Lavelanet. Les descentes des pionniers du ski à la carrière de Fangas

Publié le par La Dépêche par Alain Eychenne

Les pionniers du ski, en pays d’Olmes, ont fait leurs premiers schuss du côté de la carrière de talc de Fangas, au nord-est du massif du St-Barthélémy. Lucas Destrem, du Pays d’art et d’histoire, revient sur cette aventure. 

Le premier téléski du Pays d’Olmes./Photo DR - Lucas Destrem explique le lien entre le textile et le ski./Photo DDM
Le premier téléski du Pays d’Olmes./Photo DR - Lucas Destrem explique le lien entre le textile et le ski./Photo DDM

Le premier téléski du Pays d’Olmes./Photo DR - Lucas Destrem explique le lien entre le textile et le ski./Photo DDM

L’ancienne carrière de talc de Fangas est située au nord-est du massif du Saint-Barthélemy, à 1 400 mètres d’altitude. L’exploitation du site aurait débuté à la fin du XIXe siècle. Plus près de nous, il y a 80 ans, quelques pionniers du ski y ont vécu une formidable épopée. Pour Lucas Destrem, chargé d’inventaire pour le Pays d’art et d’histoire, cet épisode illustre le lien entre l’industrie textile et les débuts du ski en pays d’Olmes.

Ce sont deux industriels du territoire qui sont à la manœuvre dans la fondation de deux premiers skis clubs, vers 1936. René Dumons, industriel de Lavelanet, est le cofondateur du ski club de Lavelanet (SCPO). Antoine Ricalens, un autre industriel, de Laroque-d’Olmes, fonde le Ski-club laroquais. Plus tard, d’autres skis clubs se développent localement, à Montferrier puis Fougax-et-Barrineuf. On y retrouve de nombreux employés et cadres de l’industrie. Ces structures encouragent toujours davantage la pratique du ski et poussent les locaux à trouver des sites à proximité pour pratiquer.

On les retrouve donc sur le site de la carrière de Fangas…

Oui, ces pionniers s’attaquent à l’aménagement d’une ébauche de station. Ils choisissent d’investir le site de la carrière de talc de Fangas. Après-guerre, on y installe un remonte-pente rudimentaire et on y aménage deux refuges. Des courses y sont organisées, et certaines d’entre elles attirent les meilleurs sportifs pyrénéens. On récompense les skieurs avec des bons de tissu !

Qui ont été les premiers à pratiquer le ski en ce lieu ?

Ce sont les jeunes du SCPO à partir de 1937, le directeur du talc leur ayant autorisé la fréquentation du site. Les skieurs utilisent une "baraque à côté de la source" jusqu’alors utilisée par les mineurs. Elle héberge les skieurs certains soirs et devient le "dortoir" comme l’évoque plus tard Raoul Pigeon qui fut président du ski club de Laroque.

Puis c’est la construction d’un remonte-pente, d’un refuge… qui est à l’œuvre ?

Après 1945, le remonte-pente est donc installé à la mine, par des jeunes des clubs locaux. Il fonctionne grâce à un vieux moteur à l’initiative d’Aldo Villa. L’aménagement du refuge-chalet à Moulzoune, au début des années 1950, a pris deux ans. Il est l’œuvre des jeunes du ski club de Montferrier dirigé par Henri Barthès.

On imagine difficilement comment ils ont pu réussir dans leur entreprise !

Le matériel (moellons, planches, sacs de ciment) a été en partie monté par les wagonnets de la carrière, grâce à la bienveillance du directeur de cette dernière. Les bœufs de François Laffont, père de l’actuel maire de Montferrier, étaient également utilisés. Le gravier était récupéré sur place, dans le ruisseau. La construction se faisait souvent le dimanche !

Il y avait donc deux refuges ?

Oui, "le dortoir" de Fangas et le chalet de Moulzoune. Un autre lieu servait d’abri occasionnel et temporaire, la "cabane des pâtres" comme la nomme Georges Marcérou (actuelle Cabane du vacher). La clé du bâtiment était probablement disponible à la demande à la mairie de Montferrier.

Publié dans Articles de Presse

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