Jeannette Pilou, à l’ombre de Manon et de Mélisande

Publié le par Ôlyrix par José Pons

Jeannette Pilou, à l’ombre de Manon et de Mélisande

Décédée le 27 avril 2020 à l’âge de 83 ans, la soprano Jeannette Pilou reste dans les mémoires des mélomanes notamment pour ses incarnations de rôles français :

Jeannette Pilou s’est faite connaître du public français dans le rôle de Mélisande (du Pelléas et Mélisande de Claude Debussy) lors du Festival d’art Lyrique d’Aix-en-Provence de 1972. Grande interprète du répertoire lyrique français, outre Mélisande qu’elle interprètera de nombreuses fois au cours de sa carrière et encore lors de la création grecque de l’ouvrage à Athènes en 1998, elle révèlera une voix particulièrement brillante au français idéal, dans les rôles de Manon, Marguerite de Faust, Micaela de Carmen.

Née en 1937 à Alexandrie en Egypte (de parents d’origine grecque comme une Divine chanteuse d'opéra née 14 ans plus tôt), Ζανέτ Πηλού (Jeannette Pilou) poursuit ses études de chant en Italie auprès de la soprano de La Scala de Milan, Carla Castellani. Elle débute en 1959 avec Violetta de La Traviata de Verdi au Théâtre Smeraldo de Milan. Très vite, sa carrière prend une dimension internationale tant comme soprano lyrique que plus dramatique : Bruxelles, Amsterdam, Barcelone, Lisbonne, Buenos Aires.

Les débuts triomphaux de Jeannette Pilou au Metropolitan Opéra de New York avec Roméo et Juliette de Gounod en octobre 1967, remplaçant Mirella Freni, avec Franco Corelli comme partenaire s’avèrent décisifs. Elle paraîtra durant une vingtaine d’années sur la scène lyrique new yorkaise : Nanetta du Falstaff de Verdi, Suzanne des Noces de Figaro, Cio-Cio-San, Nedda, Mélisande, Marguerite, Mimi, Elvira de Don Giovanni auprès de Cesare Siepi sous la direction de Josef Krips.

Elle incarne Micaela dans la nouvelle production de Carmen de Bizet, signée Jean-Louis Barrault, présentée le 15 décembre 1967 au Met avec Grace Bumbry et Nicolaï Gedda. A Londres, elle incarne une Butterfly bouleversante en 1971. Rolf Liebermann, qui l’avait déjà invité à l’Opéra de Hambourg lorsqu’il en était Directeur, l’appelle au Palais Garnier à Paris dés son entrée en fonctions pour la deuxième production qu’il présente en avril 1973, Orphée et Eurydice de Gluck. Auprès de Nicolaï Gedda (Orphée) et Christiane Eda-Pierre (L’Amour), Jeannette Pilou interprète Eurydice sous la direction musicale de Manuel Rosenthal et dans la mise en scène du cinéaste René Clair. En novembre de la même année, elle revêt les modestes habits de Mimi pour une nouvelle Bohème de Puccini dirigée en alternance par Aldo Ceccato et Julius Rudel, la mise en scène étant confiée au compositeur Gian Carlo Menotti. En 1974, elle alterne dans le rôle-titre de Manon de Massenet avec Ileana Cotrubas au sein d’une nouvelle production de l’ouvrage signée Jean-Louis Thamin, dirigée par Serge Baudo. A l’Opéra de Monte-Carlo en 1973, elle assure la création mondiale de La Reine Morte (Inès), opéra de Renzo Rossellini, d’après la pièce d’Henry de Montherlant sous la direction musicale de Georges Prêtre. Au sein du répertoire mozartien, la cantatrice interprète Donna Elvira et Zerline de Don Giovanni (Festival de Salzbourg sous la baguette d’Herbert von Karajan), ainsi que Suzanne dans Les Noces. Dés 1969, elle parait à Athènes dans son grand répertoire dont Liu de Turandot ou Desdémone de l’Otello de Verdi. La discographie officielle de Jeannette Pilou reste hélas relativement modeste, en dehors de sa Micaela dans la Carmen gravée en 1974 par Alain Lombard avec Régine Crespin et José van Dam. 

Les archives d'internet permettent heureusement de la retrouver en Manon auprès Giacomo Aragall (Vienne, 1971) ou Alfredo Kraus (Dallas, 1977), ainsi qu’en Mélisande : Rome 1969 direction Lorin Maazel ou au Met sous la baguette de James Levine en 1983.

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