Laval Josée

Publié le par Mémoires de Guerre

Josée Laval, née Josette Pierrette Laval le 2 avril 1911 à Paris et morte le 9 janvier 1992 dans cette même ville, est une figure du régime de Vichy. Elle est la fille de Pierre Laval et l'épouse de René de Chambrun. 

Laval Josée
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Famille

Josée Laval est la fille unique de Pierre Laval (1883-1945) et Jeanne Claussat (1888-1959), fille du maire radical-socialiste de Châteldon et sœur du député Joseph Claussat (1874-1925). Durant son enfance, elle développe une grande admiration envers son père. 

Mariage et Seconde Guerre mondiale

Le 19 août 1935, Josée Laval épouse le comte René de Chambrun en la basilique Sainte-Clotilde de Paris. Parmi les témoins, se trouvent le général Pershing et Alice Roosevelt Longworth. Le couple se lie d'amitié avec de nombreuses personnalités. Parmi elles, Louise de Vilmorin, Marie-Laure de Noailles, Florence Gould, André Fraigneau, Coco Chanel, Stanislas et Armand de La Rochefoucauld ou Henri Sauguet. Durant la guerre, Josée Laval profite de la place importante tenue par son père pour mener une existence mondaine et dépensière. Elle partage alors sa vie entre Paris et le château familial de Châteldon.

Amie de Paul Morand, elle se fait surnommer « Chérie-chérie » par ce dernier. Elle entretient également un salon fréquenté par de nombreuses figures de la Collaboration tels que Xavier Vallat, René Bousquet, Fernand de Brinon et Otto Abetz. À la Libération, elle se cache dans les environs de Paris avec son mari. Par la suite, elle tente vainement d'innocenter Pierre Laval dont elle souhaite une libération rapide; elle ne peut cependant empêcher son exécution le 15 octobre 1945 à la prison de Fresnes. Marquée par cette épreuve, elle préfère oublier la guerre. 

Tableaux volés à des collectionneurs juifs entre 1939 et 1945

Dans les années 1950, les héritiers d'Adolphe Schloss découvrent chez les Chambrun un des 333 tableaux de maîtres des écoles du Nord ayant fait partie de la collection paternelle, cachée par eux en 1939 au château de Chambon (19), où le 10 avril 1943 elle fut confisquée par quatre membres de la Gestapo française de la rue Lauriston accompagnés du lieutenant de police allemand Hess, puis, en dépit d'une intervention du gouvernement de Vichy en vue d'une vente, finalement livrée aux Allemands le 10 août 1943 par décision d'Abel Bonnard. Le 11 juin 1974 à l'Hôtel des Ventes de Versailles, un tableau signé Braque, Le guéridon au paquet de tabac (1930), mis en vente par Josée de Chambrun, est saisi en sa présence par Paul Rosenberg, venu exprès de New-York, dont de nombreux tableaux avaient été pareillement confisqués à Floirac en septembre 1940. Si l'origine de propriété de ces deux œuvres de valeur par les Chambrun n'est pas connue, elle n'est peut-être pas sans rapport avec les relations entre Pierre Laval et Otto Abetz, qui organisa dès juillet 1940 des spoliations des collectionneurs juifs ou des administrations françaises. 

Dernières années

En 1955, Josée entreprend avec son époux la rénovation du château de La Grange-Bléneau, dernière résidence du marquis de La Fayette. Au cours des travaux, les nombreuses archives mises au jour entraînent la création de la Fondation Josée-et-René-de-Chambrun, reconnue d'utilité publique le 19 octobre 1959. Outre la conservation du château de La Grange-Bléneau et du château de Châteldon, la fondation milite pour la réhabilitation de Pierre Laval. En 2017, la fondation prête des œuvres et des souvenirs de La Fayette à l'exposition La Fayette La traversée d'une vie au musée Hèbre de Rochefort-sur-Mer (17). Josée Laval, comtesse de Chambrun, meurt en janvier 1992, à l'âge de 80 ans. Elle est inhumée au cimetière du Montparnasse à Paris. 

Un documentaire de télévision intitulé Les Carnets de Josée Laval lui est consacré en 2018 ; il décrit notamment sa vie sous l'Occupation. La critique du journal Le Monde écrit à ce propos : « À chaque lecture [d'un extrait de ses Carnets], un immense sentiment de honte nous envahit tant le déni des horreurs nazies agite ce passé qui ne passe pas ». Alexandre Jardin (né en 1965), qui la connut enfant, l'évoque également dans Des gens très bien (2011), où apparaît aussi Paul Morand

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Bibliographie

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