Histoire d’actu. La persécution des juifs, à travers des destins, notamment d’Elbeuviens

Publié le par Paris-Normandie

Exposition. « Ports d’exil, Ports d’attache, destinées juives pendant la Seconde Guerre mondiale » part des archives locales de trois villes, Elbeuf, Marseille et Montréal, pour raconter, plus concrètement, la grande Histoire à travers des destins individuels. 

Visite des maires de Normandie au chef de l’État Philippe Pétain à Vichy vers 1942. À gauche, René Lebret maire d’Elbeuf (Crédit photo : RMM. Fabrique des savoirs, Archives patrimoniales).

Visite des maires de Normandie au chef de l’État Philippe Pétain à Vichy vers 1942. À gauche, René Lebret maire d’Elbeuf (Crédit photo : RMM. Fabrique des savoirs, Archives patrimoniales).

À Elbeuf, la mécanique administrative du gouvernement de Vichy applique, au niveau local, des mesures émanant des autorités allemandes. Les lois anti-juives de Vichy promulguées en 1940 les excluant de certains métiers s’appliquent à la petite commune normande comme ailleurs et l’« aryanisation » économique contraint Ernest Blin, fondateur de l’usine de draps de laine Blin et Blin basée à Elbeuf, à remettre son entreprise à son ami Charles Bedeaux.

« Nous souhaitions mettre en avant les sources archivistiques d’Elbeuf, des documents d’époque de première main qui permettent d’expliquer la machine qui s’est mise en route, explique Marie Sanchez, directrice de la Fabrique des savoirs d’Elbeuf, conservatrice en chef du patrimoine et cheffe de projet de ce projet d’expositions virtuelle. Ces exemples précis montrent comment cette mécanique a touché des gens dans leur vie quotidienne. »

L’exposition est présente depuis le 15 mai sur le site www.expositionsvirtuelles.fr, créé depuis un an par la Réunion des Musées Métropolitains de Rouen Normandie pour développer ce type d’approche. « Ces archives conservées à Elbeuf montrent à la fois la situation caractéristique d’une petite commune de zone occupée et les destinées individuelles, en particulier celle de Sarah Rotmentz, une ouvrière de l’usine Blin et Blin (NDLR : dont les murs abritent aujourd’hui la Fabrique des Savoirs), présente Sylvain Amic, directeur de la Réunion des Musées Métropolitains de Rouen Normandie et l’un des commissaires généraux de l’exposition. La correspondance de cette ouvrière à une amie à laquelle elle a écrit jusqu’à sa déportation au camp de concentration de Sobibor, est une véritable pépite. Il y a, à la fois, la grande histoire avec tout l’appareil administratif répressif qui se met en place et l’histoire individuelle d’une personne ballottée par tous ces événements et qui va y laisser tragiquement la vie. » Ces documents, déjà accessibles par des classes scolaires ou le public au sein du Département Archives de la Fabrique des Savoirs, ont vocation à devenir, grâce à cette exposition, un outil disponible de façon permanente avec l’accompagnement d’une exposition habituelle, à savoir les développements d’un médiateur sur certains aspects.

Cette exposition a été développée avec trois autres musées, le musée d’Histoire de Marseille, ainsi que le musée des Beaux-Arts de Montréal associé au musée de l’Holocauste Montréal.

« Ces coopérations ont permis de montrer d’une part la zone occupée avec Elbeuf et, d’autre part, la zone libre avec Marseille, précise Sylvain Amic. Montréal est alors une terre d’exil, au bout de la route de ceux qui ont réussi à fuir et ont pu ainsi recommencer une vie. Leurs donations aux musées de Montréal attestent de leurs parcours ». Des clichés donnent notamment à voir la destruction complète du quartier marseillais Saint-Jean lors de l’opération Sultan au début de 1943, tout comme des parcours singuliers et des reproductions d’œuvres d’art restituées à leurs propriétaires à Montréal après la guerre témoignent de l’Histoire.

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article