Décès de l'écrivain royaliste Jean Raspail, auteur du roman "Le Camp des saints"

Publié le par France 24 avec AFP

L'écrivain royaliste, Jean Raspail, auteur notamment du sulfureux "Le Camp des saints", un roman imaginant avec effroi l'arrivée d'un million de migrants sur la Côte d'Azur, est décédé samedi à quelques jours de son 95e anniversaire, a-t-on appris auprès de son éditeur et de son fils. 

L'écrivain français Jean Raspail à l'intérieur du tribunal correctionnel de Paris, le 16 septembre 2005. Damien Meyer, AFP

L'écrivain français Jean Raspail à l'intérieur du tribunal correctionnel de Paris, le 16 septembre 2005. Damien Meyer, AFP

L'écrivain royaliste, Jean Raspail, est décédé samedi 13 juin. Hospitalisé à l'hôpital Henry-Dunant à Paris, l'écrivain, catholique traditionnaliste, avait reçu vendredi les derniers sacrements. Il est "mort paisiblement entouré des siens", a indiqué son fils Quentin à l'AFP.

Jean Raspail était hospitalisé depuis la fin décembre et, en raison de l'épidémie de Covid-19, sa famille n'a pas pu le voir jusqu'à ces derniers jours. "Cette situation a touché beaucoup de familles et c'est vraiment horrible", a confié le fils de l'écrivain.

Admiré par les uns, décrié par les autres, l'écrivain qui s'était autoproclamé "consul général" de Patagonie se défendait d'être d'extrême droite, se définissant comme "royaliste", "homme libre, jamais inféodé à un parti".

Il reconnaissait cependant être bien "ultraréactionnaire", "attaché à l'identité et au terroir" et farouchement opposé au "métissage".

"Le Camp des saints", "roman-culte" pour les uns et "raciste" pour les autres

Auteur de plusieurs dizaines de livres, lauréat du Grand prix du roman de l'Académie française (en 1981) pour "Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie" et du prix du Livre Inter (en 1987) pour "Qui se souvient des hommes...", il restera comme l'auteur du roman "Le Camp des saints", un livre sans cesse réédité depuis sa parution en 1973.

Salué comme un "roman-culte" par la mouvance nationaliste, qualifié de "raciste" par les autres, "Le camp des saints" imagine l'arrivée, une nuit, sur les côtes du sud de la France, de cent navires à bout de souffle chargés d'un million d'immigrants.

Ils sont l'avant-garde d'un Tiers-monde qui se réfugie en Occident pour y trouver l'espérance. Face à cela, que faire ? C'est ce choc que raconte le livre, tandis que l'auteur s'interroge : "Y a-t-il un avenir pour l'Occident?".

"C'est un livre surprenant. Il a été long à écrire, mais il est venu tout seul. J'arrêtais le soir, je reprenais le lendemain matin sans savoir où j'allais. Il y a une inspiration dans ce livre qui est étrangère à moi-même. Je ne dis pas qu'elle est divine, mais étrange", confiait l'écrivain au Point en 2015.

Salué par Marine Le Pen, Bruno Retailleau et un mouvement monarchiste

Cette année-là, en pleine crise migratoire en Europe, la présidente du RN, Marine Le Pen, avait invité "les Français à lire ou relire le Camp des Saints". Samedi, Marine Le Pen a qualifié sur Twitter le décès de l'écrivain d'"immense perte pour la famille nationale".

À droite, le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, a salué le "poète-aventurier du rêve français et d'au-delà des mers".  Le mouvement monarchiste Action française a rendu hommage de son côté à "une vie au service de la France et des arts, au service de la monarchie".

Né en juillet 1925, Jean Raspail a d'abord connu une vie de bourlingueur avant de se consacrer à l'écriture.

Outre "Le camp des saints", il a écrit plusieurs romans d'aventures et récits de voyages dont "Terre de Feu-Alaska" (1952), "Le jeu du roi" (1976) ou "Pêcheurs de lunes" (1990). Il s'était pris de passion pour la Patagonie, royaume imaginaire dans les terres australes d'Amérique du Sud dont il s'était proclamé "consul général".

En 2019, à 94 ans, il avait publié deux romans : "Les Pikkendorff" (Albin Michel) et "La Miséricorde" (Les Equateurs), bref roman inspiré du terrible crime du curé d'Uruffe, dans les années 1950. Jean Raspail avait laissé cet ultime roman inachevé laissant au lecteur le soin de décider si l'auteur d'un tel crime méritait le salut.

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