Il y a 80 ans, l'appel du 18 juin : petites et grandes histoires du général de Gaulle à Metz

Publié le par France Bleu par Thomas Jeangeorge, France Bleu Lorraine Nord

Ce jeudi 18 juin, c'est le 80e anniversaire d'un appel radio devenu historique. Le 18 juin 1940, depuis Londres, le général de Gaulle appelait la France à poursuivre le combat. Avant le début de la Seconde Guerre mondiale, ce chef de la France Libre est resté à Metz pendant presque deux ans. Récit.

Le colonel de Gaulle devant un blindé du 507e RCC, dans le quartier Lizé à Montigny. - ECPAD

Le colonel de Gaulle devant un blindé du 507e RCC, dans le quartier Lizé à Montigny. - ECPAD

" La France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre". Il y a 80 ans, le 18 juin 1940, le Général de Gaulle lançait depuis Londres son appel à poursuivre le combat contre l’Allemagne nazie qui venait d'envahir une partie de la France.

Ce discours n'a été entendu sur le moment que par une poignée de Français, mais il a été rapporté dès le lendemain par quelques titres de presse hexagonaux et certaines radios étrangères. 

Ce fut le cas à Metz, malgré l’arrivée, le 17 juin, dans la ville, des soldats de la Wehrmacht. Et les rares Messins qui ont pu écouter cet appel radiophonique, ont forcément reconnu son auteur, car, alors colonel, Charles de Gaulle, a commandé à Metz, entre 1937 et 1939, le 507e régiment de chars de combat.

Surnommé le colonel " motor "

Le 13 juillet 1937, le lieutenant-colonel de Gaulle est affecté au 507e RCC, qui est basé au quartier Lizé à Montigny-les-Metz. Nommé colonel en décembre 1937, il prend le commandement de ce régiment. Pour l'historien messin, Sébastien Wagner, c'est "une date importante dans la carrière militaire" de Charles de Gaulle

A seulement 47 ans, les théories et les stratégies du colonel de Gaulle font grincer des dents au sein de l'armée française. Farouche partisan du char, il milite alors pour la création d'unités blindés autonomes. Ses détracteurs le surnomment alors le colonel " motor ".  Et parmi eux, un certain général Giraud, qui deviendra quelques années plus tard son principal rival au sein de la France Libre.

Les querelles messines de Giraud et de Gaulle

En 1936, le général Henri Giraud est nommé gouverneur militaire de Metz. C'est un fervent défenseur de l'infanterie et il ne partage pas les positions du colonel de Gaulle. Le 14 juillet 1938, à la suite du défilé militaire organisé à Metz, les deux hommes vont se fâcher, le général Giraud n'ayant pas apprécié la façon dont les blindés du 507e RCC avaient défilé. 

C'est aussi à Metz, que le colonel de Gaulle verra, pour la dernière fois, le Maréchal Pétain. En octobre 1938, celui qui a été aussi surnommé le Maréchal de Metz, assiste au mariage de la fille du général Giraud. La cérémonie religieuse se déroule à la cathédrale Saint-Etienne. Charles de Gaulle est présent.  En froid également avec le Maréchal Pétain, le colonel de Gaulle ne le saluera que très brièvement. C'est la dernière fois que les deux militaires vont se croiser, alors qu'en juin 1940, ils seront tous les deux membres du dernier gouvernement de Paul Reynaud

L'appel du 18 juin à Metz

La veille de l'appel du 18 juin, l'armée allemande arrive à Metz. Les jours qui suivent, une rumeur circule dans la capitale mosellane : un général aurait lancé à la BBC un appel à poursuivre le combat. Il y a 10 ans, en juin 2010, France Bleu Lorraine avait pu recueillir le témoignage de Roger Mathern. Il est depuis décédé. En juin 1940, il avait 14 ans et il était apprenti-charcutier. Et il se souvient avoir entendu, avec son père, un appel de ce fameux Charles de Gaulle

Le retour à Metz en février 1945

Le général de Gaulle retourne à Metz, le 11 février 1945. Le même jour, se termine la fameuse conférence de Yalta, où Américains, Britanniques et Russes vont régler le sort de l'Europe après la future défaite de l'Allemagne nazie. Le chef de la France Libre n'y a pas été convié. Loin de la Crimée, Charles de Gaulle décide de se rendre en Alsace-Lorraine pour une tournée symbolique. 

Après Saverne, il se rend donc dans la capitale mosellane, où il va recevoir un accueil plus que chaleureux de la population locale. Au balcon de l'hôtel, le général de Gaulle prononcera aussi un discours qui rappellera un peu celui qu'il avait prononcé à Paris, après sa libération en août 1944. 

En novembre 1945, la municipalité de Montigny-les-Metz va aussi installer une plaque sur la maison, où le colonel de Gaulle a vécu entre 1937 et 1939. Son logement était situé au 1 rue de la Vacquinière. La rue porte aujourd'hui le nom du héros de la France Libre. Et sur cette fameuse plaque, on peut lire : 

    C'est d'ici que le général de Gaulle partit en 1939 pour défendre puis libérer la France !

Le général de Gaulle reviendra après 1945, plusieurs fois à Metz, et notamment lorsqu'il deviendra Président de la République en 1958. Quant au 507e RCC, il a été dissous avant le début de la Seconde Guerre Mondiale et ses chars ont été dispersés sur trois bataillons distincts. 

Tout savoir sur l'Appel du 18 juin. AFP

Tout savoir sur l'Appel du 18 juin. AFP

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