Mort de Brian Dennehy, méchant de "Rambo"

Publié le par Paris Match par Clément Mathieu

L'acteur Brian Dennehy, célèbre pour son rôle de shérif salaud face Sylvester Stallone dans "Rambo", est mort à l'âge de 81 ans.

Brian Dennehy dans « Rambo » en 1982. CBS via Getty Images

Brian Dennehy dans « Rambo » en 1982. CBS via Getty Images

Il était l’une des « gueules » d’Hollywood. Carrure de déménageur, machoir carré, regard menaçant... son physique l'avait abonné aux rôles de dur et de méchant. C’est d’ailleurs dans celui du shérif salaud de « Rambo » que le grand public l'avait découvert, pour ne plus jamais l’oublier. Mais Brian Dennehy, disparu mercredi, était bien plus qu’un sempiternel méchant. Si sa carrière sur les écrans, grand et petit, l’a souvent cantonné à des seconds rôles, c’est sur les planches que le comédien a montré l'étendue de son talent. Avec à la clef, deux Tony Awards et un Laurence Olivier Award, les « Molières » américains et britanniques.

La mort de Brian Dennehy a été annoncée jeudi soir par son agent. L'acteur s’est éteint chez lui, dans son Connecticut natal, d’une insuffisance cardiaque, sans rapport avec la pandémie de covid-19. « Charismatique, d'une générosité sans limites, il était un père et un grand-père fier et dévoué, il manquera à sa femme Jennifer, à sa famille et ses nombreux amis », a écrit sur Twitter sa fille Elizabeth, elle-même actrice. Brian Dennehy avait 81 ans.

Brian Dennehy dans la serie "Big Shamus, Little Shamus" en 1979. © CBS/Getty Images

Brian Dennehy dans la serie "Big Shamus, Little Shamus" en 1979. © CBS/Getty Images

Un shérif face à "Rambo", où l'Amérique face à ses démons du Vietnam

Avec ses 110 kilos pour 1,90 mètre, le jeune Dennehy s’était naturellement tourné vers le football américain -première ligne offensive, évidemment- avant de se bifurquer vers la comédie. À partir de 1977, il fait ses classes à la télévision, apparaissant dans « Kojak », « Dynastie », « Dallas »… Dans le même temps, il décroche de petits rôles au cinéma, et il lui faudra attendre 1982 pour se faire véritablement remarquer. Cette année-là, Brian Dennehy incarne le Shérif Will Teasle dans « Rambo ».

Dans le premier volet de la saga (de très loin le meilleur, devant les ridicules suites suintantes de testostérone…), le représentant des forces de l’ordre raccompagne le vétéran John Rambo, incarné par Sylvester Stallone, à la sortie de sa petite ville. C’est qu’on ne veut pas de vagabond comme lui, à Hope, Washington. Le personnage de Dennehy incarne alors cette Amérique humiliée par la défaite du Vietnam, embarrassée par ses crimes de guerre, et préfèrant détourner le regard du sort de ses anciens combattants. À force de provocations, le shérif autoritaire finira par relancer la machine à tuer Rambo, et mettre à feu et sa sang sa petite bourgade...

L’année suivante, on retrouve Brian Dennehy dans « Gorky Park » face à William Hurt et Lee Marvin. En 1985, il change de registre, en incarnant le sympathique leader de la bande d'extra-terrestres lumineux de « Cocoon ». Au long de sa carrière faite presque exclusivement de seconds rôles, il apparaîtra dans « Silverado », « Présumé Innocent » d'Alan J. Pakula avec Harrison Ford, le « Roméo + Juliette » de Baz Luhrmann, et plus récemment dans le « Knight of Cups » de Terrence Malik au cinéma ; et à la télévision dans « Deux flics à Miami », « À la Maison Blanche », « 30 Rock », et plus récemment dans « Blacklist ».

Dennehy, grand interprète du théâtre classique américain

Brian Dennehy interprétant "White Rabbit Red Rabbit" sur la scène du Westside Theatre de New York, le 28 mars 2016. Bruce Glikas/Getty Images

Brian Dennehy interprétant "White Rabbit Red Rabbit" sur la scène du Westside Theatre de New York, le 28 mars 2016. Bruce Glikas/Getty Images

Ses premiers rôles, Brian Dennehy va les trouver au théâtre. Sa carrière sur les planches a commencé au tournant des années 1990, et l'acteur a fait ses début à Broadway en 1995. En 1999, son interprétation de Willy Loman dans « Mort d’un commis voyageur » lui vaut son premier Tony, puis un Laurence Olivier Award lors du passage de la pièce dans le West End. Classique de la dramaturgie américaine, le rôle lui vaudra également un Golden Globe, dans l’adaptation de la pièce d'Arthur Miller sur la chaîne télévisée Showtime.

En 2003, Brian Dennehy décroche un second Tony Award, pour son interprétation dans la pièce d'Eugene O'Neill « Le Long Voyage vers la nuit », sous la direction de son grand ami Robert Falls. Comme pour « Mort d’un commis voyageur », la pièce avait été montée au Goodman Theatre de Chicago. La « Windy City » avait la préférence de l’humble Brian Dennehy, car contrairement à l’infernale Broadway, avait-il confié au « Hollywood Reporter », « je peux me retrouver avec des gens rationnels, qui gagnent 50 000 dollars par an, vivent dans des maisons, ont des enfants, paient leurs impôts, et vont au supermarché ».

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