Jackie Kennedy et Lee Radziwill : les sœurs ennemies

Publié le par Paris Match par Gilles Martin-Chauffier

Stéphanie des Horts raconte les relations électriques entre Jackie Kennedy et Lee Radziwill, deux rivales qui ont toujours su fourbir leurs charmes. Une passionnante relation glamour-haine.

Lee Radziwill et Jackie Kennedy en Italie, en 1962. Benno Graziani

Lee Radziwill et Jackie Kennedy en Italie, en 1962. Benno Graziani

C’est un livre fait pour les époques confinées. De chapitre en chapitre, on bronze. On est à Gstaad, à Saint-Moritz, à Rapallo, à Martha’s Vineyard… Je ne parle pas des premières pages à Long Island. A part le sous-sol de l’Arabie, il n’y a pas plus riche que les gazons de cet immense jardin de campagne de Manhattan. C’est là que commence le parcours des héroïnes, deux New-Yorkaises. Leur vie s’annonce longue comme un tapis rouge. Jackie est l’aînée. Lee la suit quatre ans plus tard. La première est carrée, tout en force, belle et froide. Sous son casque de cheveux noirs, ses yeux écartés lui donnent le regard hypnotique d’une déesse inca. La seconde est une liane, aérienne, fine, bien plus jolie. Dès le début, l’histoire est écrite. L’aînée est forte, l’autre gracieuse. Jackie aura tout mais le charme sera pour Lee. De quoi être toutes les deux jalouses pour l’éternité. Sans que jamais l’une ne puisse se passer de l’autre.

Inutile de dire qu’elles étaient faites pour Stéphanie des Horts. Ce n’est pas le style de romancière à s’extasier devant des saintes humanitaires à sandales. Avec ses deux vahinés de l’Upper East Side, en revanche, son écriture légère comme l’alouette se régale. Leur vie est un château dont elles ne connaissent que le salon. Et pas question d’aller traîner dans les cuisines. Elles ne fréquentent que des milliardaires. Même chose pour leurs copines. Babe Paley, Pamela Harriman, Gloria Vanderbilt, Marella Agnelli… encore plus belles que leurs bijoux ! Quand on déjeune entre filles, c’est au Waldorff. Ensuite, elles retrouvent leurs palais de marbre avec ascenseur en acajou marchant à la manivelle.

Jackie Kennedy et Lee Radziwill : les sœurs ennemies

Evidemment, il y a l’épisode Maison-Blanche. Là, Jackie écrase la concurrence. Lee n’est devenue que princesse. Mais son mari la respecte. Tandis que Jack… Les pépés défilent. Et vite. « 52 secondes de pur bonheur », dira, dans un sourire, Angie Dickinson. Lee aurait-elle fauté ? Ce n’est pas impossible. C’est la vie. L’épisode Onassis, en revanche, tourne presque à la tragédie grecque. C’est que le vieux corsaire était la chasse gardée de Lee. Le caviar à la louche, les robinets en or, les glaïeuls dans les toilettes et Cézanne dans le dressing, ce rastaquouère était vraiment unique ! Et voilà Jackie qui fait main basse sur lui. Heureusement pour Lee, Peter va la consoler. Peter Beard, bien sûr. C’est l’amour fou. Quelque temps. Sous l’œil de Truman. Capote, bien sûr. Il est collé à ses pas comme un chewing-gum à ses escarpins. Il lui faut des ragots. Morale pour une fois, Stéphanie des Horts fronce un peu le sourcil. Pas longtemps. Elle préfère nous rappeler les meilleurs quand, par exemple, Jackie fait chauffer la carte bleue d’Ari jusqu’à ébullition puis renvoie ses achats et se fait rembourser en liquide. Ces deux femmes planent comme des cerfs-volants.

En ce moment, quand faire une folie c’est acheter deux baguettes, leur vie devient un vrai conte de fées. Avec Carabosse dans presque toutes les scènes. 

Publié dans Articles de Presse

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