Aux Invalides, au Mont-Valérien et à Londres : Emmanuel Macron célèbre le 80e anniversaire de l’appel du 18 juin

Publié le par Le Monde avec AFP

Pour son premier déplacement à l’étranger depuis le 27 février, le chef de l’Etat se rend dans la ville qui fut la capitale de la France libre.

Emmanuel Macron au Mont-Valérien, le 18 juin. LUDOVIC MARIN / AFP

Emmanuel Macron au Mont-Valérien, le 18 juin. LUDOVIC MARIN / AFP

Chant des partisans, lecture de l’appel du 18 juin, rencontre avec un Compagnon de la Libération : Emmanuel Macron a célébré, jeudi 18 juin, aux Invalides et au Mont-Valérien, les 80 ans du célèbre appel du général de Gaulle, en appelant à « ranimer les braises » des valeurs de la nation.

Il a assisté à la traditionnelle cérémonie militaire au mémorial du Mont-Valérien, à l’ouest de Paris, pour honorer la mémoire des quelque mille otages et résistants exécutés par les nazis pendant la deuxième guerre mondiale. La patrouille de France et les Red Arrows, la patrouille de la Royal Air Force, ont survolé le mémorial et les Invalides. 

Avec lui étaient présents le premier ministre, Edouard Philippe, et plusieurs membres du gouvernement, les présidents de l’Assemblée et du Sénat, ainsi que l’ex-chef de l’Etat Nicolas Sarkozy et la maire de Paris, Anne Hidalgo. C’est la première fois depuis la crise du coronavirus que se déroule une cérémonie militaire de grande ampleur, en présence de nombreuses personnalités, même si le public n’a pas été autorisé.

Le président de la République, Emmanuel Macron, et le premier ministre, Edouard Philippe, au Mont-Valérien, le 18 juin. LUDOVIC MARIN / AFP

Le président de la République, Emmanuel Macron, et le premier ministre, Edouard Philippe, au Mont-Valérien, le 18 juin. LUDOVIC MARIN / AFP

Avant de se rendre au Mont-Valérien, Emmanuel Macron a passé une heure au Musée de la Libération, à Paris, en compagnie d’Hubert Germain, 99 ans, l’un des quatre derniers Compagnons de la Libération encore vivants. « Nous nous devons d’être inspirés par cette force d’âme. Même quand l’amour de la patrie semble s’étioler (...) l’exemple du Général doit inspirer les jeunes générations. Ne cédez pas au désarroi et au doute. Les braises, on peut les ranimer et qu’elles flambent à nouveau », a-t-il déclaré à l’ancien résistant.

Légion d’honneur à la ville de Londres

Avec une délégation restreinte, le président de la République s’est ensuite envolé pour Londres pour rendre hommage à la ville qui fut la capitale de la France libre. Il s’agit de son premier déplacement à l’étranger depuis sa visite à Naples, le 27 février, pour un sommet italo-français.

Le prince Charles et Camilla accueillent Emmanuel Macron à Clarence House, à Londres, jeudi 18 juin. Jonathan Brady / AP

Le prince Charles et Camilla accueillent Emmanuel Macron à Clarence House, à Londres, jeudi 18 juin. Jonathan Brady / AP

Le président français a été reçu à Clarence House, résidence du prince Charles, héritier de la couronne britannique, et de son épouse, Camilla. En présence du prince Charles, M. Macron remettra la Légion d’honneur à la ville de Londres, la septième ville ainsi décorée après Alger, Belgrade, Brazzaville, Liège, Luxembourg et Volgograd.

Le chef de l’Etat terminera sa visite par un entretien avec le premier ministre, Boris Johnson, où les négociations du Brexit devraient être abordées. Cette visite intervient, en effet, alors que Londres et Bruxelles essaient de débloquer les négociations d’un accord sur la relation post-Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) après la fin de la période de transition le 31 décembre.

Ce déplacement est pour le chef de l’Etat le deuxième événement dans le cadre de « l’année de Gaulle » après la célébration, le 17 mai, du 80e anniversaire de la bataille de Montcornet (Aisne) et avant le 50e anniversaire de la mort du général à Colombey-les-Deux-Eglises, le 9 novembre.

Au lendemain de son arrivée à Londres, le général de Gaulle avait appelé les militaires, ingénieurs et ouvriers français à le rejoindre pour poursuivre la lutte contre l’Allemagne nazie, malgré l’armistice demandé par le maréchal Pétain. « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas », avait-il déclaré en concluant son intervention, le 18 juin 1940.

POOL / REUTERS

POOL / REUTERS

Emmanuel Macron n’est pas le seul à se revendiquer du général de Gaulle, en particulier comme le défenseur de la « souveraineté » de la France, un mot qu’emploie désormais toute la classe politique.

Jusqu’à Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (RN), dont le parti a pourtant longtemps combattu le général au nom de l’Algérie française, qui s’est rendue mercredi sur l’île de Sein pour commémorer l’appel, un jour à l’avance. Citant en exemple sa défense de l’indépendance de la France, la candidate déjà déclarée à la présidentielle de 2022 estime, désormais, que le RN est le véritable héritier des valeurs de De Gaulle.

Elle n’aura, cependant, pas réussi à rendre un hommage à de Gaulle jeudi, en même temps que celui du président de la République au Mont-Valérien. Devant l’hostilité du maire et d’habitants qui voulaient protester contre sa venue, elle a finalement avancé d’un jour son aller-retour sur l’île, où elle est discrètement arrivée sous quelques invectives et d’où elle est repartie deux heures plus tard après son discours, en Zodiac.

Les autres partis de droite eux aussi se revendiquent de De Gaulle, à commencer par Les Républicains (LR) pour qui le général est « l’ADN de notre famille », a expliqué le patron du parti, Christian Jacob, qui ira déposer une gerbe au Mont-Valérien. Et à gauche, on salue en de Gaulle un homme qui « n’a jamais adhéré à la main invisible du marché et préférait la planification », selon Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI).

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