Décès à 101 ans de Roger Borniche : Alain Delon salue «une vie incroyable»

Publié le par Le Parisien avec AFP

Plusieurs des livres de l’ancien policier ont été adaptés au cinéma, comme « Flic story », « René la Canne » ou encore « L’indic ».

 Roger Borniche, ici en 1975. AFP

Roger Borniche, ici en 1975. AFP

La police à papa. Roger Borniche, grand flic de l'après-guerre reconverti dans l'écriture de polars, dont certains ont inspiré le cinéma, est décédé mardi à l'âge de 101 ans, a-t-on appris auprès de sa femme Michèle.

Il s'était illustré dans les années 1950 en traquant des figures du banditisme comme Pierrot le fou, Jo Attia, Émile Buisson ou René la Canne. Après avoir vécu de longues années en Californie, le couple était établi depuis cinq ans à Cannes (Alpes-Maritimes), dans le quartier de la Californie.

« On était très proches, des amis de 50 ans. Ça m'a fait beaucoup de peine d'apprendre sa mort ce matin. Je ne m'attendais pas à ça même si on ne dépasse pas beaucoup cent ans, bien évidemment… C'était un copain, un pote… », a réagi Alain Delon, joint mercredi au téléphone par l'AFP.

« Roger Borniche a eu une vie incroyable. Il a fait une très belle carrière. Ce n'était pas n'importe qui. C'était un grand monsieur, un grand flic, un super flic, au-dessus de tous les flics. C'était Borniche, quoi ! Il a mené la vie qu'il a voulue, en passant à l'écriture et au cinéma », a ajouté l'acteur.

Delon « fou de bonheur » d'incarner Borniche

« C'est grâce à Borniche que j'ai fait "Flic Story" (film de Jacques Deray, en 1975 NDLR). Il voulait absolument que je joue son propre rôle. C'est lui qui m'a choisi. On est devenu amis. Jean-Louis Trintignant jouait le rôle du truand Émile Buisson. Roger Borniche était très heureux que le film existe », se souvient Alain Delon.

« Moi, j'étais fou de bonheur d'interpréter Borniche à sa demande. Il a assisté au tournage. C'était son histoire, sa vie… J'étais sous son œil. Il me donnait des indications, notamment dans les face-à-face avec Émile Buisson », ajoute l'acteur.

« Borniche était un flic exemplaire. À son époque, il ne se passait pas ce qu'il se passe aujourd'hui. C'était un flic reconnu et admiré, à l'ancienne. Aujourd'hui, il défilerait avec les flics pour les soutenir ! », estime encore Alain Delon.

Une vie de roman

Roger Borniche assurait avoir arrêté 567 truands au cours de sa carrière. Il s'était ensuite reconverti dans l'écriture de romans policiers qui ont inspiré plusieurs films : « Flic story », « René la Canne » (de Francis Girod, avec Gérard Depardieu en 1977) ou encore « L'indic » (1993 de Serge Leroy avec Daniel Auteuil).

Ses livres ont été traduits dans une vingtaine de langues. Deux d'entre eux racontent sa propre vie : « Borniche story » et « L'indic ». Roger Borniche était né à Vineuil-Saint-Firmin, dans l'Oise, le 7 juin 1919. Son père, rescapé de Verdun, est peintre en bâtiment. Titi parisien, Roger est d'abord comique troupier en 1937 puis chansonnier au Caveau de la République.

Entrant dans la police pour échapper au Service du travail obligatoire (STO), il en démissionne pour ne pas servir Vichy et est réintégré en 1944. Il devient inspecteur de la Sûreté nationale. Il quittera la police en 1956 et deviendra détective privé avant de se lancer dans les romans policiers.

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