Les habitants de La Selle-sur-le-Bied réagissent au décès de Jacqueline Sauvage : "après ces années de souffrance, elle méritait une belle vie"

Publié le par La République du Centre par Pascale Auditeau

Depuis 2012, les habitants de La Selle-sur-le-Bied, dans le Loiret, ont vécu malgré eux au rythme de l'affaire Jacqueline Sauvage. Ce mercredi 29 juillet, des habitants se disaient tristes et surpris par sa disparition. 

A La Selle-sur-le-Bied, Jacqueline Sauvage était une habitante "comme les autres". Pascale Auditeau

A La Selle-sur-le-Bied, Jacqueline Sauvage était une habitante "comme les autres". Pascale Auditeau

Depuis 2012, ils en ont vu défiler, des journalistes dans leur village, les habitants de La Selle-sur-le-Bied, commune d'un peu plus de 1.000 âmes à une vingtaine de kilomètres de Montargis, dans le Loiret. 

Certains ne cachaient pas leur agacement, parfois, quand des questions sur Jacqueline Sauvage étaient posées. Encore. Comme si le nom du village n'était plus lié qu'au drame survenu le 10 septembre 2012. 

D'autres, à demi-mot et avec beaucoup de retenue, osaient évoquer les violences conjugales dont avait été victime celle qui est décédée le 23 juillet, à son domicile, à l'âge de 72 ans. Et son retour à La Selle, à sa sortie de prison, après la grâce totale accordée par le président de la République d'alors, François Hollande, en décembre 2016. Une habitante discrète et courtoise, qui avait conservé ses habitudes, selon les Sellois.

"Partie trop tôt", pour certains

Ce mercredi 29 juillet, sous un soleil de plomb, dans les rues du centre-bourg, ce n’était pas l’affluence. Loin de là. Les  rares habitants rencontrés ne cachaient pas leur tristesse. "Je suis un peu choqué et surpris : madame Sauvage, je l’ai encore croisée il y a une quinzaine de jours à la boulangerie et elle semblait aller bien. Je la croisais tout le temps avec son chien", confiait un habitant de cette commune d’un peu plus de 1.000 habitants.

C’est triste. Elle n’a pas eu beaucoup de chance dans sa vie, madame Sauvage. Elle aurait pu avoir quelques années de plus, pour profiter enfin un peu de la vie.

"Partie trop tôt", c’est aussi l’avis de ce retraité sellois, pour qui l'existence de Jacqueline Sauvage a été particulièrement douloureuse : "Après toutes ces années de souffrance, elle méritait une belle vie. C’est une femme qui était bien vue à La Selle. Son mari jouait au “totor”, mais c’était elle qui gérait tout. Et ses enfants, ils étaient tous travailleurs. Oui, c’était une famille respectée, dans le coin."

Sur l’affaire, comme toujours, beaucoup de pudeur chez les Sellois : "Sa grâce par le président ? Mais attendez, c’était obligatoire ! François Hollande, il n’a pas fait grand-chose de bien, mais pour ça, je le félicite. Madame Sauvage, elle méritait mieux que ce qu’elle a vécu et elle aurait eu 10 années de plus à vivre, ça aurait été bien".

La nouvelle s'est répandue aux alentours

Dans l’après-midi, ce mercredi 29 juillet, la nouvelle du décès s’était répandue dans les villages alentour. "C’est une information qui nous a surpris. Jacqueline Sauvage était bien intégrée dans la région. Une femme qui vivait simplement", commentait une habitante de Griselles, le village voisin.

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