Monique Villemin, la grand-mère du petit Grégory, est décédée

Publié le par Le Figaro par Stéphane Durand-Souffland

Personnage central dans «l'affaire Grégory», la matriarche emporte avec elle tous ses secrets.

Selon certains, Monique Villemin aurait pu connaître la vérité Marcel Mochet/AFP/Getty Images

Selon certains, Monique Villemin aurait pu connaître la vérité Marcel Mochet/AFP/Getty Images

Monique Villemin, la grand-mère paternelle de Grégory, 4 ans, assassiné le 16 octobre 1984 dans une localité des Vosges, est décédée à l'âge de 88 ans. La mère de Jean-Marie Villemin, père de l'enfant retrouvé ligoté dans la Vologne, a probablement succombé au Covid-19. Elle résidait dans un Ehpad à Baccarat (Meurthe-et-Moselle), ainsi que son mari. Avec elle, disparaît un personnage central et énigmatique de l'affaire criminelle qui, quoique non élucidée, peut être qualifiée de complot familial. Selon certains, Mme Villemin aurait pu connaître la vérité. Mais elle n'a jamais fait de révélations susceptibles d'élucider le mystère de la Vologne.

Née Jacob, Monique rencontre son futur mari, Albert Villemin, en avril 1953. A cette époque, elle est enceinte d'un garçon, que M. Villemin reconnaît. Marcel Jacob, frère de Monique, épouse, lui, une femme prénommée Jacqueline – ils sont apparus en pleine lumière il y a trois ans.

Lors des dernières investigations qui ont conduit au rebondissement – stérile à ce jour – de juin 2017, les gendarmes relèvent, en effet, un événement ancien : Monique Villemin aurait un jour surpris son mari au lit avec Thérèse, sœur de Monique et mère de Bernard Laroche. D'où, selon la synthèse des enquêteurs, «des soupçons légitimes autour de la naissance de Bernard Laroche» qui «peuvent expliquer des tensions latentes entre les familles Jacob et Villemin (…) Cette situation pourrait être une explication face à l'ambiguïté du comportement de Monique Vuillemin : elle souhaite découvrir le coupable du crime de son petit-fils (sic) tout en ne délivrant aucune information compromettante concernant Bernard Laroche», car celui-ci aurait pu être le fils naturel de son mari Albert.

Les gendarmes envisagent également qu'un des fils d'Albert et Monique Villemin ait joué un rôle dans le rapt : Michel, illettré, décédé depuis, dont la femme se prénomme Ginette. Monique Villemin le «défend en toutes circonstances», notent-ils. Au point qu' «Albert, sous la coupe de son épouse, souhaite même se séparer d'elle à cause de son parti pris pour son fils Michel (…) Michel a potentiellement ralenti les recherches [visant à localiser son épouse Ginette, une fois la disparition de Grégory constatée] et Ginette a peut-être un rôle au sein de l'organisation liée au meurtre de Grégory (…) Les réactions de Michel et Ginette Villemin démontrent qu'ils ont vraisemblablement connaissance des faits commis par Bernard Laroche et qu'ils l'ont couvert».

Pas la moindre preuve

Pour l'heure, rien de certain ne permet d'accréditer cette supputation. En juin 2017, la chambre de l'instruction de Dijon, désormais en charge du dossier jamais refermé depuis octobre 1984, relance l'affaire de manière spectaculaire. Marcel et Jacqueline Jacob sont à présent désignés comme les commanditaires présumés du rapt et du meurtre de l'enfant ; Bernard Laroche (assassiné par Jean-Marie Villemin en 1985) et sa belle-sœur, Murielle Bolle, comme les kidnappeurs. Mais les trois mises en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort ont été annulées pour vice de forme, et pas la moindre preuve irréfragable n'est produite.

Ginette et Monique Villemin sont, elles, à nouveau entendues, mais ne font aucune déclaration déterminante. Dans la foulée, la garde à vue de Murielle Bolle, 15 ans à l'époque, est déclarée non conforme à la Constitution : cet acte-clé ne fait plus partie, aujourd'hui, de la procédure maudite.

Monique Villemin ne parlera donc plus, à supposer qu'elle ait eu une vérité à livrer. «Jean-Marie est évidemment triste, c'est le chagrin d'un fils qui perd sa mère malgré les difficultés très intenses qui ont pu exister entre eux à un moment donné», a déclaré à l'AFP Me Thierry Moser, avocat des parents de Grégory. «Je pense que Monique savait certaines choses en ce qui concerne le crime de Grégory, elle aurait pu faire certaines révélations, mais elle ne l'a pas fait pour des raisons qui lui appartiennent», a-t-il poursuivi, traduisant une certitude de son client.

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