Violette Nozière. Autrice d’un parricide devenue figure d’une société

Publié le par Ministère de la Justice par Fostine Carracillo IFP / Master 2

Décrite comme cupide et dépravée par l’opinion publique, Violette Nozière va devenir à 18 ans, le symbole d’une des plus grandes affaires du XXème siècle. Une histoire largement médiatisée. Retour sur le parricide de cette jeune femme, qui a défrayé la chronique et divisé les opinions.

Violette Nozière. Autrice d’un parricide devenue figure d’une société

Violette Nozière incarne ces femmes des années 30, en quête d’ascension sociale et qui s’établissent au cœur de lieux devenus mythiques à Paris. Oisive, elle déambule dans le Quartier Latin,   et flâne le long des grands boulevards parisiens. Sa légèreté, reprise dans la presse au moment des faits participent à la création d’une personnalité peu flatteuse de la jeune fille. Dans la nuit du 21 au 22 août 1933 elle commet l'irréparable. Son crime ? Elle fait avaler à ses parents un barbiturique et quitte le domicile familial.

La critique de la dépravation au cœur de l’opinion publique

L’histoire de cette jeune femme passionne la presse. Violette Nozière déroge aux normes de la sexualité des femmes de l’époque. Elle a des amants et  se prostitue selon plusieurs témoignages.

La nuit qui suit le crime, elle sne change rien à ses habitudes termine sa perambulation dans une chambre d’hôtel. Le lendemain, elle fait du shopping et  se rend au bal. Ce n’est que le soir du 22 août qu’elle décide de retourner auprès de ses victimes. Elle trouve alors son père gisant dans son sang et sa mère inconsciente. Avant de donner l’alerte, elle allume  le gaz afin de faire croire à un suicide par asphyxie.

Germaine Nozière, la mère de Violette, en réchappe. Sa fille est conduite à l’hôpital pour une confrontation. Cependant, Violette parvient à s’enfuir et admet ainsi sa culpabilité. Elle avoue finalement son crime et y ajoute un mobile : l’inceste de son père.. Les grands titres de presse se déchaînent, et dépeignent une femme fatale et transgressive.

Une affaire qui divise la société 

La presse est contre elle. Son soutien, Violette Nozière le trouve du côté des surréalistes qui vont s’imposer comme ses fervents défenseurs. En Décembre 1933, Paul Eluard publie un recueil de poèmes et Man Ray de photographies qui portent les prénom et nom de la jeune femme. Eux, dénoncent les viols que son père lui a fait subir.

Son procès débute le 10 octobre 1934 devant la Cour d’Assises de la Seine.  La femme fatale ou" l'empoissonneuse" ,comme la surnomment certains titres de presse, n'est pas à la hauteur de sa réputation.  C'est même une grande déception pour le public.   La jeune femme ne colle pas du tout à l’image que la presse a générée et à laquelle le public a adhéré. La confrontation avec sa mère, partie civile, est également très attendue.  On joue des coudes pour se rendre dans la salle d’audience, déjà bondée.

Condamnée puis réhabilitée

Le 12 octobre 1934, Violette Nozière est condamnée à la peine de mort. Une peine présentée comme symbolique par la presse puisqu’à cette période, les femmes ne sont plus guillotinées. Le mobile de l’inceste donné par la jeune fille n’a pas été pris en compte

En 1942, le maréchal Pétain réduit sa peine  à 12 ans de travaux forcés à compter de la date de son incarcération en 1933.

Libérée en 1945, la cour d’appel de Rouen réhabilitera la jeune femme le 13 mars 1963. Une mesure extrêmement rare dans l'histoire judiciaire française qui efface la condamnation et fait cesser  les incapacités et les déchéances qui en résultaient. 

Publié dans Articles de Presse

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