Dabadie Jean-Loup

Publié le par Mémoires de Guerre

Jean-Loup Dabadie, né le 27 septembre 1938 dans le 14e arrondissement de Paris et mort le 24 mai 2020 dans la même ville est un homme de lettres français. Journaliste, romancier, auteur de sketches et de chansons, auteur et metteur en scène dramatique, traducteur, scénariste et dialoguiste, il est élu à l'Académie française le 10 avril 2008 au fauteuil de Pierre Moinot. 

Dabadie Jean-Loup
Dabadie Jean-Loup

Jeunesse

Fils de Marcel Dabadie (né le 10 février 1913), qui fut aussi parolier (Maurice Chevalier, Julien Clerc, Les Frères Jacques), Jean-Loup Dabadie voit le jour à Paris en 1938. Il passe son enfance à Grenoble chez ses grands-parents, puis poursuit ses études au lycée Janson-de-Sailly puis au lycée Louis-le-Grand. Étudiant en lettres à Paris, le jeune homme se passionne pour l’écriture. En 1957, à dix-neuf ans, Jean-Loup Dabadie publie son premier roman, intitulé Les Yeux secs, aux éditions du Seuil, suivi l’année suivante par Les Dieux du foyer. Pendant ses débuts de romancier, le jeune auteur amorce une carrière de journalisme grâce à Pierre Lazareff, dirigeant de Candide. Au cours de cette période, il collabore à la création de la revue Tel quel, avec Philippe Sollers et Jean-Edern Hallier, et il écrit des critiques de films et des reportages pour Arts. 

Sketches, télévision, cinéma et théâtre

Déjà fort occupé, Jean-Loup Dabadie écrit dès 1962 pour la télévision. Il fait alors équipe avec Jean-Christophe Averty et Guy Bedos pour les émissions produites par Michèle Arnaud (Histoire de sourire et Les Raisins verts). Vient, ensuite, le temps du service militaire, pendant lequel Jean-Loup est affecté dans un régiment de parachutistes à Tarbes. Sous-lieutenant à Saumur, école de Cavalerie avec le capitaine Shiffer escadron 502A. Au cours de son service, l’auteur envoie quelques sketches à Guy Bedos, dont Bonne fête Paulette et Le boxeur. Peu après, en 1963, alors que Jean-Loup regarde la télévision, il le voit interpréter ses deux sketches. Cette nouvelle collaboration donnera naissance aux sketches : Monsieur Suzon, Un jeune homme de lettres, Dernier dans la première.

Jean-Loup Dabadie amorce, pendant les années soixante, une carrière de scénariste. Il collabore, au fil des années, avec les réalisateurs français Claude Sautet (Les choses de la vie, César et Rosalie, Une histoire simple), Yves Robert (Clérambard, Salut l’artiste, Un éléphant ça trompe énormément, Nous irons tous au paradis), Claude Pinoteau (Le Silencieux, La Gifle, La Septième Cible), et François Truffaut (Une belle fille comme moi, 1972). La carrière de Jean-Loup Dabadie également marquée par le théâtre. Il a signé plusieurs pièces dont La Famille écarlate (1967), Le Vison voyageur (1969), Madame Marguerite (1974) et Double mixte (1986). 

Parolier prolifique

En 1967, il écrit, sur une musique de Jacques Datin qu’il considère comme son parrain, Le petit garçon pour Serge Reggiani. L’interprète enregistrera pendant sa carrière plusieurs titres signés Dabadie : Et puis (1968), De quelles Amériques (1970), L’Italien (1971), Hôtel des voyageurs (1972), Les mensonges d’un père à son fils (1972), Le vieux couple (1972). Régine, qui se lance dans la chanson, se cherche un répertoire (elle a chanté Gainsbourg et Frédéric Botton). En 1968, elle enregistre une chanson de Dabadie : Il m’a laissé deux cigarettes. Puis en 1969, L’accident et en 1970, Les filles de la rue d’Amérique. Enfin, en 1978, Jean-Loup Dabadie écrira pour elle : Moi mes histoires. Il compose deux chansons pour Michel Polnareff en 1969 : Tous les bateaux, tous les oiseaux et Ring a ding. Cette collaboration se poursuit tout au long de la décennie : Dans la maison vide (1970), Holidays (1972), On ira tous au paradis (1972), Lettre à France (1977), Jour après jour, Nos mots d’amour.

