La maison natale de Hitler va devenir un commissariat de police

Publié le par Capital par Lorraine Fournier

Le gouvernement autrichien réfléchit depuis des décennies à la transformation de la maison où est né Adolf Hitler, pour ne pas la transformer en lieu de pèlerinage néo-nazi.

by Andrea Pucci

by Andrea Pucci

La bâtisse de Braunau am Inn, à la frontière austro-allemande, va devenir un poste de police et les premières maquettes du projet viennent d’être présentées à la presse. Adolf Hitler y est né le 20 avril 1889. Alors qu’une destruction a été envisagée, la question a été écartée ensuite. En 1972, l’État a décidé de louer la maison. Puis, la propriétaire a été expropriée en août 2019 et à la fin de l’année, il a été annoncé que la demeure allait finalement accueillir des policiers autrichiens. Un concours européen d’architectes a été lancé et le lauréat vient d’être dévoilé au public, le 2 juin.

Le cabinet d’architectes qui a remporté la mise est Marte, selon le quotidien Kurier, qui constate que "la maison va perdre sa façade jaune caractéristique". Le dossier est épineux : le but est de neutraliser les lieux. "La plaque commémorative, qui avait été apposée en 1989 sur le trottoir devant la maison pour mettre en garde contre la guerre et le fascisme, va être enlevée", indique le gouvernement autrichien. Les travaux devraient être terminés en 2023 : la demeure sera agrandie et la toiture, changée.

Une décision jugée intelligente

Mais la transformation des lieux en commissariat de police n’est pas bien accueillie par tout le monde. "Cela semble bizarre de prime abord", écrit Der Standard. "Mais quand on pense à ce qui se passe à Predappio, dans la région italienne d’Émilie-Romagne, où tous les ans, le 29 juillet, des néofascistes vêtus de noir se rassemblent pour l’anniversaire de Benito Mussolini, la décision du ministère de l’Intérieur paraît plutôt intelligente", rapporte un journaliste du quotidien viennois.

Opacité du concours d’architectes

En revanche, le journal critique le gouvernement concernant sa communication sur le projet. Le concours d’architectes lancé a été opaque, et les architectes auraient signé une clause de confidentialité. La conférence de presse du 2 juin a été organisée à la dernière minute. De plus, les maquettes du projet n’ont été exposées que quatre jours. Enfin, le journal n’a pas eu accès au procès-verbal de la décision du jury. "Pour ce qui concerne l’héritage nazi de l’Autriche, une seule chose est autorisée : une transparence et une honnêteté maximales", rapporte Der Standard.

Publié dans Articles de Presse

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