Décès de Jean Kennedy, la dernière membre de la fratrie Kennedy

Publié le par RTL par Philippe Corbé, édité par Sarah Ugolini

Jean Kennedy Smith, dernière membre vivante de la fratrie Kennedy et ancienne ambassadrice en Irlande, où elle a contribué à mettre fin au conflit nord-irlandais, est décédée à l'âge de 92 ans.

Décès de Jean Kennedy, la dernière membre de la fratrie Kennedy

La dernière de la fratrie Kennedy vient de disparaître à 92 ans. Il s'agit de Jean, la dernière fille de Joe et Rose Kennedy, qui ont eu 9 enfants. Il y a eu Joe Jr, John qui a été élu président il y a 60 ans, Rosemary, Kathleen, Eunice, Patricia, Robert, et le benjamin Edward, que tout le monde surnommait Ted.

Jean a vu son frère aîné Joe Jr, l’héritier, pilote de l’US Navy, mourir pendant l’été 44 dans l’explosion de son avion près de la cote anglaise. Elle a vu son père reporter ses ambitions politiques sur son frère John, devenu président, assassiné en 1963. Puis sur son frère Robert, lui aussi assassiné en 1968, alors qu’il s’apprêtait à être désigné candidat du parti démocrate pour la présidentielle. 

Son petit frère Ted n’a jamais gagné la primaire du parti, malgré plusieurs tentatives, mais a été pendant des décennies l’un des sénateurs les plus influents, jusqu’en 2008. Pendant ce temps là, Jean a mené la vie agréable de la grande bourgeoisie, l’été à Martha’s Vineyard dans le Massachusetts,et puis les soirées chics et les galas de charité à Manhattan.

C’est elle qui a présenté Jackie à son frère John

Elle était mondaine, connaissait beaucoup de monde, et c'est d’ailleurs elle qui a présenté une de ses amies, Jacqueline Bouvier, Jackie à son frère John. C'est elle qui a aussi présenté ses frères Robert et Ted à leurs épouses. Elle a donc mené une vie loin de de la politique. On ne peut pas dire qu’elle a été portée par le vent de l’histoire comme ses frères pendant la plus grande partie de sa vie. En tout cas jusqu’à ce qu’elle devienne veuve. 

En 1993, à 65 ans, elle convainc son frère Ted, sénateur, de demander au nouveau Président Clinton de la nommer comme ambassadrice à Dublin, en Irlande, la terre de leurs ancêtres. Cette nomination a fait grincer des dents au département d’état, ce n’est pas exceptionnel, mais tout de même, les diplomates levaient les yeux au ciel. Pourtant son inexpérience lui a permis d’être audacieuse. 

Elle s’est mise en tête de rencontrer Gerry Adams, le chef du Sinn Fein, la branche armée de l’IRA. À l’époque le conflit en Irlande du Nord était encore brûlant. Adams était vu comme un terroriste par les protestants d’Irlande du Nord. L’initiative de la sœur de l’ancien président a scandalisé Londres, embarrassé Washington, mais son aura Kennedy en Irlande a été déterminant.

Elle a conduit à un cessez-le-feu en Irlande

Ça a changé la nature du conflit car son instinct était le bon, elle est devenue la meilleure alliée de Gerry Adams. Elle lui a accordé un visa, pour qu’ils se rende aux États Unis, ce qui a conduit à un cessez-le-feu en Irlande. Elle a plus tard convaincu le Président Clinton de le recevoir, ce qui a donné de la crédibilité au Sinn Fein et fait avancer les négociations qui ont abouti en 1998 aux accords de paix du Vendredi Saint. 

Alors le culot de Jean Kennedy n’a été qu’un élément parmi d’autres, mais au fond elle a eu plus de flair historique que son père, Joe, qui était ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni entre 1938 et 1940, toute la famille vivait alors à Londres. Le père Kennedy plaidait lui pour un rapprochement avec l’Allemagne nazie.

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