Mireille Mathieu chante également Jean-Loup Dabadie, avec plus ou moins de succès : C’est la vie mais je t’aime (1970), Pour toi (1970), L’homme qui sera mon homme (1971) et C’était dimanche (1972). Il compose pour Claude François : Je danse (1971) et Nina nana (1972). Parmi les autres interprètes de chansons composées par Jean-Loup Dabadie à cette époque, on citera : Marcel Amont (Dagobert, 1970, L’école), Michèle Arnaud (La maison), Barbara (Marie-Chenevance, 1971), Dalida (Le clan des Siciliens, 1970), Juliette Gréco (Ta jalousie, 1974), Marie Laforêt (La ballade de Clérambard) et Dominique Walter (Les années 1970, 1969, L’enfant sur la montagne). En 1974, il écrit un texte non chanté pour Jean Gabin, Maintenant je sais, mis en musique par Philip Green. Au milieu des années 1970, Jacques Dutronc, qui diversifie ses auteurs, collabore avec Jean-Loup Dabadie : J’comprends pas (1975) et Mais surtout sentimentale (1975). Petula Clark interprète Dans la ville, en 1973. Pour Nicole Croisille, il écrit La femme et l’enfant en 1977, puis David, et Au revoir et merci.

À la même époque, Julien Clerc amorce un virage et a besoin de nouveaux paroliers. En 1976, Jean-Loup lui écrit la chanson Le cœur trop grand pour moi et, en 1978, Ma préférence, qui deviendra un classique du répertoire de l'interprète. La collaboration entre Julien Clerc et Jean-Loup Dabadie donnera notamment naissance au fil des années à : L’assassin assassiné (1980), Femmes, je vous aime (1982), Je suis mal et Elle danse ailleurs (1997), entre autres. Au début des années 1980, Robert Charlebois, qui amorce lui aussi un virage dans sa carrière, se tourne vers Dabadie : Nuage no 9 (1979), Meurs pas (1982), Les chiffres parlent (1982). Pendant cette période, l’auteur signe également les dernières chansons d’Yves Montand (L’addition, 1980, Valentin). Johnny Hallyday ajoute des chansons de Jean-Loup Dabadie à son répertoire, dont J’ai épousé une ombre (1983).

Il compose L’homme au bras fermés pour Alice Dona (1980). Puis pour Sacha Distel (Donne-moi la main encore, 1982), Patrick Juvet (Rêves immoraux, Le saturnien, 1982) et Nicoletta (Un homme, 1981). Pour Michel Sardou, il compose : Chanteur de jazz (1985), L’acteur (1987), Tous les bateaux s’envolent (1987), Féminin comme, Salut, Road book... Il écrit pour les enfants (Petit bateau, 1997 par Sylvie Vartan). Richard Cocciante, qui avait déjà interprété Jean-Loup Dabadie, enregistre Être aimé, en 1993. La même année, l’auteur écrit Tout le temps, tout le temps pour Elsa. D’autres interprètes ont jalonné sa carrière de parolier, dont Didier Barbelivien, Liane Foly (avec La Chanson d'Hélène que chantent Romy Schneider et Michel Piccoli dans le film Les Choses de la vie, Jesse Garon (La bicyclette bleue) et Henri Salvador. 

Famille

Il est marié pendant 20 ans avec Marie Dabadie, ancienne administratrice de l'Académie Goncourt. Le couple a deux enfants. Séparé de Geneviève Dormann, marié depuis le 20 décembre 1997 avec Véronique Bachet, il a eu trois enfants de précédents mariages : Clémentine, Clément et Florent. Florent Dabadie est un présentateur et reporter de télévision et radio au Japon, après avoir été l'interprète de Philippe Troussier lorsqu'il était entraîneur de l'équipe du Japon de football de 1998 à 2002. Clémentine Dabadie est productrice de télévision. 

Mort

Il meurt à 81 ans le 24 mai 2020 à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. 

