Anise Postel-Vinay, figure de la Résistance, est décédée à l’âge de 97 ans

Publié le par 20 Minutes avec agences

DECES Anise Postel-Vinay s’est engagée adolescente dans la Résistance, encouragée par sa mère 

Anise Postel-Vinay a été déportée en train en octobre 1943 au camp de concentration de Ravensbrück (illustration). — GERARD JULIEN / AFP

Anise Postel-Vinay a été déportée en train en octobre 1943 au camp de concentration de Ravensbrück (illustration). — GERARD JULIEN / AFP

La résistante Anise Postel-Vinay, déportée en Allemagne avec Germaine Tillion lors de la Seconde Guerre mondiale, est décédée de vieillesse, dimanche, à Paris. Elle avait 97 ans, a-t-on appris ce mardi auprès de sa famille.

« Ces femmes résistantes ont eu des vies extrêmement riches, leur combat ne s’est pas arrêté en 1945 et notre rôle est de le continuer », a déclaré à l’AFP Geneviève Zamansky-Bonnin, secrétaire générale de l’Association Germaine Tillion et proche de la défunte.

Arrêtée par la Gestapo en 1942

Née le 12 juin 1922 à Paris, Anise Postel-Vinay s’engage adolescente dans la Résistance, encouragée par sa mère, et fournit des renseignements militaires au sein du réseau Gloria SMH (His Majesty Service), selon le Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon.

En août 1942, elle est arrêtée par la Gestapo pour faits de résistance, alors qu’elle n’a que 19 ans. D’abord incarcérée à la prison de la Santé puis à Fresnes, elle est ensuite déportée en train en octobre 1943 au camp de concentration de Ravensbrück, en Allemagne, aux côtés de la résistante Germaine Tillion et de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, nièce du Général.

« J’étais très déprimée parce que je n’avais pas eu le courage de m’évader. Dans le train de voyageurs où nous étions assises, Germaine m’a fait parler et permis d’oublier mon sentiment de lâcheté », confiait-elle en 2015 au magazine Le Pèlerin.

« J’avais 20 ans, Germaine 35 ans, elle m’a tirée de la détresse qui me menaçait », avait-elle également déclaré en 2014 à l’AFP, à l’occasion d’un hommage présidentiel à la Résistance. « Nous vivions dans la terreur, la détresse, dans cet endroit de mort », dira-t-elle notamment au sujet de la déportation.

Un livre en 2015 sur son quotidien en déportation

Elle est libérée le 23 avril 1945 par la Croix-Rouge suédoise. A la Libération, elle s’engage avec Germaine Tillion dans l’écriture de l’histoire de la déportation. Le 6 juin 1946, elle épouse le résistant André Postel-Vinay, haut-fonctionnaire avec qui elle aura quatre enfants.

Anise Postel-Vinay, dont la famille était originaire du Doubs, a beaucoup œuvré pour le don des archives de Germaine Tillion au musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon, où elle restera « une de nos témoins les plus fidèles », selon la direction.

« En 2009, elle était venue déposer le manuscrit de l’opérette écrite clandestinement à Ravensbrück par Germaine Tillion en octobre 1944 Le Verfügbar aux Enfers, une des pièces maîtresses de notre collection », a souligné la direction du musée.

La résistante a publié en 2015 avec Laure Adler Vivre, récit de son quotidien en déportation.

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