Les peintres choqués par la Seconde Guerre mondiale s’exposent au Mémorial de Caen

Publié le par Le Parisien par Bertrand Fizel

Le Mémorial de Caen expose 75 toiles des plus grands peintres du XXe siècle, consacrées à l’immédiat après-guerre.

75 œuvres majeures du XXe siècle sont réunies au Mémorial de Caen jusqu’au 31 janvier 2021. Elles proviennent de la Fondation suisse Gandur pour l’art et racontent la ré-invention de la peinture à partir de 1945 après les atrocités de la guerre. Radio France/Maxppp/Nolwen Le Jeune

75 œuvres majeures du XXe siècle sont réunies au Mémorial de Caen jusqu’au 31 janvier 2021. Elles proviennent de la Fondation suisse Gandur pour l’art et racontent la ré-invention de la peinture à partir de 1945 après les atrocités de la guerre. Radio France/Maxppp/Nolwen Le Jeune

C'est un symbole particulièrement fort. Alors que les commémorations liées à la Seconde Guerre mondiale ont été annulées ou réduites à leur plus simple expression cette année, pour cause de Covid-19, le Mémorial de Caen (Calvados), l'un des sites majeurs consacrés à la mémoire de cette période, a rouvert ses portes avec une exposition exceptionnelle consacrée à « La Libération de la peinture de 1945 à 1962 ».

On y découvre 75 toiles remarquables, toutes issues du Fonds Gandur, du nom de ce milliardaire suisse, considéré comme l'un des très grands collectionneurs d'art contemporain.

Le spectateur peut ici appréhender la manière dont des artistes aussi majeurs que Soulages, Dubuffet ou encore de Staël ont réinventé leur art après cette période terrible. « La peinture a été bouleversée par la Seconde Guerre mondiale. Certains de ces artistes ont été résistants ou déportés… Dans tous les cas, leur expression a été profondément transformée. Sarah, par exemple, l'une des toiles majeures de Jean Fautrier, a été réalisée alors que l'artiste était réfugié dans un hôpital d'Ile-de-France. En peignant, il entendait les exécutions perpétrées derrière cet hôpital par l'occupant nazi. Il est évident que le choc ne permettrait plus à personne de peindre comme on l'avait fait avant la guerre », explique Yan Schubert, l'un des commissaires de l'exposition. C'est d'autant plus saisissant ici, dans ce lieu « pédagogique » où l'on ne s'attend pas forcément à l'expression artistique, picturale, étrangement assez inédite, de ce choc que fut la guerre.

Exposition « La Libération de la Peinture, 1945-1962 », au Mémorial de Caen, du 14 juillet au 31 janvier 2020, de 10 heures à 17 heures.

Publié dans Articles de Presse

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