaître sous les recherches les plus minutieuses. Enfin, après d’interminables travaux, on put recueillir quelques parcelles de ce corps [quelques milligrammes], qui, en raison de sa puissance lumineuse, fut appelé le radium."

Capable de franchir tous les corps "l’action lumineuse ou calorique du radium apportera à la médecine un adjuvant nouveau", prévoit le journal dès 1903…

"La projection des rayons du radium peut brûler jusque dans ses racines des affections comme le lupus et le cancer. La plaie cicatrise ensuite normalement… Ceux qui l’ont découvert ont foi en lui et nous ne pouvons qu’avoir, à notre tour, la même confiance".

Les "p’tites Curies" au front

Première femme à obtenir un prix Nobel, Marie Curie est une aventurière de la science. Trois ans après le prix, Pierre meurt à 47 ans, renversé par une calèche. Veuve avec deux filles, Irène et Eve, Marie prend la relève de Pierre en chaire de physique à la Sorbonne. Elle y est la première femme à donner un cours supérieur à des étudiants des deux sexes. Ses recherches continuent, bravant les calomnies de xénophobes qui voudraient la voir repartir en Pologne. Mais elle est française depuis son mariage. Survient alors son deuxième prix Nobel, de chimie cette fois-ci, en 2011. Plus d’un siècle plus tard, elle est toujours la seule à avoir obtenu deux fois cette reconnaissance mondiale.

Sans rancune pour son pays d’adoption, Marie Curie met ses découvertes au service des blessés de la guerre. En 1916, à bord d’une camionnette équipée d’un appareil de radiologie, elle roule vers les hôpitaux du front. Ainsi les chirurgiens peuvent-ils repérer les fractures et localiser les éclats d’obus avant d’opérer. 18 "p’tites Curies" ont sillonné les champs de bataille.

Marie Curie, qui mourra d’une leucémie en 1934 à l’âge de 67 ans, a bien mérité de la patrie (qui lui montrera tardivement), sa reconnaissance. Le 20 avril 1995, ses cendres et celles de son mari seront transférées au Panthéon.

Publié dans Articles de Presse

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