Anise Postel-Vinay : «Germaine Tillion était une personne généreuse»

Publié le par Le Figaro par Alicia Paulet

Invitée sur France Inter, la résistante, auteur du livre intitulé Vivre, s'est exprimée à l'occasion de l'entrée, ce mercredi, au Panthéon de deux de ses amies internées, comme elle, au camp de concentration de Ravensbrück.

Anise Postel-Vinay a côtoyé Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz dans le camp de concentration de Ravensbrück, en Allemagne.

Anise Postel-Vinay a côtoyé Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz dans le camp de concentration de Ravensbrück, en Allemagne.

Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz entrent, aujourd'hui, au Panthéon. Anise Postel-Vinay a côtoyé ces deux femmes dans le camp de concentration de Ravensbrück. À 93 ans, la résistante n'a rien oublié et témoignait, ce mercredi matin, au micro de Léa Salomé sur France Inter.

C'est dans le train qui l'emmène en Allemagne, en octobre 1943, qu'elle fait la connaissance de Germaine Tillion. L'auteur du livre intitulé Vivre raconte cette première rencontre mémorable. «Elle a tout de suite senti que tous les femmes présentes dans notre wagon avaient pour la plupart laisser leur enfants à Paris et par conséquent avaient le moral très bas. Instinctivement, elle trouvait une plaisanterie, une histoire, un ton qui dépassait le présent et ramenait un peu d'espoir», confie la résistante. «C'était une personne généreuse et qui, sous ses airs sereins et rieurs, avait une force de caractère extraordinaire», ajoute-t-elle.

Durant sa détention dans le camp de Ravenbrück, Anise Postel-Viney côtoie la nièce du général de Gaulle. «Ce qui était tragique, c'est qu'on la voyait de plus en plus malade, de plus en plus grise. Elle était atteinte, il me semble, d'une infection de la cornée. Elle ne voyait presque plus. Elle travaillait dans un atelier dirigé par un SS particulièrement sadique», se remémore la résistante. «Nous savions que Geneviève était en grand danger car le SS était capable de battre une femme et de la piétiner jusqu'à qu'elle meurt».

Pour elle, cette douloureuse période ne peut s'effacer: «Nous vivions dans la terreur, la détresse, dans cet endroit de mort. (...) Il faut être honnête, c'est compliqué d'oublier, on reste hanter à vie». Anise Postel-Vinay explique dans son livre, Vivre, qui sortira prochainement aux éditions Grasset, que des chercheurs découvrent encore maintenant des traces sur les expérimentations des SS pour tuer. «Cette frénésie de la mort venait directement d'Hitler. Il était un homme qui ne rêvait que de mort», conclut-elle.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article