La célèbre soprano toulousaine Mady Mesplé s'est éteinte à l'âge de 89 ans

Publié le par La Dépêche par Christophe Rauzy

La célèbre cantatrice est morte samedi à Toulouse, ville où elle est née et où a débuté son rayonnement. 

Mady Mesplé, photographiée ici en avril 2015 à Toulouse. /DDM - Thierry Bordas

Mady Mesplé, photographiée ici en avril 2015 à Toulouse. /DDM - Thierry Bordas

La soprano Mady Mesplé s'est éteinte samedi 30 mai à Toulouse, ville où elle est née 89 ans plus tôt. Elle était devenue l'une des rares cantatrices françaises à mener une carrière réellement internationale: voix de soprano colorature au timbre et à la tessiture rare entre tous, Magdeleine Mesplé, de son vrai nom, a parcouru le monde en revêtant les robes de Rosine du Barbier de Séville, de Lakmé, d'Olympia, la poupée des Contes d'Hoffmann, de Lucia de Lammermoor. Fine musicienne, comédienne d'une rare intelligence, Mady Mesplé ne s'est pas contentée d'être une reine du contre-fa: elle a vite eu envie de défendre un répertoire largement ouvert sur la musique contemporaine. Un autre Toulousain devenu célèbre, le compositeur Charles Chaynes, lui dédiera ainsi ses Quatre poèmes de Sappho . Et Pierre Boulez l'invitera à venir chanter à Londres L'Echelle de Jacob de Schoenberg.

C'est à Toulouse, sa ville natale, que Mady Mesplé a effectué ses études musicales au Conservatoire. Elle débute à l'Opéra de Liège dans Lakmé de Léo Delibes. Sa carrière connaît un tournant en 1960: elle triomphe cette année là à l'Opéra Garnier de Paris avec le rôle-titre de Lucia di Lammermoor de Donizetti. Les grandes maisons d'opéras des capitales lui ouvrent leurs portes. Du Bolchoï de Moscou au Metropolitan Opéra de New-York, tout le monde veut entendre cette voix exceptionnelle. Grande styliste, Mady abandonnera l'opéra à la fin des années 70 pour se consacrer à la mélodie et à l'enseignement. Son abondante discographie témoigne de toutes les facettes de son art.

Sa disparition a suscité de nombreuses réactions. "C'est une des grandes figures de la vie lyrique française de l'après-guerre. Elle avait une voix très cristalline avec des aigus et des sur aigus... c'était phénoménal", se souvient le directeur artistique du Théâtre du Capitole, Christophe Ghristi. "Elle pouvait tout interpréter, avec justesse et sensibilité et aura contribué à faire rayonner notre culture sur les scènes du monde entier", a renchéri sur Twitter le ministre de la Culture Franck Riester. "Une grande dame vient de nous quitter."

Atteinte dela maladie de Parkinson depuis 1996, elle était devenue marraine de l’association France Parkinson. L’artiste lyrique était également devenue l’ambassadrice d’Aquarelle, entreprise d’aide à la personne pour les seniors.

Elle est morte chez elle, entourée de sa famille, dans son appartement du centre de Toulouse, à 200 mètres du Capitole.

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