L’acteur Earl Cameron, vu dans James Bond et «L’Interprète», meurt à 102 ans

Publié le par Le Parisien par P.R.

Natif des Bermudes, il avait été une des premières figures noires du cinéma britannique.

Earl Cameron est décédé à l’âge de 102 ans au Royaume-Uni. Wikimedia Commons/University of Warwick

Earl Cameron est décédé à l’âge de 102 ans au Royaume-Uni. Wikimedia Commons/University of Warwick

Il était un des premiers acteurs noirs majeurs du cinéma britannique. Earl Cameron, notamment connu pour ses rôles au cinéma dans les années 50, est décédé vendredi à l'âge de 102, a annoncé sa famille au Guardian.

L'acteur, né dans les Bermudes en 1917, est devenu célèbre outre-Manche grâce au thriller « Les Trafiquants du Dunbar » (en anglais, « Pool of London », sorti en 1951), où il jouait le rôle de Johnny Lambert, un marin jamaïquain et contrebandier qui se retrouve empêtré dans une affaire de vol de diamants. Dans le film, Johnny entretient une relation amoureuse avec une femme blanche. Une image alors inédite dans le cinéma britannique.

« Notre famille est bouleversée de voir toutes ces effusions d'amour et de respect à l'annonce du décès de notre père… En tant qu'artiste, et acteur, il refusait d'endosser des rôles réducteurs ou stéréotypés pour les personnes de couleur. Il était un homme inspirant, qui savait garder des principes moraux », ont salué les enfants de l'acteur dans un communiqué cité par le Guardian.

Après « Les Trafiquants du Dunbar », Earl Cameron enchaîne les rôles, comme dans « Simba », « Safari », « Sapphire » ou encore « Opération Tonnerre », un des volets de James Bond avec Sean Connery. Des rôles parfois difficiles à obtenir dans un milieu artistique encore peu ouvert à la diversité, selon lui : « A moins qu'on ne précise que le rôle était destiné à un acteur noir, les directeurs de casting n'envisageaient jamais un acteur noir pour un rôle. Et ils ne voulaient jamais changer un rôle blanc pour un rôle noir », avait-il confié au Guardian en 2017.

« On avait du mal à obtenir des rôles »

« Je décrochais souvent des petits rôles, et c'était extrêmement frustrant, non seulement pour moi mais aussi pour les autres acteurs noirs. On avait beaucoup de mal à obtenir des rôles importants », estimait-il.

Après une traversée du désert à la fin des années 70, Earl Cameron, qui avait déménagé dans les îles Salomon, au large de la Papouasie-Nouvelle Guinée, a fait son retour sur le grand écran en 2005, dans le film « L'Interprète », de Sydney Pollack. Il a ensuite fait de petites apparitions dans les films « The Queen » et « Inception ».

Earl Cameron était également connu pour être apparu dans un épisode majeur de la célèbre série télévisée britannique « Doctor Who », en 1966, où il interprétait un astronaute dont le vaisseau est menacé par des Cybermen, méchants historiques de la série, aperçus pour la première fois dans le même épisode.

Sa disparition a suscité de nombreux messages d'émotion, notamment de la part d'artistes noirs qui saluent le travail d'un pionnier. « Monsieur Cameron nous a laissé beaucoup de beauté », a tweeté la réalisatrice américaine Ava DuVernay. L'acteur britannique David Harewood, connu pour son rôle dans « Homeland », a quant à lui salué la mémoire d'une « légende ».

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article