Commémoration du Débarquement sans vétéran, les cloches sonneront partout à 18h44

Publié le par Le Parisien par Bertrand Fizel

Les commémorations du D-Day, le 6 juin 1944, seront limitées cette année en Normandie à cause de la crise sanitaire. Le cofondateur du Normandy Victory Museum à Carentan (Manche) a lancé l’idée de faire sonner les cloches du plus grand nombre d’églises possible ce samedi à 18h44…

Carentan (Manche), jeudi 4 juin 2020. Patrick Fissot (à gauche) et Nicolas Bellée sont les initiateurs des Cloches de la liberté, qui sonneront ce soir à 18h44, un peu partout dans le monde. LP/Bertrand Fizel

Carentan (Manche), jeudi 4 juin 2020. Patrick Fissot (à gauche) et Nicolas Bellée sont les initiateurs des Cloches de la liberté, qui sonneront ce soir à 18h44, un peu partout dans le monde. LP/Bertrand Fizel

« C'est incroyable, vraiment incroyable, qu'à partir d'une idée aussi simple, on puisse, par la pensée, unir des milliers de gens au même instant en Californie, en Belgique, à Paris ou en Normandie ! » Nicolas Bellée, cofondateur du Normandy Victory Museum à Carentan (Manche), n'en revient pas du succès de son initiative.

Il a en effet proposé il y a quelques semaines de faire sonner les cloches du plus grand nombre d'églises possible ce 6 juin à 18h44, en hommage aux soldats venus en Normandie libérer l'Europe du joug nazi. Et aujourd'hui, plus de 2000 communes dans le monde, en France bien sûr, mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, en Belgique, en Grande-Bretagne, se sont engagées à répondre à cette invitation et à faire sonner toutes ensemble les cloches de leur église!

Une commémoration en format réduit, pour la première fois

Il faut dire que pour la première fois depuis 1945, les commémorations du Débarquement, crise sanitaire oblige, se dérouleront en tout petit comité, réunissant tout au plus quelques officiels et représentants d'associations, au lieu des dizaines de milliers de personnes qui viennent habituellement se recueillir sur ces sites, à Sainte-Mère-Église, à Utah Beach (Manche), ou encore à Omaha Beach (Calvados).

Cette année, ils ne peuvent évidemment pas être là. Et c'est douloureux pour certains. A commencer par les vétérans eux-mêmes, de plus en plus rares, et dont la présence ici constitue un événement chaque fois plus précieux.

« Nous voulions donc trouver une solution pour que chacun puisse, malgré tout, partager ce moment, même à distance. C'est comme ça que m'est venue l'idée de ce symbole. Faire sonner les cloches dans le plus grand nombre de communes. On espérait que quelques-unes répondraient à l'appel. On sait aujourd'hui qu'elles seront plus de 2000 ! De partages de mails en réseaux sociaux, la proposition est devenue virale. On a reçu des engagements de Los Angeles, de San Diego, de différentes villes belges, anglaises et canadiennes. C'est fabuleux ! », s'enthousiasme Nicolas Bellée.

« Le devoir de mémoire est inscrit au fond de nous »

Stéphanie Colart, 37 ans, a justement entendu cet appel depuis Armentières (Nord) où elle vit. Passionnée d'histoire, elle l'a immédiatement relayé : « J'ai contacté le maire pour lui faire part de cette initiative. Et les cloches devraient donc sonner ici aussi ! Le devoir de mémoire est, à mon sens, inscrit au fond de chacun de nous. Et qu'il puisse y avoir comme ça une cohésion entre tous ceux qui entendront sonner les cloches près de chez eux, je trouve ça très beau. Vraiment. C'est l'occasion très particulière d'avoir, malgré le contexte sanitaire, une petite pensée à ce moment-là, où qu'on soit dans le monde, pour ceux qui ont donné leur vie pour notre liberté. »

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article