Mort de John Lewis, la "conscience" du Congrès américain et des droits civiques

Publié le par Le Huffpost par Geoffroy Clavel

Le décès de John Lewis à l'âge de 80 ans, ancien compagnon de route de Martin Luther King, intervient alors que la question raciale secoue encore fortement les Etats-Unis.

ASSOCIATED PRESS John Lewis headshot, as US Representative of Georgia, graphic element on gray

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ÉTATS-UNIS - “Aujourd’hui, l’Amérique déplore la disparition de l’un des plus grands héros de l’histoire américaine”. L’émotion exprimée par la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, en dit long sur la perte occasionnée par la mort d’une des dernières grandes figures du combat pour les droits civiques des noirs américains des années 60.

La conscience du Congrès”, John Lewis, emblématique militant de la non-violence et des droits civiques aux États-Unis, ancien compagnon de route de Martin Luther King, est mort à l’âge de 80 ans, a annoncé vendredi la Chambre des représentants dont il faisait partie.

Le décès de ce parlementaire de Géorgie éloquent, qui souffrait d’un cancer du pancréas et qui avait failli succomber plus jeune sous les coups de la police, intervient en pleine ébullition du débat racial aux États-Unis, où la mort de George Floyd a réveillé les accusations contre les violences policières racistes.

Peu d’entre nous avons la chance de voir de notre vivant notre postérité s’exprimer d’une manière aussi remarquable et signifiante. Ce fut le cas de John Lewis”, a réagi l’ancien président américain Barack Obama dans un long hommage à celui qui “a inspiré des générations qui ont tenté de de se montrer à la hauteur de son exemple”. 

Un des plus jeunes Freedom Riders

Fils de métayers, cet Afro-Américain était à 21 ans un des plus jeunes Freedom Riders (voyageurs de la liberté) qui ont combattu la ségrégation dans le système de transport américain au début des années 1960. Il est devenu l’une des voix les plus respectées du pays pour la justice et l’égalité.

Il avait failli plusieurs fois succomber sous les coups de la police, notamment en 1965 sur le pont Edmund Pettus, à Selma, en Alabama, où il menait une marche pacifiste de plusieurs centaines de militants contre la discrimination raciale. En 2015, pour célébrer le cinquantenaire de ce “Dimanche sanglant”, il avait repassé le pont aux côtés du président Barack Obama.

Les hommages sont également venus du camp républicain, avec notamment Mitch McConnell, président du Sénat, qui a loué ce “pionnier des droits civiques qui n’a pas hésité à mettre sa vie en jeu pour combattre le racisme, promouvoir l’égalité des droits et placer notre nation en accord avec ses principes fondateurs”. 

Malgré un cancer, il avait fait son retour à Washington en juin en pleine tourmente née de la mort de George Floyd aux mains de la police à Minneapolis, pour participer à la mobilisation du mouvement Black Lives Matter contre les discriminations raciales.

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