Distinctions

  • Commandeur de la Légion d'honneur
  • Officier de l'Ordre national du Mérite
  • Commandeur des Arts et des Lettres
  • 1972 : Prix Jean Le Duc de l'Académie française pour César et Rosalie
  • 1974 : Prix Jean Le Duc de l'Académie française pour La Gifle
  • Césars 1977 : nomination pour le César du meilleur scénario original ou adaptation pour Un éléphant ça trompe énormément
  • Césars 1978 : nomination au César du meilleur scénario original ou adaptation pour Nous irons tous au paradis
  • Césars 1979 : nomination au César du meilleur scénario original ou adaptation pour Une histoire simple
  • 1983 : Grand prix du cinéma de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre
  • 1984 : Grand prix (humour) de la SACEM
  • Molières 1987 : Molière de l'adaptateur pour Deux sur la balançoire
  • Molières 1990 : nomination au Molière de l'adaptateur pour Quelque part dans cette vie
  • 2000 : Grand prix de la chanson française (parolier) de la SACEM
  • 2004 : Prix Raymond Devos de la langue française
  • 2004 : Prix Henri Jeanson de la SACD pour l'ensemble de son œuvre
  • 2009 : Victoire de la musique d'honneur pour l'ensemble de sa carrière
Dabadie Jean-Loup

Filmographie

Jean-Loup Dabadie est scénariste, sauf mention particulière.

Théâtre

Auteur

  • 1967 : La Famille écarlate de Jean-Loup Dabadie, mise en scène Gérard Vergez, théâtre de Paris
  • 1988 : D'Artagnan, texte du spectacle de Jérôme Savary
  • 1993 : Je ne suis pas un homme facile de Jean-Loup Dabadie
  • 2004 : Fans, je vous aime ! de Pierre Palmade, Henri Mitton, Jean-Loup Dabadie, Sylvie Joly, mise en scène Bruno Agati, Alex Lutz, théâtre des Mathurins

Adaptation

  • 1969 : Le Vison voyageur de Ray Cooney et John Chapman, mise en scène Jacques Sereys, théâtre du Gymnase
  • 1972 : Le Légume de Francis Scott Fitzgerald
  • 1974 : Madame Marguerite de Roberto Athayde, mise en scène Jorge Lavelli, théâtre Montparnasse
  • 1985 : Deux sur la balançoire de William Gibson, mise en scène Bernard Murat, théâtre de l'Atelier, (Molière du meilleur adaptateur d'une pièce étrangère 1987)
  • 1986 : Double mixte de Ray Cooney, mise en scène Pierre Mondy, théâtre de la Michodière
  • 1990 : Quelque part dans cette vie d'Israël Horovitz, adaptation et mise en scène Jean-Loup Dabadie, théâtre des Bouffes-Parisiens
  • 1999 : Comédie privée de Neil Simon
  • 2002 : Même heure l'année prochaine... de Bernard Slade
  • 2006 :Deux sur la balançoire de William Gibson, mise en scène Bernard Murat, théâtre Édouard VII

Chanson

Pour Marcel Amont

  • 1970 : Dagobert
  • 1976 : L'École

Pour Michèle Arnaud

  • La Maison

Pour Barbara

  • 1971 : Marie-Chenevance

Pour Didier Barbelivien

Pour Gérard Berliner

Pour Isabelle Boulay

Pour Robert Charlebois

  • 1979 : Nuage no 9
  • 1982 : Meurs pas — Les chiffres parlent

Pour Petula Clark

  • 1973 : Dans la ville

Pour Julien Clerc

  • 1976 : sur l'album À mon âge et à l'heure qu'il est : À la fin je pleure — Je suis mal — Le Cœur trop grand pour moi
  • 1977 : Partir — Angèle
    • sur l'album Enregistrement public au Palais des sports : Partir
    • sur l'album Jaloux : Les Amours sans larmes — Ma préférence
  • 1980 :
  • sur l'album Clerc Julien : Cette personne — Ma dou dou — Confidence — Les Oiseaux dans les arbres — Tu me manques
    • sur l'album Sans entracte : Elle faisait la la la — L'Assassin assassiné — Les mots qui dansent
  • 1982 : sur l'album Femmes, Indiscrétion, Blasphème : À son cou, à ses genoux — Femmes... je vous aime — Quelle heure est-île Marquise
  • 1984 : sur l'album Aime-moi : Aime-moi — Respire — Tant d'amour
  • 1987 : sur l'album Les Aventures à l'eau : Blonde et en colère — Style Ming
  • 1996 : La P'tite Liqueur de ton cœur
  • 1997 : sur l'album Julien : On peut rêver - Elle danse ailleurs
  • 2005 : sur l'album Double Enfance : Quel jeu elle joue
  • 2009 : sur l'album Inédits 68-97 : Bande originale pub Citroën
  • 2011 : sur l'album Fou, peut-être : Le Temps d'aimer

