L'avocate et figure du féminisme Gisèle Halimi est morte à 93 ans

Publié le par France Bleu par Alexandre Frémont, France Bleu, France Bleu, France Bleu Isère

L'avocate et figure féministe Gisèle Halimi est morte annonce sa famille ce mardi à l'AFP. Elle avait 93 ans. 

Gisèle Halimi avait 93 ans. Maxppp - Thomas PADILLA

Gisèle Halimi avait 93 ans. Maxppp - Thomas PADILLA

L'avocate et figure féministe Gisèle Halimi, qui a consacré sa vie à la cause des femmes et au droit à l'avortement, est décédée ce mardi, au lendemain de son 93e anniversaire, a annoncé sa famille. "Elle s'est éteinte dans la sérénité, à Paris", a déclaré à l'AFP l'un de ses trois fils, Emmanuel Faux, estimant que sa mère avait eu "une belle vie".

Née le 27 juillet 1927 à La Goulette en Tunisie et issue d'une famille modeste, Gisèle Halimi avait intégré le barreau en 1949 après de brillantes études. Fondatrice en 1971 avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir de l'association pour le droit à l'avortement "Choisir la cause des femmes", elle fût l'une des signataires du célèbre manifeste des 343 femmes disant publiquement avoir avorté. En 1978, lors d'un autre procès emblématique, à Aix-en-Provence, elle avait représenté un couple de femmes violées par trois hommes, contribuant à l'adoption d'une nouvelle loi reconnaissant le viol comme un crime. Gisèle Halimi a également été députée de l'Isère entre 1981 et 1984.

Féministe et "républicaine passionnée"

"Pour Gisèle Halimi, le féminisme était un humanisme. La France perd une républicaine passionnée qui, comme avocate, militante et élue, fut une grande combattante de l'émancipation des femmes", a salué sur Twitter le président Emmanuel Macron.

La ministre de la Culture Roselyne Bachelot a, elle, évoqué une "avocate infatigable des droits de femmes, magnifique écrivaine, militante déterminée", tandis que sa collègue déléguée à l'Egalité femmes-hommes Elisabeth Moreno a distingué une "rebelle infatigable (qui) s'est battue toute sa vie pour améliorer le sort des femmes". "Une immense voix s'est éteinte", a également réagi la maire de Paris Anne Hidalgo.

"C'était une très grande avocate, elle avait mis son talent au service des femmes. Notamment au début des 1970, pour le fameux procès Bobigny (1972), un procès avec un fort écho médiatique au sujet de l'avortement. Mais aussi lors d'un procès de viol à Aix-en-Provence (1978). À chaque fois elle utilisait son talent pour faire avancer le droit pour toutes. Elle est un immense exemple pour la Fondation des femmes, nous sommes particulièrement attristés", a commenté Anne-Cécile Mailfert, présidente de l'association féministe sur franceinfo. "Grâce à ce procès de Bobigny, elle a permis une prise de conscience de la population. Le procès s'intéressait à l'histoire de Marie-Claire, 16 ans, qui avait avorté après avoir été violée. Gisèle Halimi, grâce à la médiatisation du procès, a réussi à expliquer aux gens ce qu'était l'avortement. Elle a su déclencher quelque chose, et faire basculer l'opinion. Les politiques avaient aussi besoin de ça pour faire passer le texte, que Simone Veil a ensuite réussi à faire passer à l'Assemblée nationale pour dépénaliser l'avortement.

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