Pour Richard Cocciante

  • 1986 : Le Mot France
  • 1993 : Être aimé

Pour Nicole Croisille

  • 1977 : La Femme et l'Enfant
  • 1978 : Au revoir et merci
  • David

Pour Dalida

  • 1970 : Le Clan des Siciliens

Pour Sacha Distel

  • 1982 : Donne-moi la main encore

Pour Alice Dona

  • 1980 : L'Homme aux bras fermés

Pour Jacques Dutronc

  • 1975 : J'comprends pas — Mais surtout sentimentale

Pour Elsa

  • 1993 : Tout le temps, tout le temps

Pour Liane Foly

  • La Chanson d'Hélène
  • La Bicyclette bleue

Pour Claude François

  • 1971 : Je danse
  • 1972 : Nini Nana

Pour Jean Gabin

  • 1974 : Maintenant, je sais

Pour Jessé Garon'

  • 1988 : Être jeune

Pour Juliette Gréco

  • 1974 : Ta jalousie

Pour Johnny Hallyday

  • 1983 : J'ai épousé une ombre

Pour Patrick Juvet

  • 1982 : Rêves immoraux — Le Saturnien

Pour Marie Laforêt

  • La Ballade de Clérambard

Pour Mireille Mathieu

  • 1970 : C'est la vie mais je t'aime — Pour toi
  • 1971 : L'Homme qui sera mon homme
  • 1972 : C'était dimanche

Pour Enrico Macias

  • 2003 : sur l'album Oranges amères de 2003 : Le Voyage — La Rumeur

Pour Nana Mouskouri

  • 2002 : pour l'album Fille du soleil

Pour Yves Montand

  • 1980 : L'Addition
  • Valentin

Pour Nicoletta

  • 1981 : Un Homme

Pour Michel Polnareff

  • 1968 : Jour après jour — Pourquoi faut-il se dire adieu ? — Ring-a-ding — J'ai du chagrin Marie — L'Affreux Jojo
  • 1969 : Tous les bateaux, tous les oiseaux — Dans la maison vide
  • 1970 : Un train ce soir — Avec Nini
  • 1971 : Ça n'arrive qu'aux autres — Né dans un ice-cream — Petite petite — Nos mots d'amour — À minuit, à midi
  • 1972 : Holidays — On ira tous au Paradis — Je cherche un job
  • 1977 : Lettre à France — Mademoiselle de
  • 1978 : Une histoire lamentable — J'ai tellement de choses à dire

Pour Serge Reggiani

  • 1967 : Le Petit Garçon
  • 1968 : Et puis
  • 1970 : De quelles Amériques
  • 1971 : L'Italien
  • 1972 : Hôtel des voyageurs — Les Mensonges d'un père à son fils — Le Vieux Couple
  • 2002 : Le Temps qui reste, album collectif Autour de Serge Reggiani
  • La Chanson de Paul

Pour Régine

  • 1968 : Il m'a laissé deux cigarettes
  • 1969 : L'Accident
  • 1970 : Les Filles de la rue d’Amérique
  • 1978 : Moi mes histoires

Pour Henri Salvador

Pour Michel Sardou

  • 1981 : Les Mamans qui s'en vont — Mauvais homme
  • 1984 : Parce que c'était lui parce que c'était moi
  • 1985 : Chanteur de jazz
  • 1987 : L'Acteur — Tous les bateaux s'envolent
  • Féminin comme — Salut — Road book
  • "Maman ? (sketch avec Jacky Sardou)

Pour Sylvie Vartan

  • 1997 : Petit Bateau

Pour Dominique Walter

  • Les années 1970 — L'Enfant sur la montagne
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